16 mai 2016

La digestion

de l'horreur est lente. Elle se pose sur ta langue. L'engourdit. Tu ne peux plus parler. Elle avale ta salive. Tu mâches du papier buvard. Chaque bouchée écrase les mots qui ne peuvent être dits. Tes dents malaxent sans fin des sons que tu étouffes au fond de ton gosier déchiré. La plaie mal fermée s'écarte douloureusement et tes yeux te brûlent comme s'ils étaient en enfer.

dans le train, écrit sur mon téléphone, improvisions sur l'impuissance et l'horreur.