19 avril 2009

Miroir, mon miroir

Mon fils est mon miroir, nous nous sourions et j'en profite pour lui demander si je suis belle. Il réfléchit et me répond :

- Oui, mais j'aime mieux quand tu as des roses.
- Des roses où cela ? Dans les cheveux ?
- Non, sur ta robe.
- Quelle robe ? Je n'ai pas de robe à fleurs, tu sais je n'ai plus l'âge de mettre des robes avec des roses.
- C'est quoi l'âge ?
- C'est d'avoir vécu longtemps.
- Et après ?
- Après, on devient plus vieux encore, on se fatigue beaucoup, on va dormir et ensuite, on ne se réveille plus.
- Alors je ne veux pas aller dormir. Et je ne veux pas que toi tu meures.

...

Mon petit homme est une sorte de Peter Pan, une petite silhouette toute pleine d'ombres et de beaucoup de lumière aussi. Je le regarde sans jamais le voir vraiment, mon regard glisse sur lui comme la larme sur la plume d'un oiseau. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je préfère enfouir mon nez dans ses cheveux, dans son cou, je le respire comme une drogue. Je ne crois pas qu'il puisse en être autrement, qu'il existe un univers parallèle où il n'existerait pas. Bien sûr, j'ai eu la même sensation avec ma fille, ma princesse, mais elle a grandit et les rapports évoluent. Le bateau prend de la distance avec le port d'attache. Alors qu'avec mon petit prince, tout est encore présent. L'espèce de cordon invisible qui nous ligature. Une distance diminuée par sa fragilité. Je sais, je sens que mes enfants sont mon gage d’immortalité, des racines enfoncées dans mon âme que je veux arroser de tout mon temps possible.

Aujourd'hui je fête mon 5ème anniversaire sur la Chronique des Temps perdus, ce qui me fait 45 ans et je n'ai pas vu le temps passer !

Les aiguilles de mon cadran
tricotent un tissu d'illusion
et derrière mon paravent
coulent tranquilles les saisons