21 août 2009

Un jardin à Paris


J'arrive à Paris par un jardin. Bien sûr, il n'est pas de ceux qui donnent envie de se rouler, de s'attarder à rêver ou à attendre, mais il est mon jardin secret. Ce qui l'entoure est presque mort ou en voie de disparition. Des arbres en tronçons, des insectes cachés qui peinent à bourdonner quelque part à côté des moteurs de la chaussée. Des fleurs sauvages comme des baisers. Les ombres déjà n’existent plus, elles dansent au fond d'un café qui commence à refroidir sur une table de cuisine. Les rues happent comme des bouches affamées le voyageur encore endormi, il cligne des paupières en sortant sa petite carte magique qui, comme un scalpel, taille sa route dans le ventre de Paris. Je vais le nez au vent, j'aime marcher ainsi, à savoir où je vais, pas très loin, juste assez pour se débarrasser des envies, des désirs, aussi vite que possible, comme il est nécessaire d'éternuer sans attendre quand une poussière vous chatouille la narine. Le long de mon jardin, je retrouve un petit peu l'odeur du raidillon qui serpente dans ce pays dans l'ombre de ma jeunesse, et j'ai l'impression qu'au bout du chemin je respire déjà mieux.