18 novembre 2014

Retour à la mère

Je sors de la clinique et me rend à mon travail pour dire que je suis arrêtée quelques jours. Dans le couloir, je croise un ancien camarade de promotion, que je n'ai pas revu depuis 20 ans et qui me dit qu'il est bien content de me voir car il est ennuyé : sa nounou est tombée malade et il ne peut pas aller chercher son bébé ; il me demande si ça ne me dérange pas de passer chercher son fils et de rester chez lui jusqu'à son retour. Je lui réponds que cela va être difficile car je suis fatiguée, que j'ai une canne, et que je préfère rentrer chez moi pour attendre. Il est d'accord et me dit qu'il repassera chercher son fils ce soir en rentrant du travail. Je lui demande quel âge à son fils et s'il porte des couches car je n'ai pas cet article chez moi, mes enfants ayant maintenant plus de 10 ans. Son fils est un nourrisson, il lui faut donc des couches mais il se souvient qu'il n'y en a plus dans son sac "nursery" et me demande si je peux passer à la pharmacie. J'imagine la scène : canne d'une main, sac de couches de l'autre, porte-bébé kangourou sur le ventre. J'espère que la pharmacie a des petits paquets. Je lui explique que j'habite de l'autre coté du fleuve, non loin de chez lui, et lui demande de ne pas venir trop tard rechercher son enfant ce soir. Je me mets en route en direction de chez la nounou, heureuse de m'occuper d'un tout petit enfant après si longtemps (après tout je me reposerai une autre fois) mais inquiète en espérant que cet ami arrive ce soir avant que mon mari ne rentre, afin d'éviter ses questions embarrassantes. Je ne saurai pas quoi lui répondre.
Paul Herrmann