15 août 2016

Le tunnel Lynch (14)

Je ne me rappelle pas à quel moment les lumières du wagon se sont éteintes mais nous ne fûmes jamais dans une totale obscurité. L'intensité des néons du tunnel donnaient une intéressante vision de notre wagon : ceux qui n'avaient pas refermé les yeux dans le confort retrouvé de la vitesse couplée à la musique ou aux diverses pensées auxquelles on s'occupe durant les voyages routiniers, avaient comme moi découvert le wagon dans ses ombres et lumières, et certains avaient même recommencé la lecture de leur livre ou de leur tablette. Pour d'autres, l'étonnement l'emportait sur l'inquiétude. Je me tournais vers la vitre et posais mon front contre le verre tentant de distinguer quelque détail qui pourrait être étrange et que j'aurais voulu être la première à découvrir. Je me demandais si certains soirs, lorsque le trafic s'arrête, quelqu'un prend son service pour parcourir à pieds ou sur un petit wagonnet motorisé les quatre kilomètres du tunnel, à la recherche d'un animal mort ou d'un objet quelconque tombé sur les voies et qui pourrait être un danger. Il y a tant de déchets jetés, bouteilles, paquets, sacs, chaussettes ou même chaussures, sans compter les mégots crasseux ; bien sûr dans le tunnel il ne peut y avoir autant de pollution qu'en voies extérieures ; je me demandais donc quel type d'objet était parfois ramassé lorsque j'aperçus une inscription géante.

A suivre