04 octobre 2011

7-Dino, le dévoreur de nuit (suite et fin)

Je me sens digéré, amputé de ma part la plus sombre mais pourtant debout, je me couvre du manteau blanc des souvenirs, c’est souvent ainsi que j’approche les plus petits, jamais inquiets, toujours étonnés, ils se tiennent au bord de leur rêve et ne savent pas très bien qui va les surprendre, ils en profitent pour poser des questions, les petits aiment bien les réponses et se moquent de savoir si ce qu’on va leur dire est réel, pour eux tout est réel. Eux seuls savent que les âmes papillonnent comme des phalènes vers l’ampoule qui palpite comme un cœur essoufflé. Souvent je ne dis rien, je regarde. Je laisse fondre les étoiles qui sombrent dans le breuvage silencieux de la nuit. Je me laisse de plus en plus approcher. Ce n’est pas très raisonnable, je sais, une fois j’ai failli être attrapé, corrigé ou effacé, mais heureusement pour moi, celui qui me courait après est mort. J’ai pris son nom. Son nom était Dino, et si tu veux ma peau je prendrai le tien.