12 juillet 2008

La mécanique des fluides

Beaucoup de choses à dire. Hélas, peu de temps pour écrire. Je suppose que tel est le lot des gens actifs qui ne passent pas leur journée à cliquer sur la toile. Moi je passe déjà mes journées devant un écran d'ordinateur, alors le soir, je me suis obligée à des priorités : retrouver du temps pour moi, pour lire, pour me reposer, pour faire aussi autre chose que de donner du temps à ceux qui se fichent pas mal de moi, qui n'imaginent même pas que j'existe peut-être derrière mon écran. Mais ce soir, je déroge à ma règle et je me coucherai peut-être plus tard que prévu. Tant pis, je suis en vacances. Mais avant de partir, je tiens à noter ici quelques bribes qui me trottent dans la tête depuis longtemps et que j'ai rapidement, maladroitement, ébauché sur mes genoux dans mon train quotidien.

Il est bon de parfois se retourner en direction des chemins abandonnés, d'y vérifier si l'émotion d'alors est toujours intacte. La mécanique des fluides. Ce titre n'est pas innocent. Je l'ai choisi parce que ce fut l'origine de ma vocation. En 2ème, ma prof principale avait demandé à la classe ce que nous voulions faire comme métier. A mon tour, je répondis "chercheur". Chercheur ? Chercheur en quoi ? se moqua t'elle. J'aurai voulu disparaître, j'avais honte et en même temps j'étais révoltée par sa désinvolture. De ce jour, elle me prit en grippe, et moi je tentais de m'immuniser contre son rejet. Je n'aime pas ne pas être aimée. Je précisais tout de même une chose importante : chercheur en astrophysique, chercheur d'étoiles, de planètes. Je me voyais très bien traquer le petit point invisible, la boule de gaz inutile mais tellement existante. Après tout, la méta physique, c'est un peu comme la philosophie : pour les deux il est question d'ondes et de surfaces. Admirable, formidable reflet des choses qui n'existent que dans l'effet qu'elles produisent ou semblent produire. Très vite, je me suis spécialisée dans ma tête : j'allais être un inventeur de machines médicales, genre scanner, IRM et autres technologies qui pourraient être capables un jour de révéler, et peut-être de soigner, les dysfonctionnements du corps humain, une sacrée machine là aussi, parfois inquiétante n'est-ce pas ? Au final, j'ai bifurqué vers l'informatique, ses codes, ses procédures et processus, sa logique, un monde de l'invisible qui pourtant se laisse entrevoir par les effets qu'il produit, lui aussi.

Il n'y a pas de place au hasard. Avec le recul, tout chemin emprunté m'a conduit à cet instant. Un instant qui sans être identique à ce que j'aurais pu désirer, n'est pas moins émouvant et me permet même d'aller folâtrer dans des territoires inconnus ou je rêve de trouver ma bonne étoile, ou tout effet qui me permettrait de croire qu'elle est encore là. L'écriture, souvent, m'offre ma carte aux trésors. Je découpe les voiles de mes voyages intérieurs. Embarquée dans la vague, je me laisse dériver, je n'aspire à rien d'autre.

A bientôt !