15 juin 2016

Les revoir (à suivre)

En lisant ce roman italien dans lequel le personnage principal est partagé entre le plaisir de revoir son ami et la douleur que lui causerait ces retrouvailles, ce qui lui fait s'interroger sur ses motivations à provoquer cette rencontre, je ne peux m'empêcher de penser à mes anciens camarades et à ce désir constant que j'ai de les revoir. Souvent mes rêves me font vivre mon enfance, je ne suis jamais très jeune et assez âgée pour me trouver sur des bancs de classe, en désarroi devant une copie illisible, je passe un examen. J'ai des sueurs froides rien qu'à revivre quelques minutes -le temps approximatif d'un rêve ou d'un cauchemar- cette époque scolaire durant laquelle je n'étais pourtant pas tellement heureuse. Retourner ainsi dans le passé, avoir des contrôles de mathématiques, ou revivre cet horrible oral du bac de français où un garçon me bouscula au moment où un professeur vint ouvrir la porte pour appeler le candidat suivant, moi, dans le but d'imposer sa petite amie car ils en avaient marre d'attendre. Je ne m'étais pas laissée faire malgré ma timidité maladive et j'étais entrée de force dans cette classe où j'avais dû préparer mon texte dans un état d'excitation incroyable, mon cœur ne pouvait ralentir tandis que je m'accrochais désespérément aux bribes qui me restaient de mes fiches de préparation. Le professeur m'avait demandé de commencer l'étude du texte à partir de la seconde phrase répétée. Quel dommage de ne pouvoir évoquer cette épanalepse ! Je n'arrêtais pas de fixer mes pensées sur ces contrariétés : l'attente interminable, puis la bousculade devant un professeur surpris et ma préparation de la poésie que j’adorais. Ma fébrilité était à un point culminant que je n'ai jamais retrouvé après, même le jour de mon mariage.
A suivre