09 janvier 2009

Café viennois

Un matin, envie d'un café viennois de Paris. Bien chaud. J'ai froid, je suis arrivée en avance, j'ai devant moi une vingtaine de minutes et quelques pas de distance me sépare du café. Je sais, oui, je suis sûre que cela fait des années que je n'ai pas bu un café viennois. Ambiance. J'entre et m'approche du comptoir pour demander s'il est possible de me préparer un café viennois. La serveuse me répond qu'elle va voir s'il y a de la Chantilly. Je cherche où je vais m'asseoir, j'ai l'embarras du choix mais je me fais l'effet d'un papillon dans un champ de fleurs, laquelle choisir ? La serveuse me propose de m'asseoir au fond et au chaud, me voilà sur la banquette de tégument. J'attends. Mon regard s'approprie la salle, la télé est allumée sur la première chaîne (TF1). Les marins du Vendée globe affrontent les aléas de la mer de douleur, l'Europe s'inquiète de la hausse de la consommation d'énergie qui flambe, les bombes embrasent les Humanités perdues. Eau, air, feu. Il manque un élément. Solide. Un fantôme déjà se tortille en mon coeur. Mon café arrive. La mousse blanche posée au milieu de l'eau sombre. Je touille ma cuillère dans ma tasse. Trouble. Deux clients au comptoir boivent leur bière. 9 heures du matin.  Il est temps de payer. Je vais plonger dans le ventre de la ville assourdie et replète de neige nappant le trottoir sombre d'un manteau blanc glissant.