07 août 2012

LE PLUS BEL AMOUR POSSIBLE

C'est la guerre dans un pays d'Europe où nous parlons anglais. Je suis interrogée sur mes notes de terminale et sur la facilité avec laquelle j'ai réussi mon examen de mathématiques sans rien avoir jamais appris. Des juges me questionnent sur ma jeunesse et me reprochent d'être toujours de bonne humeur. Nous sommes une bonne centaine de personnes installées très inconfortablement sur des chaises à bascule autour de l'axe d'un pied que nous devons orienter tant bien que mal en fonction de notre morphologie pour que le siège ovoïde nous soutienne en équilibre à peu près stable, ce qui fait que nous avons la tête en arrière, le regard au plafond. Il m'est difficile de voir à qui je réponds et je n'ose pas redresser la tête de peur de perdre l'équilibre. Tout le monde autour de moi réagit lorsque l'on parle de mon sourire "oui c'est vrai, on l'a toujours vu sourire et c'est agaçant" murmurent-ils tous. Je réplique que tout cela est faux, absolument. Je me tourne vers ma mère qui se trouve un peu plus loin, j'y vois une ennemie qui me rejette en riant. Je suis condamnée à partir rapidement et je dois faire mes bagages. On me donne un vélo en me disant que tout ce que j'emporte doit être caché dans le vélo, que rien ne doit apparaître. J'ai un petit tas de vêtements à côté de moi et quelqu'un que je ne connais pas me rassure en me disant qu'il existe une machine à compacter les vêtements en forme de tube ; cela ressemble à une pompe à vélo : le vêtement entre par un bout (est en quelque sorte aspiré) et ressort tout compacté de l'autre côté de manière à pouvoir être enfoncé facilement dans les tubes de la structure du bicycle ; je suis très étonnée de cette invention. Un temps. Je me retrouve la première arrivée dans une grande salle de gymnastique recouverte de tatamis. Il y a des matelas empilés dans un coin, des couvertures et même des petites tentes individuelles qui s'installent en 2 secondes. Je prends juste une couverture car je n'aime pas dormir sans rien sur moi, la couverture est très épaisse et je m'allonge soulagée. Je me mets à penser aux derniers événements et je pleure parce que je ne comprends rien à ce qui se passe ni pourquoi ma mère s'est moquée de moi. C'est alors que Ros Myers s'agenouille à côté de moi et me prend par les épaules, elle aussi pleure. Je lui demande si elle aussi doit partir (tout cela en anglais bien sûr). Elle me répond qu'elle n'a pas le choix car elle doit mourir dans quelques heures. Je tente de la réconforter en lui disant qu'Adam ne lui survivra pas, qu'il meurt dans quelques épisodes mais je lui rappelle qu'ils ont vécu ensemble le plus bel amour possible. Elle semble rassurée et nous continuons de pleurer dans les bras l'une de l'autre.
© Ken Rosenthal

[notons que je regarde en ce moment la série "Spook", ceci explique peut-être cela.]