24 mars 2011

Interdit d'emporter des souvenirs

Avant de quitter Paris en août 2010, j'entrepris les mois précédents un petit tour des musées parisiens que je ne connaissais pas encore. Ainsi, je suis allée voir le musée Victor Hugo, celui de la Vie romantique, Cognacq-Jay, le Carnavalet et le Marmottan. Si, pour les quatre premiers, j'ai pu photographier à loisir peintures et objets qui me plaisaient, il me fut interdit de prendre des photos au Marmottan où j'ai eu pourant eu la joie de voir pour la première fois un immense Monet.

Je savais que c'était interdit car il y a un écriteau à l'entrée du musée, mais j'ai tout de même voulu faire une photo de moi devant un tableau de Monet avec mon téléphone portable. Lorsque le vigile m'a aperçue, il m'a demandé de ranger mon appareil. Certes, j'ai tenté de discuter un peu en insistant sur l'aspect "privé" de la photo mais il n'a rien voulu savoir et j'ai obtempéré de peur de me voir éjectée du musée avant que j'en ai fini le tour (9€ l'entrée tout de même)...

Je trouve cela dommage car ma démarche n'était pas de nuire au musée et aux collections, mais plutôt de donner envie d'y aller et même de "faire de la pub" pour l'exposition qui était alors en cours :

FEMMES PEINTRES ET SALONS AU TEMPS DE PROUST
De Madeleine Lemaire à Berthe Morisot

Berthe Morisot

L'exposition était vraiment de toute beauté mais du coup, je n'en ai pas parlé. Il m'est arrivé la même mésaventure lorsque je suis allée voir le musée de la Poupée, photos interdites, et pourtant j'étais la seule "cliente" à ce moment là.

D'une manière générale, j'ai du mal à comprendre pourquoi les musées privés interdisent les photos alors que ceux de la ville de Paris l'autorisent. 

Cette semaine, La lettre d'information de la Tribune de l'Art donne une information intéressante : les musées n'ont pas le droit d'interdir la prise de photos in situ à usage privé. Je l'ignorais alors, mais le problème est de savoir comment réagir lorsque vous êtes pris la main sur l'objectif et priés de ne pas faire de photos. Quelle répartie avoir pour expliquer son droit ? Dans pareil cas, l'esclandre est-elle une solution ? D'un autre côté, j'imagine mal qu'il faille demander une autorisation pour faire des photos à la direction, ce serait ingérable...

Je préfèrerai qu'on laisse les amateurs plus libres d'exprimer leur "coups de coeur".

En savoir plus
  • sur les règles juridiques (une intéressante analyse par Anne-Laure Stérin sur l'intervention de Maître Géraldine Salord au sujet du droit d'auteur et de propriété dans les musées)