24 janvier 2011

Pour partir ailleurs

Il y a 20 ans je suis allée 3 jours en Tunisie essentiellement dans le cadre d'un travail. J'y pense puisque "tout le monde en parle" et que les derniers évènements passés et à venir sont largement commentés. J'ai tout de même visité un village avec des maisons troglodytiques étonnantes et mon activité touristique s'est arrêtée là. J'ai le souvenir d'une chaleur étouffante, de gens souriants mais plutôt pauvres. Je ne me suis pas sentie très à l'aise car bien que n'étant pas riche (je le suis un peu plus aujourd'hui), il me semblait que pour ces gens je l'étais et je n'aime pas les fausses apparences. Je n'y suis jamais retournée, surtout pas pour mes vacances. Lorsque mon amie me demandait pourquoi je ne voulais pas y aller, je lui répondais que je n'avais nul besoin d'aller me prélasser dans un pays où les gens étaient malheureux et exposer ma soi-disant richesse pour enrichir je ne sais quelle agence ou club. Aller si loin même à bas coût pour rester dans un club sur une chaise longue et "faire la fête" ? Non merci, je préfère me promener et aller à la rencontre de...

Et pourtant Dieu - s'il existe- sait à quel point j'aime la mer, le bruit des vagues et tout ce qui y ressemble. Mais pour partir ailleurs, j'ai toujours privilégié la proximité d'abord, un peu à l'image du comportement de mes parents. Je ne connais pas encore toutes les régions de France, loin s'en faut, et je mourrais certainement sans en connaître les trois quarts. De plus, l'idée de me rendre dans un pays qui risque à tout moment de pêter un boulard ne me branche pas plus que cela. En guise de mer, même si la chaleur et le soleil sont rarement au rendez-vous, je vais en Bretagne. C'est beaucoup moins exotique mais avec cette destination, je fais d'une pierre deux coups : je pars me reposer et je visite la famille. Je suis peut-être d'une génération où les liens avec les vivants sont encore plus importants que de jouer les voyageurs qui rentreront tout bronzés (qu'est-ce que cela peut me faire de bronzer je vous le demande ?).

Je ne dis pas que je n'aime pas aller à l'étranger, je trouve cela au contraire très enrichissant au point de vue culturel : j'aime voir les "vieilles pierres", manger différemment, voir des paysages comme ceux que l'on imagine au travers de photos qui semblent toujours si parfaites avec leur air de dire : "arrête-toi et regarde ici". Par exemple j'aimerais visiter l'Italie, l'Angleterre, la Suède ou la Norvège -ou bien les deux-, et même l'Amérique, le Canada. Simplement, l'occasion ne s'est pas encore présentée. Peut-être toujours la petite voix qui dit "tu as le temps de voir", ou encore cette autre voix qui dit "on n'a pas les moyens" de ses envies. Car pas question d'aller s'endetter ou de se priver de manger correctement pour partir en vacances, encore une fois, je ne suis pas de cette génération -ou éducation- là.


Puisque je suis aujourd'hui à l'autre bout du monde, j'avoue que j'ai prévu de profiter de cette situation pour visiter les pays voisins : des voyages sont envisagés pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Et, pour achever le périple des antipodes, je m'arrêterai quelques semaines au Japon qui se trouve sur le chemin du retour.

De quoi remplir ma besace de tout ce que je pourrai y mettre.