06 décembre 2011

Le labyrinthe à venir

C'est ici qu'il faut descendre. Il n'y a pas de station plus lointaine, par ailleurs, nous sommes épuisés par le voyage, tellement fatigués que nous aurions pu le commencer en un jour qui n'est pas de ce siècle. Il en est certainement ainsi. Nous le devinons sans avoir marqué ni le jour, ni l'heure du départ, sans même avoir besoin de connaître l'endroit où nous allions. Notre esprit est comme balayé, un fétu de paille qui s'effiloche de pierre en pierre, de pointe en pointe, de prières en abandons. Il désire échapper à la griffe et à l'entaille. Nous ne pouvons dormir, pourtant la crainte du sommeil s'est envolée comme l'oiseau migrateur détale à l'approche des saisons froides. Nous ne pouvons pas dormir mais tu ne peux pas me suivre. Dans ce passage où je m'engage, je ne t'emmène pas. D'autres rives doivent te faire naviguer. La boucle de l'univers doit défaire les liens qui te maintiennent. Tu dois avancer dans le labyrinthe à venir. Arracher les mauvaises herbes d'un jardin que personne ne foule mais où poussent les fleurs du chaos. Mon sommeil est blanc comme la neige, froid comme l'absence, douloureux comme un deuil épuisant, mais tu dois inventer ta solitude.
Odd Nerdrum