06 novembre 2011

5-Une semaine de bonté (le noir)

CINQUIEME JOUR

Fermer les yeux car la nuit tire encore ses jets de sable et les sons que je perçois ressemblent à une colonie de grillons sous acide. Cela me rend morose. Je voudrais n'entendre que le vent dans les herbes, sentir la terre mouillée, et deviner les pattes qui avancent sur ma peau. Car voici venir les bêtes, même si je ne suis pas encore prête, je vais suivre leur mouvement. Elles viennent pour moi et ne me demanderont rien. Tout se fera alors comme prévu. Comme dans les rêves maintes fois recommencés. Dans le noir, je quitterai ce corridor dans lequel je me suis installée de tout mon long, ne faisant qu’aller et venir dans un mouvement perpétuel d’horloge anormale. Les mains griffues qui me massaient le cuir chevelu lors de mes insomnies prendront mes doigts ankylosés par une trop grande émotion, une sorte d'amour ou de peur, je n'ai jamais su définir cette ambiguïté et me mettront sur le chemin.
Steering for North