31 décembre 2011

[BLOG] L'idée d'une année neuve



L'idée d'une année neuve et l'envie me prend de m'installer ici, dans un espace vierge comme un cahier d'écolier à la rentrée des classes, avec la promesse de bien faire, de mieux faire, de faire mieux.
 
Je ne sais pas exactement pourquoi je continue d'écrire sur internet, une activité qui paraît aux yeux de certains aussi inutile qu'incompréhensible. Ce n'est bien entendu pas mon avis. Et mon avis compte autant que le reste, dussé-je renoncer à d'autres petites choses pour me permettre de maltraiter ici ma vue et mes doigts, sans parler de mon dos (que j'oublie parfois).
 
Je m'installe ici dans une vieille maison que j'utilisais jusqu'à présent pour bricoler, tenter des essais de programmation en évitant de tester sur mon site "en ligne". J'aime bien l'idée de faire du neuf avec du vieux. Sans être une écolo forcenée, l'idée de recycler le virtuel me convient tout à fait !

06 décembre 2011

[JOURNAL] Retour aux sources

Je ne suis pas partie si loin, juste au niveau du souvenir. Il y a comme une bouée en flottaison sur une surface un peu tiède qui tend sa pointe comme une aiguille : c’est l’heure ou le nord, je ne sais pas lequel des deux me fait signe, je m’avance un peu. Je n’ai pas de peine, juste envie de faire un petit tour, de mesurer à quel point l’espace peut rétrécir ; mon château est une maison de poupée habitée par de minuscules araignées, mon champ de batailles est un tout petit jardin parsemé d’herbes folles ou mortes. Anamorphose de la distance par la durée. Je vivais ici autrefois un monde énigmatique que je pourrais étendre si j’en prenais le temps (et si je le voulais vraiment). J’ai été triste et joyeuse comme une enfant qui se fait peur et trouve malgré tout de quoi se rassurer. J'aime me plonger dans ces souvenirs là. Ma mémoire est un pinceau qui veut noircir le blanc du silence. Je porte en moi des notes accrochées comme une clef à un trousseau qui tintinnabule. Beaucoup de choses m’interpellent, peu doivent me retenir. Je dois alléger mon trait comme le ferait un peintre chinois, Yvoux incarne l'essence de mon enfance.

14 juin 2011

[RÊVE] Magneto Serge

Dans un magasin d'usine. Des sous-vêtements de toutes les couleurs rangés de manière chromatique, ainsi, je peux repérer le portant qui convient, rouge, noir, blanc. Dans le désordre. Je remplis un sac qui n'est pas un panier du magasin, un simple sac comme j'en prends souvent maintenant que les sacs ne sont plus distribués à tout va pour faire des économies écologiques. J'accompagne mon amie C qui est flanquée de nombreux enfants, je ne sais pas combien mais au moins quatre, il y a beaucoup de cris autour d'elle qui pousse un landau, peut-être un landau double, je ne vois plus bien. L'heure de la fermeture approche, les clients commencent à affluer vers les caisses qui en quelques secondes sont blindées. J'aperçois Serge(*), le mari de C, qui me fait signe d'avancer vers la caisse, il vient de payer un plein caddie de fringues et je le rejoins, suivie de loin du landau qui peine à avancer dans la marée humaine. Je passe au-delà de la caisse pour lui demander ce qu'il veut me dire, il me demande de l'aider à remplir la voiture des courses, je lui fais remarquer que je n'ai pas payé les miennes, et désolée, je fais mine de faire demi-tour. Il me retient en expliquant qu'on s'en fout, qu'avec ce qu'il vient de débourser, je peux bien garder mon petit sac de fringues, un soutien-gorge dépasse, je lui dis qu'il y a des anti-vols, il me répond "on va s'en débarrasser avec une paire de ciseaux". Je suis très mal à l'aise, je n'ai pas envie de voler mais il vient à mon secours : soudain surgie de nulle part, une caisse vide attend et Serge s'empare du système de démagnétisation, il se met à enlever les anti-vols qu'il tâte à travers le plastique. Je reste accroupie derrière la caisse pour qu'on ne me voit pas tandis que lui opère tranquillement, personne ne semble le voir et pourtant il mesure un mètre quatre-vingt dix. Nous sortons des lieux, je m'installe dans la voiture, espérant que C. va bientôt arriver avec ses enfants. Je me réveille.

