19 décembre 2010

La collection invisible

Il a fallu que je me sépare de quelques lettres, quarante années de cartes et feuilles reçues dans l’angoisse parfois, souvent dans la joie. Mon enfant chérie disait ma mère, ma petite poupette, des surnoms qui jaillissent comme un souffle à la fontaine de ma conscience. Je n'ai pas pu tout garder, à quoi bon ? J'ai découpé les beaux timbres pour les amateurs, et pour le reste... je n'ai gardé que quelques courriers par hasard ou par tendresse peut-être.
Et tous les courriers de mes rares disparus soudain se rejoignent dans la même danse silencieuse, collection invisible que l'on peut emporter partout avec soi.