29 août 2011

2-Dino, le dévoreur de nuit

Mon nom est Dino. Je suis aussi ancien que les hommes mais je n’ai pas de destin. Mon heure vient quand l’ombre tombe sous les paupières, quand ceux que je poursuis s’allongent pour compenser leur vie d’un repos oublieux. Tous ces gens ressemblent à des gens qui sont morts. Je sais de quoi je parle, leurs yeux abandonnés ne peuvent me mentir. Dans son enveloppe, l’homme ressemble à un mort mais il ne l’est pas encore. Tant que son heure n’est pas venue, je me fais plaisir, je me glisse à son côté et j’écoute ce qu’il peut me dire. Je comprends toutes les langues et n’en parle aucune. Depuis la nuit des temps, je ne me parle qu’à moi-même et souvent je me sens bien seul. Je suis Dino, le dévoreur de nuit. Qui peut prétendre le contraire peut aller se recoucher. Je serai toujours là pour applaudir à la performance. Et en prendre de la graine : on peut toujours faire gonfler son ego. J’œuvre sous les paupières closes, quand l’esprit vagabonde dans la campagne et s’imagine être libre. Je rattrape inlassablement toute silhouette qui s’avance dans mon territoire, et je suis son serviteur.