* le prénom a été modifié

30 mai 2011

[JOURNAL] La peine perdue

Haut : Denis Collette
Bas : Magritte La peine perdue

Le fantastique Denis Collette me régale depuis pas mal d'années maintenant par ses photos, son regard de poète m'autorise à présenter ce montage photo-tableau qui un jour peut-être m'inspirera un texte.

22 avril 2011

[JOURNAL] Année 48 (ans)

pas vraiment, disons plutôt l'année où, venant d'avoir mes 47 ans, je me promène sur la corde des 48, histoire de se dire déjà mais comme tout le monde le sait, on a tendance à ne plus compter les fils à partir d'un certain âge, on les emmêle.

Et puis, c'est assez plaisant les anniversaires, ce jour là, j'essaye de ne pas faire de corvées, je me fais inviter au restaurant, je profite sournoisement de la chose, envisage du Champagne sans modération même si je tiendrai ma promesse de bien me tenir.

Tout le monde est présent à ma fête intérieure, tous ceux qui pensent à moi, et ceux à qui je pense même s'ils m'ont peut-être oubliée, qu'importe, le souvenir est plus fort que la raison.



J'ai eu promesse de santé et de bonheur, j'ai reçu de France de nombreux messages, lettres, cadeau-surprise qui m'ont beaucoup touchée (de ma famille, de mes amies, merci Alice, Virginie) et je viens juste de recevoir, alors que le livre n'est sorti que le 20 avril en France, le dernier Ogawa cadeau de la part de ma chère Céline, et d'autres présents sont en route je le sais)


L'année 48 commence bien.

14 avril 2011

[JOURNAL] Café Bistrot

Longtemps j'ai désiré avoir une cafetière à piston*. Je possède la mienne depuis quelques années et honnêtement, je ne m'en lasse pas, en tout cas, je n'ai pas encore cédé à la mode des capsules et autres monstruosités qui empiètent sur les plans de travail de cuisine, toujours trop surchargés à mon goût, pour moi qui aime les places nettes, voire vides.

Je ne sais pas depuis quand date cette envie, mais j'aime cet objet ; j'aime préparer mon café dès que je me lève, y compris au petit matin lorsque l'insomnie me prend et que je vais consacrer quelques heures à la lecture en attendant l'heure du petit-déjeuner. C'est un moment quasi cérémonial que je savoure. Le premier café du matin, le seul de la journée, sauf de rares exceptions.


Depuis quelques temps, je n'arrête pas de remarquer l'apparition de la fameuse cafetière à piston dans les films et séries que je regarde. Pour exemple :

LE JEUNE FABRE
série 1973
POTICHE
film en 2010
THE GHOST WRITER
film en 2010
IL RESTE DU JAMBON
film en 2010


J'aime voir que cet objet en particulier traverse les années sans se démoder.

* (modèle Bistrot)

24 mars 2011

[JOURNAL] Interdit d'emporter des souvenirs

Avant de quitter Paris en août 2010, j'entrepris les mois précédents un petit tour des musées parisiens que je ne connaissais pas encore. Ainsi, je suis allée voir le musée Victor Hugo, celui de la Vie romantique, Cognacq-Jay, le Carnavalet et le Marmottan. Si, pour les quatre premiers, j'ai pu photographier à loisir peintures et objets qui me plaisaient, il me fut interdit de prendre des photos au Marmottan où j'ai eu pourant eu la joie de voir pour la première fois un immense Monet.

