23 mars 2010

Une dent pour la souris

Ce matin, le petit a perdu sa première dent de lait. Cela faisait quelques jours qu’elle se balançait, et au petit-déjeuner, elle est tombée avec un petit peu de sang. Je ne me souvenais pas qu’il y avait du sang, mais le petit n’avait pas l’air inquiet, alors j’ai caché mon dégoût et je me suis dépêchée d’emballer la dent dans un « sopalin ». Le petit m’a demandé pourquoi la souris a besoin de sa dent. J’ai été surprise qu’il se souvienne de cette histoire, et étonnée qu’il n’en ait pas peur. Il me semble qu’autrefois la souris m’aurait plutôt effrayé, lui non : il souhaitait juste que je lui explique ce qu’allait devenir sa dent. Déconcertée, je lui ai répondu qu’elle s’en servait pour se construire un petit pont. Cette explication a dû lui convenir. Ce soir, j’ai ressorti de son papier de soie la petite boîte à dent que des amis ont offert pour la naissance du petit. Je ne pensais pas m’en servir un jour. Je trouvais cette boîte argentée bien luxueuse pour contenir une dent « pour rire », et entretenir je ne sais quel rêve auquel il est difficile de croire. Pourtant, personne n’a rien dit au petit, que la souris n’existait pas, qu’elle n’avait pas besoin de ramasser les dents des petits enfants. J’ai placé la petite dent tachée de sang séché dans la boîte sur la table de nuit du petit. Il s’est couché en promettant de surveiller la venue de la souris. Il n’avait pas du tout peur, et semblait même heureux. Je suppose que le sommeil a pu construire un pont vers son monde des rêves. Demain, la dent aura disparu remplacée par un euro. Je continuerai à construire mon pont des souvenirs.