21 décembre 2011

Influence

Que dirais-tu si tu savais que je corne mes livres en pensant à toi ? Que chaque page qui me parle de toi a tendance à se recroqueviller comme pour cacher un secret, que l’espace qui nous divise n’a pas d’autre raison que de nous permettre à toi comme à moi de nous relier dans la conscience de cette absence ressentie et jamais remise en question. Les autres regardent les rues de ville et comprennent que leur amour a disparu, parfois, ils ont de la peine à se souvenir mais se rassurent en expliquant que d’autres ont pris leur place. Leur regard a l’aspect d’un voile. Alors que ce que je sais de toi est net comme une pointe d’aiguille. Un centre où ma vie s’enroule, semblable au nautile au fond de la mer complètement obscure, petite épave satisfaite du fond des âges et immobile comme un trésor coulé. Que dirais-tu si toutes les pages cornées distribuaient une sorte de motif que l’on ne peut distinguer que vu de loin ? Tu ne serais peut-être plus aussi sombre.