Je savais que c'était interdit car il y a un écriteau à l'entrée du musée, mais j'ai tout de même voulu faire une photo de moi devant un tableau de Monet avec mon téléphone portable. Lorsque le vigile m'a aperçue, il m'a demandé de ranger mon appareil. Certes, j'ai tenté de discuter un peu en insistant sur l'aspect "privé" de la photo mais il n'a rien voulu savoir et j'ai obtempéré de peur de me voir éjectée du musée avant que j'en ai fini le tour (9€ l'entrée tout de même)...

Je trouve cela dommage car ma démarche n'était pas de nuire au musée et aux collections, mais plutôt de donner envie d'y aller et même de "faire de la pub" pour l'exposition qui était alors en cours :

FEMMES PEINTRES ET SALONS AU TEMPS DE PROUST
De Madeleine Lemaire à Berthe Morisot

Berthe Morisot

L'exposition était vraiment de toute beauté mais du coup, je n'en ai pas parlé. Il m'est arrivé la même mésaventure lorsque je suis allée voir le musée de la Poupée, photos interdites, et pourtant j'étais la seule "cliente" à ce moment là.

D'une manière générale, j'ai du mal à comprendre pourquoi les musées privés interdisent les photos alors que ceux de la ville de Paris l'autorisent. 

Cette semaine, La lettre d'information de la Tribune de l'Art donne une information intéressante : les musées n'ont pas le droit d'interdir la prise de photos in situ à usage privé. Je l'ignorais alors, mais le problème est de savoir comment réagir lorsque vous êtes pris la main sur l'objectif et priés de ne pas faire de photos. Quelle répartie avoir pour expliquer son droit ? Dans pareil cas, l'esclandre est-elle une solution ? D'un autre côté, j'imagine mal qu'il faille demander une autorisation pour faire des photos à la direction, ce serait ingérable...

Je préfèrerai qu'on laisse les amateurs plus libres d'exprimer leur "coups de coeur".

20 février 2011

[JOURNAL] Des points c'est tout !

Rentrée des classes pour le petit, instants impatients et odeurs de l'été qui chauffe les ombres bienvenues. Je me souviens de ces moments de cahiers neufs, de crayons propres, de bruissement dans les rangs comme des souffles de jeunes pousses. Les enfants ne sont plus au jardin mais l'on récolte encore quelques petites surprises. Je me souviens des bons points que la maîtresse distribuait lorsque nous avions bien travaillé, au bout d'une dizaine on avait une belle image que l'on pouvait garder. Je n'ai plus d'images de ce temps là, en ai-je eu beaucoup ? Je ne sais plus, cela fait trop longtemps pour compter. J'aime bien les bons points mais de nos jours, on ne les distribue plus. Avant de partir, j'ai trouvé dans une boutique parisienne cette adorable boîte de bons points à l'ancienne :


C'est moi qui distribue les bons points au petit s'il le mérite.


et pour les conserver, une toute petite boîte de Ladurée...
Pourvu que ça dure !

08 février 2011

[JOURNAL] Vers ces lieux qui nous motivent

Où que l'on soit, quelques soient nos rêves ou nos envies, nous avons des images vers lesquelles notre coeur nous porte, qui nous rappelle des lieux, des amis, des instants qu'une magie pourrait ramener au temps présent. Remonter les souvenirs au bout d'une corde, avec pour seul horizon le moment magique, surprenant, et impossible. Des endroits ouverts qui n'ont pour clef que notre conscience, en parler comme d'un mot de passe qui ne doit pas être secret, passer de l'autre côté des frontières. Il fait bon aller vers ces lieux qui nous motivent.

28 janvier 2011

[PATRIMOINE] Henri IV sans poule mais avec du pot

ou le sauvetage d'un monument datant du XVIIème


(clic sur les images les agrandir)

photo personnelle - février 2009

Paris, premier arrondissement. Ile de la cité. Nous pouvons apercevoir - admirer - la statue équestre de Henri IV située un peu en retrait du Pont-Neuf et qui semble cavaler en partant du square du Vert Galant. Cette statue n'est pourtant pas d'origine. Petite histoire en images.

