20 février 2010

La piscine


Nous y étions. J’avais emmené le petit à la piscine parce qu’il était pressé de me montrer qu’il arrivait à nager « la tête sous l’eau ». Evidemment, moi, je ne pouvais pas lui dire non, ou lui promettre d’y aller une autre fois. J’avais bien tenter de lui expliquer qu’il ferait mieux d’y aller avec papa, mais non, il avait insisté d’y aller avec moi, parce, disait-il, c’est moi qui l’avais fait. Certes. Bien vu.

Pourtant, la piscine n’est pas l’endroit dans lequel j’évolue avec bonheur. Me reviennent trop de souvenirs angoissants, à l’odeur écoeurante, aux bruits furieux qui se confondent avec les protestations de mon coeur. Petite, je ne savais pas nager ; je désespérais de ne jamais comprendre le « truc » salvateur qui m’éviterait de gober d’immondes tasses salées foisonnant de salive, pipi et autres sécrétions inavouables.

Pour le petit j’avais surmonté ma répulsion. Bien entendu, je dois dire que maintenant je sais nager, enfin, je patauge, j’observe, je m’ennuie, j’encourage, je soutiens. Puis, le petit a voulu quitter le bassin (dans lequel de gros mammifères mal dégrossis ne peuvent s’empêcher de nous en mettre plein la vue – mais qu’ils aillent dans le 25 mètres faire leur plongeon et leurs longueurs !!!) pour aller au toboggan.

Nous attendons notre tour parmi les enfants excités, livrés à eux-même sans un adulte pour surveiller. Suis-je donc d’une autre espèce ? De toutes petites filles hurlent en descendant dans le boyau (je les comprends, c’est très impressionnant !) et à peine arrivées dans le terminus clapotant se précipitent pour remonter par le tunnel. Inquiète, je tente de les en empêcher. En vain.

Enfin, le petit a voulu partir, il devait avoir faim, l’idée d’un bon goûter lui avait mis l’eau à la bouche.

19 février 2010

La neige (encore ?)

Nous ne l’attendions pas. Ce matin, j’ouvre bien large les fenêtres dans la nuit et me parvient le bruit d’un froissement, de quelque chose qui semble frôler les feuilles, ce n’est pas de la pluie, je ne sais pas ce que c’est, peut-être un esprit. Un peu plus tard, les ombres se poussent sous la couverture de neige, le temps de se rendre compte d'une certaine immobilité des choses, d'un monde éphémère sur lequel je ne m'avance pas, que je surveille derrière ma fenêtre fermée.