22 novembre 2014

Bucket list : liste des choses à faire avant de mourir

Me voilà cinquantenaire, il y a beaucoup de choses que je n'ai pas et n'aurai jamais, des choses que je n'ai jamais faites et ne ferai jamais (comme sauter à l'élastique), soit parce que je n'en ai pas envie (je ne voudrais par exemple aucune montre hors de prix), soit parce que ce n'est pas dans mes moyens (un château en Espagne ? oh oui ! j'adorerai la vie de château !).

Voici une liste de choses que je veux faire ou avoir avant de mourir, des choses accessibles pas utopiques. Sans doute égoïste aussi. Ordre qui suit mon inspiration, ceci n'est pas dans l'ordre des préférences.
  1. aller en Angleterre
  2. aller en Suède
  3. aller en Malaisie
  4. tenir un sac Chanel dans les mains (mais pas l'acheter c'est trop cher pour ma conscience)
  5. aller dans un restaurant russe et boire de la vodka tout le long du repas
  6. à suivre...



Récit de douze jours en Nouvelle-Zélande

J'ai le plaisir de vous annoncer l'achèvement d'écriture de mon carnet de voyage en NZ (mieux vaut tard que jamais !).

Un mystérieux lustre

Je suis parmi une vingtaine de convives et nous assistons à ce qui ressemble à un repas de séminaire, nous sommes tous assis autour d'une table installée dans la vaste cour d'un manoir qui comporte au moins huit étages. La table est dressé en "L" et alors que le repas se poursuit, j'aperçois un homme à la fenêtre d'un étage élevé nous observer et balancer de toutes ses forces un immense lustre en direction de notre table ; le lustre atterrit juste à côté d'un homme le manquant de peu. Tout le monde lève les yeux en direction des hautes fenêtres et je constate être la seule à avoir repéré de quelle pièce le lustre a été jeté. Je me rapproche de l'intendante et lui demande depuis combien de temps elle est au manoir, et si les appartements du haut sont occupés. Elle me dit qu'il y a plus de 50 ans qu'elle réside à cet endroit et que la propriétaire ne lui a jamais demandé de s'occuper des étages du haut qui sont à l'abandon depuis plus d'un siècle, toutes les issues sont d'ailleurs verrouillées. Tandis que tout le monde cherche à débarrasser la table, le repas est de fait terminé, je récupère le lustre qui est dans une matière entièrement cuivrée et lustrée, comme neuf, alors que les volutes sont vraisemblablement très anciennes. Quelqu'un vient d'en faire le nettoyage. Mais qui ? Pourquoi ? Je demande à l'intendante qui va hériter du manoir à la mort de la propriétaire, elle me dit qu'elle l'ignore car il n'y a pas de descendants, je lui réponds que j'espère que c'est elle qui en bénéficiera, elle me répond qu'elle aussi est seule au monde, que le manoir sera sans doute mis aux enchères. Je demande à pouvoir garder le lustre qui n'a pas du tout souffert de la chute et tandis que je l'observe, l'intendante me dit que je peux le prendre ; je suis en train de me demander combien d'argent je pourrais gagner en le vendant aux enchères tout en sachant que je vais le garder toute ma vie.

18 novembre 2014

Retour à la mère

Je sors de la clinique et me rend à mon travail pour dire que je suis arrêtée quelques jours. Dans le couloir, je croise un ancien camarade de promotion, que je n'ai pas revu depuis 20 ans et qui me dit qu'il est bien content de me voir car il est ennuyé : sa nounou est tombée malade et il ne peut pas aller chercher son bébé ; il me demande si ça ne me dérange pas de passer chercher son fils et de rester chez lui jusqu'à son retour. Je lui réponds que cela va être difficile car je suis fatiguée, que j'ai une canne, et que je préfère rentrer chez moi pour attendre. Il est d'accord et me dit qu'il repassera chercher son fils ce soir en rentrant du travail. Je lui demande quel âge à son fils et s'il porte des couches car je n'ai pas cet article chez moi, mes enfants ayant maintenant plus de 10 ans. Son fils est un nourrisson, il lui faut donc des couches mais il se souvient qu'il n'y en a plus dans son sac "nursery" et me demande si je peux passer à la pharmacie. J'imagine la scène : canne d'une main, sac de couches de l'autre, porte-bébé kangourou sur le ventre. J'espère que la pharmacie a des petits paquets. Je lui explique que j'habite de l'autre coté du fleuve, non loin de chez lui, et lui demande de ne pas venir trop tard rechercher son enfant ce soir. Je me mets en route en direction de chez la nounou, heureuse de m'occuper d'un tout petit enfant après si longtemps (après tout je me reposerai une autre fois) mais inquiète en espérant que cet ami arrive ce soir avant que mon mari ne rentre, afin d'éviter ses questions embarrassantes. Je ne saurai pas quoi lui répondre.
Paul Herrmann

