14 août 2011

Comme une ombre

Tu marchais sans allure particulière, découpant au front du jour les mèches de tes futures connivences, il te fallait cela, sans quoi tu ne serais allé nulle part. Tu passais sans arrêt devant les fenêtres à demi closes, comme des regards absents, ou indifférents. Tu savais. Tu savais ce qui brouillait le coeur, qui le faisait sauter comme une bombe retardée, tu savais ce qu'il convient de dire, et parfois tu lâchais un indice pour aussitôt le regretter. Trop tard, quelque chose prenait l'air et allait se perdre aussi sûrement que si tu avais parlé dans le vide. Peut-être pas. Alors, tu poursuivais ton chemin car personne se s'y trouvait. Et tu finissais par croire que tu aurais certainement préféré l'égratignure à cette coupure qui suitait derrière toi, comme une ombre qui te balaye le dos.