25 septembre 2011

6-Dino, le dévoreur de nuit

La porte refermée, je serpente comme la peste souterraine, rongeant ce que je peux sans me freiner, tournant en rond comme un fou incapable de bouger. Je pourrai me glisser dans un autre fuseau, après tout, le temps pour moi n’est rien. A peine si la mort me semble plus amère que de devoir attendre. Mais j’ai besoin de limites, comme tout le monde. Des limites que je peux franchir dans la mesure où, un jour, quelque chose, quelqu’un, me poussera dans mes retranchements. Telle une bête je traque la chose humaine. Elle me nourrit comme je lui donne ce qu’elle veut. Miroir de réflexion. Elle rêve et je dévore en fouillant la nuit. Parfois je suis bredouille, j’erre sur des plaines rases comme des étangs calmes, je survole guettant la proie sous la surface, que son œil ouvert m’ouvre la porte. Parfois je n’ai rien, rien d’autre que le silence, quelque chose qui me fait ressembler à un vautour inquiet. Mais souvent je m’engouffre dans le ventre obligeant des petits monstres qui n’en peuvent plus de gémir.
Carrie Ann Baade