23 janvier 2011

Autre lieu autre temps

Il se peut que depuis mon départ en Nouvelle-Calédonie, ma vie soit guidée par d'autres intérêts désormais, je ne crois plus aux choses de la même manière, ni à la même vitesse. Certaines anciennes occupations se sont ralenties tandis que d'autres ont pris place. Cuisine, penser, ne rien faire, faire le ménage, s'interroger, ne rien faire, faire les courses, écrire de vrais courriers qui me coûtent un peu car parfois, je ne maîtrise plus ma main - quelque chose doit être déréglé - des courriers pourtant encore trop rares pour ceux qui les reçoivent à ce qu'ils me disent, et pourtant ! s'ils savaient à quel point je lutte pour avoir une écriture à peu près convenable et lisible comme je l'ai toujours désiré !

Je passe désormais un temps énorme à glaner ici et là quelques informations de nature à combler mes besoins (photos, peintures, le tout enveloppé si possible dans un charmant papier) et la plupart du temps je ne trouve que des choses formidables, ainsi je suis toujours poussée et jamais repoussée de mon penchant pour la création, quelle qu'elle soit. Comme je ne travaille pas, enfin pas au sens habituel car tenir une maison n'est pas une sinécure, je n'ai pas d'horaires : c'est une véritable révolution dans ma vie puisque j'ai toujours été soumise à l'heure d'un bus, d'un train, au point de ne pas avoir le temps de prendre une petite collation avant de quitter la maison. Parfois je passe la matinée à regarder un film, je visionne d'anciens feuilletons sur internet en streaming, j'aime ses moments où j'ai l'impression de n'avoir que moi à penser, à m'occuper, je redeviens un peu le centre de mes préoccupations.

Parfois je retourne en pensées dans mon ancienne vie, mais je ne vois que les jours de vacances, quand j'arpentais les villes aimées pour en gratter toutes les couches possibles, le visible et la fantaisie et ramener toutes les particules élémentaires que je pouvais alors façonner à mon idée et à mon souvenir, en faire des petits totem sans craindre qu'on ne me les vole.

Maintenant que j'ai à peu près fait le tour de mes envies, je sais qu'il me faut entreprendre quelque chose qui me tiendra éveillée sinon je crains de m'enliser dans une pâte informe et sans couleur. J'ai besoin de trouver une porte, une fenêtre qui m'aspire vers une autre forme de liberté.