14 septembre 2011

Ventrilove

C'est toi mon coeur qui me force à nous séparer, tu ne pulses plus rien et mon ventre s'assèche. Si je ne réagis pas, je tomberai comme une branche morte, sans frémir, sans craquer. Je nous ai aimés, vois-tu, comme lorsque nous observions nos verres remplis d'un liquide gazeux que ni l'un ni l'autre ne commençait à porter à ses lèvres, comme si nous attendions un signal, l'apparition d'un papillon ou le frôlement d'un chat. Côte à côte nous contemplions la surface de cette chose qui pouvait nous tuer ou nous unir, et bien que nous ayions tous nos sens en éveil, nous n'entendions pas l'essentiel. Qui de ta voix ou de la mienne a brisé le murmure de nos pensées ? Je glissais sur la surface de tes yeux, y cherchant l'ombre des mots que tu avais supposés, fouillant le sourire aux lèvres pour que tu ne t'aperçoives de rien afin de retrouver les habits que je portais laissés dans ton souvenir. La malle était vide. Mon ventre était dans les talons. C'est à ce moment là que j'ai su qu'il me fallait prendre la tangente.
Mel Kadel