30 août 2012

[RÊVE] LA CARTE POSTALE


 
Je suis mariée avec W ce qui est hautement improbable vu qu'il est mort depuis quelques années, que je suis consciente de cela dans mon rêve mais il semble si heureux que je décide de ne rien lui dire. Nous sommes sur le point de quitter un lieu de vacance paradisiaque comme il en existe dans le Pacifique : faré sur une plage de fin sable blanc. Les bagages sont prêts mais avant de partir, je veux acheter une carte postale. Nous nous rendons dans une boutique et je demande au caissier où se trouve le présentoir de cartes. Tandis que je regarde les cartes postales, W contemple des casquettes de toutes les couleurs qui représentent les All Blacks. De mon côté, je cherche une carte postale représentant un paysage et il n'y en a pas. Il n'y a que des paquets de cartes avec le logo en forme de plume et toutes les cartes sont colorisées à la manière des oeuvres d'Andy Warhol. Je demande au vendeur s'il n'y pas de cartes postales représentant la nature. W se tourne alors vers moi en haussant un sourcil (il le faisait toujours) et me dit que nous n'avons plus le temps. L'instant d'après il disparaît soudain, je suis seule dans la boutique et je me demande si je ne vais pas acheter en souvenir une casquette au lieu de la carte postale.

 
 

illustration de mon cru

23 août 2012

[JOURNAL] LA BEAUTE D'UN INSTANT

Qui possède en lui la faculté de s'extasier sur la beauté de l'instant plus que sur celle du lieu - même si l'endroit où cette félicité se révèle n'est pas étranger au sentiment - est un être privilégié ; puissions-nous tous vivre un tel moment.

© Kenneth Parker
(tentative de mise à l'air de quelques notes prises en mai 2012, photo avec accord de l'auteur)

19 août 2012

[BLOG] TERRAIN DE JEU




Au départ je n’avais pas de compte à régler, sinon l’envie de me régaler l’esprit en m’imposant une sorte de gymnastique personnelle, une sorte d’examen de conscience qui servirait en même temps de laboratoire, c’est ainsi que j’ai conçu le début de mon blog Chronique des Temps Perdus dans la fin de l'année 2004, avec une première lectrice complice, ma sœur. Loin de moi l’idée de me masquer derrière une personne évanescente, bonne à vider son sac ou prétendre être une autre que moi-même. J’ai écrit des petites choses, je m’amusais. Je n’avais pas vraiment pris conscience que tout cela pouvait être sérieux, assez sérieux pour être consommateur d’énergie et de temps.

De nombreux autres blogueurs ont été mes parrains à leur insu : sur eux je pris exemple en n'écrivant que lorsque j'avais vraiment quelque chose à dire ; leur ancienneté sur la toile avait fait qu’ils avaient le recul nécessaire pour ne pas se laisser abuser par ce passe-temps où l’on perd vite le sens du réel et où l’on peut facilement confondre l’agréable et l’utile.

La découverte des Impromptus Littéraires (dont je fus l'un des administrateurs durant quelques années) m’a fait basculer dans une autre dimension : les nouveaux thèmes autour desquels il fallait inventer chaque semaine une petite histoire m’ont fait prendre conscience du plaisir des fictions. Mais j’ai toujours trouvé réducteur la propension du lecteur à désirer voir dans un récit une part de la vérité. Où s’achève la réalité, où commence la fiction ? Peu importe.

Aujourd’hui, j’ai moins envie d'écrire des histoires, mais je ne renonce pas à le faire. Parfois, je laisse vagabonder mon imagination comme on lâche un chien, puis quand il est l’heure, je tire sur la laisse pour qu’il revienne me lécher la figure, me composer un nouveau masque, une nouvelle expression.

La bête mystérieuse qui est en moi est insatiable.

12 août 2012

[RÊVE] MANU METRO C-3PO


 
Dans le réseau souterrain parisien. Un touriste chanceux me croise et me demande de l'aider à se repérer. Je lui réponds qu'il ne pouvait pas mieux tomber. Il continue dans son jargon et déjà je suis en position. Très fière. Je lui montre ma main droite fermée en poing, sur le dos mes veines bleues dessinent la carte du métro et de la main gauche, je lui indique la direction à suivre. Je connais les stations par cœur et mon touriste me regarde fasciné, cherchant à comprendre comment je fais pour savoir exactement ce qu'il attend. Je le regarde partir et essaye de me souvenir depuis quand date ma capacité à traduire tous les langages. Je me demande également si je suis la seule personne au monde dont les veines de la main dessinent la carte d'un métro.

07 août 2012

[RÊVE] LE PLUS BEL AMOUR POSSIBLE


 
C'est la guerre dans un pays d'Europe où nous parlons anglais. Je suis interrogée sur mes notes de terminale et sur la facilité avec laquelle j'ai réussi mon examen de mathématiques sans rien avoir jamais appris. Des juges me questionnent sur ma jeunesse et me reprochent d'être toujours de bonne humeur. Nous sommes une bonne centaine de personnes installées très inconfortablement sur des chaises à bascule autour de l'axe d'un pied que nous devons orienter tant bien que mal en fonction de notre morphologie pour que le siège ovoïde nous soutienne en équilibre à peu près stable, ce qui fait que nous avons la tête en arrière, le regard au plafond. Il m'est difficile de voir à qui je réponds et je n'ose pas redresser la tête de peur de perdre l'équilibre. Tout le monde autour de moi réagit lorsque l'on parle de mon sourire "oui c'est vrai, on l'a toujours vu sourire et c'est agaçant" murmurent-ils tous. Je réplique que tout cela est faux, absolument. Je me tourne vers ma mère qui se trouve un peu plus loin, j'y vois une ennemie qui me rejette en riant. Je suis condamnée à partir rapidement et je dois faire mes bagages. On me donne un vélo en me disant que tout ce que j'emporte doit être caché dans le vélo, que rien ne doit apparaître. J'ai un petit tas de vêtements à côté de moi et quelqu'un que je ne connais pas me rassure en me disant qu'il existe une machine à compacter les vêtements en forme de tube ; cela ressemble à une pompe à vélo : le vêtement entre par un bout (est en quelque sorte aspiré) et ressort tout compacté de l'autre côté de manière à pouvoir être enfoncé facilement dans les tubes de la structure du bicycle ; je suis très étonnée de cette invention. Un temps. Je me retrouve la première arrivée dans une grande salle de gymnastique recouverte de tatamis. Il y a des matelas empilés dans un coin, des couvertures et même des petites tentes individuelles qui s'installent en 2 secondes. Je prends juste une couverture car je n'aime pas dormir sans rien sur moi, la couverture est très épaisse et je m'allonge soulagée. Je me mets à penser aux derniers événements et je pleure parce que je ne comprends rien à ce qui se passe ni pourquoi ma mère s'est moquée de moi. C'est alors que Ros Myers s'agenouille à côté de moi et me prend par les épaules, elle aussi pleure. Je lui demande si elle aussi doit partir (tout cela en anglais bien sûr). Elle me répond qu'elle n'a pas le choix car elle doit mourir dans quelques heures. Je tente de la réconforter en lui disant qu'Adam ne lui survivra pas, qu'il meurt dans quelques épisodes mais je lui rappelle qu'ils ont vécu ensemble le plus bel amour possible. Elle semble rassurée et nous continuons de pleurer dans les bras l'une de l'autre.
 
 
illustration : Rupert Penry-Jones dans le rôle d'Adam de la série Spook