19 novembre 2011

7-Une semaine de bonté (l'inconnu)

SEPTIEME JOUR

Suppose que je rêve dans une bulle. Je ne connais ni obscurité, ni pesanteur, je navigue dans cette poche comme le ferait un oiseau gourmand, picorant les miettes amassées pour se rassasier et pouvoir repartir vers le salut de l'espèce. Je pourrais être ce voyageur qui ne sait plus le numéro du jour, et qui ne compte qu'avec les lunes comme le font les loups et les fous. Je serais ce nomade qui sait puiser ce qu'il faut pour ne pas mourir dans son âme au coeur de tout ce qui passe à proximité. Je serai tout cela si j'osais rire de moi. Mais je suis la plombée, l'enracinée depuis tant de mondes superposés. J'épuise depuis mille racines cette terre où il faisait bon vivre mais dont le ventre n'a plus rien pour me sustenter. Ce qui grouille ici ressemble aux cendres qui murmurent leur ancienne vie en se déguisant en personnages de bois, figurines de théâtre qui pourraient enchanter ou terrifier, ou tomber dans l'oubli. Alors il me reste à rêver le ciel, à tendre tout ce que je peux comme un épouvantail distendu dans le champ dévasté de ma vie, mes cheveux retombant en cascade sèche où nichent tendrement les oiseaux orphelins, mes ongles longs comme des petites vagues au bout de moi. Je suis la seule mer à l'horizon, une mer intérieure, rouge peut-être, je ne peux pas le savoir.
Boy_Wonder