07 juillet 2016

Les revoir (6)

Ne pensez vous pas que certains actes relèvent parfois de la prédestination plutôt que du hasard ? Je ne tardais pas à répondre au message de Manue et le hasard voulut bien déterminer que, comme moi, elle habitât dans la banlieue parisienne. Nous convînmes d'un rendez vous quelques jours plus tard dans un restaurant italien du quartier latin. Quelques années nous séparent maintenant de ces retrouvailles et à chaque fois que nous nous voyons, nous redevenons un instant ces enfants dont nous avons replié le costume en pull à col roulé et pantalons "pattes d'éléphant" (sans oublier le débardeur en laine shetland qui grattait) telles que nous apparaissons toutes deux sur la photo de notre anniversaire dans le jardin de mes parents en cette année 1974. Revoir Manue, ou mes autres amies, est certainement un plaisir - donné par la satisfaction de nous retrouver, rajeunies par le récit de nos souvenirs, et les rires que notre mémoire parfois défaillante déclenchent - mais aussi une douleur - celle de pouvoir compter les années écoulées avec l'impression de n'avoir pas eu le temps de combler nos désirs, le regret de n'avoir pas pu réaliser les voyages de nos rêves, ou la tristesse fataliste à l'évocation de la maladie ou du décès de nos parents ou amis.

A suivre