24 juillet 2016

Les revoir (8)

De ses brèves rencontres il reste des points blancs sur l'échelle du temps que l'on passe ensemble. Des points lumineux comme des bougies votives qui recueillent les instants quasi sacrés car rares, et jamais accomplis par obligation mais toujours par passion. Des points qui fissurent la ligne sinusoïdale de nos agendas rythmés entre les devoirs et les habitudes, qui ne laissent qu'à de rares moments la place à la surprise de l'incroyable bienfait du retour dans le passé, qui justifie le plaisir que l'on prend à parler du "bon vieux temps" et que chacun d'entre nous s'accorde de temps à autre. Hier encore je partageais le déjeuner de quatre camarades, le sixième convive ayant eu un empêchement, et nos rires auréolaient la terrasse ensoleillée d'une brasserie parisienne et témoignaient à grand renfort de bruits de verres entrechoqués notre plaisir de nous revoir malgré les douleurs intimes que chacun porte en lui. Si mes camarades d'école ont une place privilégiée dans mon panthéon des souvenirs, il en est de même pour d'autres amis rencontrés au fil des ans dans le cadre du travail ou des vacances, sans oublier ces rencontres fortuites et mystérieusement aléatoires des échanges sur les réseaux sociaux que je rappellerai à votre bon souvenir dans une autre correspondance peut-être car les douces amitiés dues à l'existence de ce journal de la Chronique des Temps Perdus méritent, pour certaines, d'être relatées ; mais pour l'heure j'achève ici ce récit consacré à mes amies d'école avant d'en commencer un autre qui sera pour M-P. qu'il me tarde de revoir.

Fin