09 novembre 2014

Øresundsbron, un pont entre deux mondes

C'est en regardant la série Bron (Suèdois) ou Broen (Danois) que je me suis intéressée à ce pont aussi beau qu'intrigant qui relie Malmö en Suède et Copenhague au Danemark.

Côté suédois, le pont est un pont, côté Danois, c'est un tunnel, une prouesse aussi technique que réussie, je trouve.

série "Bron"

Le mot Øresundsbron vient de Øresund (danois) et Öresund (suédois) qui est le nom du détroit entre la Suède et le Danemark et de bron (suédois) / broen (danois) qui signifie "pont". Un pont à deux étages : en haut l'autoroute, en bas : le train. Le pont est vraiment un personnage dans la série : les protagonistes le traversent souvent (la traversée dure 45 mn par la route). Il date de 1999.
screencap série "Bron"
Dans le dernier épisode saison 1, Martin est dans le train avec le tueur qui l'oblige à quitter le wagon pour se promener dangereusement au niveau de la poutre transversale en béton, vertigineux !

08 novembre 2014

Les 10 ans de ce carnet

Il y a un mois à quelques jours près, ce carnet a eu 10 ans. Commencé le 2 octobre 2004, je n'ai jamais cessé d'y écrire, d'y revenir, d'y apporter ma touche personnelle, de lui modifier son cadre, son adresse, sa ligne éditoriale. Bref, ce fut un blog en mouvement, un navire gonflé et robuste comme le charbonnier de James Cook, capable d'emporter le nécessaire sur de longues distances pour ne pas mourir, capable de se ravitailler en cours de route. Si j'ai moins de temps à y consacrer, ce n'est pas faute d'y songer, chaque jour il pourrait y avoir une petite notice ici même, une trace des conversations ou petites tragi-comédies auxquelles je suis soumise quasi quotidiennement. Non, ce qui empêche cela, c'est que 24 heures ne suffisent pas à mes jours : absente de chez moi entre 6 h et 19 h 30, je n'ai absolument aucune minute pour recopier ici mes petites notices. J'essaye de tenir à jour autant que possible ma biblio-revue, et aussi mon carnet du cinéma, parce que le format des billets y est plus simple et plus formel, plus facile. Je me rattrape beaucoup en fin de semaine. Le reste du temps et consacré à la famille, aux amis, à ma correspondance privée qui sont prioritaires.

J'ai vu disparaître les uns après les autres certains compagnons du voyage, je ne mentionnerai sciemment que la première "Fuli" (Fuligineuse, Elisabeth) côtoyée pratiquement 10 ans qui a fermé son blog en mai dernier.

J'ai aimé mes premières années d'écriture, elles avaient quelque chose de passionnant, d'électrisant, de magique. Ce sentiment a disparu. Il a fait place à une sensation plus pragmatique, plus égoïste aussi. J'ai aimé écrire de la fiction, ce fut une sorte de drogue. J'ai passé énormément de temps à administrer une plateforme de créations littéraires, à en gérer le forum, jusqu'à l'usure. De cette époque il ne me reste personne dans les "amis" : c'est dire que les choses de ce côté là sont superficielles. On me disait : que tu écris bien etc...cela me faisait plaisir, certainement, mais je savais aussi que ce n'était pas mon métier, que je ne pouvais en vivre. Je me suis détachée, volontairement, comme un homme à la mer parvient à couper avec ses dents la corde qui le relie à une forme de survie mais aussi à une forme d'esclavage gelé.

Ce carnet continue. Au rythme incertain d'une embarcation qui reste discrète mais résistante. Je garde la tête hors de l'eau.