29 octobre 2012

REVE REPTILIEN

Je suis sur un manège au-dessus de la mer. Du genre siège volant. Soudain, alors que le manège semble être arrêté, je sens que je continue de m'élever dans le ciel, les autres personnes sur le manège me regardent, impuissants et muets. Un ULM passant par là m'a accroché à un fil et je me trouve entraînée, songeant en une fraction de seconde que je n'ai pas de chance, en plus j'ai le vertige. Mais je suis aussi téméraire et avant de me retrouver trop haut, j'arrache ce fil qui m'emporte.
Je tombe, très très lentement, je plane avant de toucher la surface de la mer qui m'engloutit comme une huître se ferme sur un intrus. Le contact avec l'eau est très différent de ce que j'imaginais, très doux, c'est comme si je m'enfonçais dans une sorte de matière plutôt visqueuse et à ma propre température. Ayant pris une profonde inspiration, je me rends également compte que j'arrive à respirer dans cette eau étrange, à condition de ne faire que de petits souffles. J'ignore comment cela est possible mais je suis rassurée pour un temps, j'arrive même à réaliser quelques mouvements avec mes bras de manière à remonter vers la surface. J'y arrive plutôt bien considérant que je ne sais pas particulièrement bien nager, ayant appris par moi-même et selon une méthode quasi instinctive puisée dans mon cerveau reptilien.
Parvenue hors de l'eau, je constate que je ne suis pas trop éloignée du bord et je me réveille tout en m'épuisant à le rejoindre.

illustration Mel Kadel

NOT AVAILABLE

© Paul Mutant

Trouvé ce matin sur la "toile" un amusant aperçu de ce qu'est, parfois, la censure ; celle-ci prête à sourire, bien entendu, mais qui ne s'est pas agacé de voir qu'une vidéo, aussi innocente soit-elle, demeure impossible à visionner sous pretexte d'un "droit de diffusion" ou que sais-je encore.

En tout cas, Paul Mutant, c'est son nom, s'il ne se montre pas, aura réussi le pari de se laisser découvrir ! Allez voir la manière dont il entreprend la peinture d'inspiration indienne qu'il fait devant ce salon de thé : c'est très beau

cliquer pour agrandir la photo-composition
(image du site paulmutant.com)

13 octobre 2012

SE RECOLLER

Nous pouvons nous recoller ensemble mais rien n'effacera le grain qui s'est posé entre nous. Nous pouvons tenter de passer du baume sur nos coeurs mais rien ne bouchera le trou qu'a fait le temps de ton absence dans le mien. C'est étrange comme les petites choses prennent des proportions imprévues quand on les regarde d'un nouveau point de vue. Ce qui semble hors de portée ne l'est pourtant pas autant qu'un désir non partagé. La vie est ainsi, immature et insolente, vibrante comme une corde à peine effleurée, elle nous pourvoit alors en ondes distordues, des mouvements incontrôlables sous la peau. Il semble que la musique puisse souvent incarner ce qui tourmente.

Soit mon chef d'orchestre.
© Kelly Monson

06 octobre 2012

RAPA NUI(T)

Dans une pièce inquiétante. Au mur, quatre appliques en forme de Moaï rangées par taille croissante et mesurant entre 10 et 30 centimètres. J'ai mal à la tête. J'avale un cachet et j'entends un bruit dans mon ventre, le même bruit que faisait la perle que je mettais dans la bouche de ma poupée lorqu'elle tombait dans son corps de plastique. Intriguée je m'ausculte : ma peau est ferme et lisse mais dessous il n'y a rien, ni os ni muscle ni organe, je suis complètement vide. Le temps que dure ma découverte, une tête Moaï a disparu sur le mur, à sa place un espace. Je panique tout en sachant que maintenant que je suis transformée en une sorte de mannequin, je ne risque rien. Je continue pourtant de penser, je réfléchis, je me pose des questions. Puis soudain je remarque qu'une tête de "Vierge Marie" a remplacé la tête Moaï. Un visage qui n'a rien de serein avec des yeux perçants. Soudain la tête de Marie bouge, franchement tournée de travers comme dans le film l'Exorciste (un film que m'a sacrément fichu la trouille j'avoue). Je sens sur ma peau fleurir des frissons visqueux. Je veux crier "elle a tourné la tête, elle a tourné la tête" mais aucun son ne sort de ma bouche. Je n'ai pas de langue, rien pour faire écho à ce que je pense. Je continue de hurler en moi-même "elle a tourné la tête, elle a tourné la tête" mais ce que j'entends ressemble surtout à "é a touné a tète, é a touné a tète", que je répète inlassablement. J'ai peur, je ressens cette peur sur moi comme un manteau. Pesante. Personne ne vient à mon secours. Soudain, mon mari me touche l'épaule en grognant : arrête de faire ton cauchemar. J'avais rêvé à haute voix et crié dans la nuit "é a touné a tète". Je ne me suis pas rendormie mais cette histoire a fort amusé mes enfants quand on s'est raconté nos rêves le lendemain matin.

02 octobre 2012

LA CHRONIQUE A 8 ANS

Ce blog a 8 ans aujourd'hui. A y réfléchir, je ne pense pas avoir jamais envisagé ou même imaginé une quelconque durée de vie pour ce carnet d'écriture qui existera aussi longtemps que possible.