16 mars 2011

Deux ou trois seulement

En regardant Sagan, j'ai intégré dans ma conscience ce que son personnage égrenait sur le sujet de l'inspiration. Je suis raccord avec cette idée : nous écrivons, au fond de nous, pour deux ou trois personnes seulement. Nous écrivons comme pour leur dire, à eux essentiellement, "vois ce que je sais, ce que je suis, ce que je veux". Nous écrivons pour eux sans jamais l'avouer à personne, parce que nous ne voulons pas faire de jaloux ni de compétition. Nous écrivons parce que dans la vraie vie, nous sommes différents, nous cachons, nous taisons, nous oublions. Alors que dans nos écritures, nos personnages de fiction nous donnent une nouvelle identité tout en nous laissant évoluer dans un univers qui est le nôtre, ou qui semble l'être. Et bien souvent, cela nous suffit ; bien souvent, nous nous attristons lorsque nous devinons que ces deux ou trois seulement ne sont plus là.