12 février 2012

EPUISEMENT

© Virginia Pinon

L'épuisement vient d'en haut. D'une fièvre qui retombe comme une pluie brûlante et qui fait somnoler. Les paupières fermées ne peuvent plus se lever et les yeux se terrent comme des lapins épouvantés. Quelque chose remue et pour rien au monde on ne peut regarder ni réagir, seulement s'enfoncer et croire que la terre enrobe tout, tout au fond, comme une vague qui passe et qui soulève la brume ou qui lèche le vent. O mon coeur tu avais laissé une corde que je puisse m'y accrocher, tu avais laissé un carton que je puisse m'y replier, tu avais laissé un mot que je puisse te retrouver. Mes yeux hélas ne voyaient rien et mon oreille ne comprenait pas.
Et tu es si loin que d'ici je n'entends même plus ton coeur.