12 novembre 2011

6-Une semaine de bonté (la vue)

SIXIEME JOUR

Quelque chose commence au niveau de l'oeil, est entré dans ma conscience et s'est insinué aussi rapidement qu'un battement de cil. Je ne peux empêcher cette invasion que j'observe, les yeux grands ouverts comme écartés par des câbles d'acier. Quelque chose me traîne sans trop de difficulté vers un lieu que j’espère, qui sera une sorte d'asile où je serai libre de ma folie, où je ferai moi aussi un trait pour chaque rire que je pourrais entendre. Je pourrai alors te dire merci. Merci d'avoir marché sur la mer ou d'avoir fait semblant. D'avoir trempé le pied dans la vague qui a surgit comme l'ombre d'un oiseau fou venue me tourmenter sans que je sache quoi faire. De m'avoir tenu la tête hors de l'eau, de m'avoir laissé voir sur ton visage gribouillé les ombres dessinées comme des écumes frôlant ton navire corsaire de bois précieux. Tu n'as pas craint de moi mon apparence de marionnette, agitée mais sans personne à l'intérieur ni aucun esprit malfaisant.
Bichito