12 septembre 2011

4-Dino, le dévoreur de nuit

Je m’enfonce dans son imagination comme un bec dans une forme molle, inerte. Je m'acharne avec une sorte de plaisir anesthésié sur ce corps offert, que personne d'autre ne voit. Lorsque les lambeaux sont bien détachés, que les fluides sont évaporés, que les croûtes sont tombées, que les cicatrices sont refermées, je me calme. J'ai la sensation d’avoir rempli ce corps d’une sorte d’enfant miraculé, un avatar, inapte à la persistance mais qui désire s’en sortir. Mystère de ces êtres qui s’imaginent capables de tout. C’est pourtant moi qui dévore, moi qui expulse dans un jet ma reconnaissance. Et moi qui abandonne tout dans un sursaut qui efface tout souvenir la plupart du temps.
Oleg Dou