1614 : construction de la statue selon Giambologna et Pietro Tacca

dessin représentant la statue
L'inauguration eu lieu le 23 août 1614

La statue apparaît sur un plan de Merian

époque Louis XV : le terre-plein et la statue

autour de 1751 : la statue est représentée par Raguenet

une autre représentation par Raguenet

1792 : gravue représentant l'enrôlement des volontaires
** c'est à cette date que la statue est démontée et fondue **
1792 peinture de Léon Cogniet

1814 : cortège de Louis XVIII
une statue est visible : une version en plâtre remplace la statue disparue

1818 : une nouvelle statue est installée (sculpteur François Lemot) sur commande de Louis XVIII

gravure (date non précisée) : passage du cortège royal

1830 : révolution de juillet

1872 : le pont Neuf peint par Renoir (la statue est à droite)
le pont neuf (la statue est à gauche) au début du XXème siècle

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1992.

24 janvier 2011

[JOURNAL] Pour partir ailleurs

Il y a 20 ans je suis allée 3 jours en Tunisie essentiellement dans le cadre d'un travail. J'y pense puisque "tout le monde en parle" et que les derniers évènements passés et à venir sont largement commentés. J'ai tout de même visité un village avec des maisons troglodytiques étonnantes et mon activité touristique s'est arrêtée là. J'ai le souvenir d'une chaleur étouffante, de gens souriants mais plutôt pauvres. Je ne me suis pas sentie très à l'aise car bien que n'étant pas riche (je le suis un peu plus aujourd'hui), il me semblait que pour ces gens je l'étais et je n'aime pas les fausses apparences. Je n'y suis jamais retournée, surtout pas pour mes vacances. Lorsque mon amie me demandait pourquoi je ne voulais pas y aller, je lui répondais que je n'avais nul besoin d'aller me prélasser dans un pays où les gens étaient malheureux et exposer ma soi-disant richesse pour enrichir je ne sais quelle agence ou club. Aller si loin même à bas coût pour rester dans un club sur une chaise longue et "faire la fête" ? Non merci, je préfère me promener et aller à la rencontre de...

Et pourtant Dieu - s'il existe- sait à quel point j'aime la mer, le bruit des vagues et tout ce qui y ressemble. Mais pour partir ailleurs, j'ai toujours privilégié la proximité d'abord, un peu à l'image du comportement de mes parents. Je ne connais pas encore toutes les régions de France, loin s'en faut, et je mourrai certainement sans en connaître les trois quarts. De plus, l'idée de me rendre dans un pays qui risque à tout moment de péter un boulard ne me branche pas plus que cela. En guise de mer, même si la chaleur et le soleil sont rarement au rendez-vous, je vais en Bretagne. C'est beaucoup moins exotique mais avec cette destination, je fais d'une pierre deux coups : je pars me reposer et je visite la famille. Je suis peut-être d'une génération où les liens avec les vivants sont encore plus importants que de jouer les voyageurs qui rentreront tout bronzés (qu'est-ce que cela peut me faire de bronzer je vous le demande ?).

Je ne dis pas que je n'aime pas aller à l'étranger, je trouve cela au contraire très enrichissant au point de vue culturel : j'aime voir les "vieilles pierres", manger différemment, voir des paysages comme ceux que l'on imagine au travers de photos qui semblent toujours si parfaites avec leur air de dire : "arrête-toi et regarde ici". Par exemple j'aimerais visiter l'Italie, l'Angleterre, la Suède ou la Norvège -ou bien les deux-, et même l'Amérique, le Canada. Simplement, l'occasion ne s'est pas encore présentée. Peut-être toujours la petite voix qui dit "tu as le temps de voir", ou encore cette autre voix qui dit "on n'a pas les moyens" de ses envies. Car pas question d'aller s'endetter ou de se priver de manger correctement pour partir en vacances, encore une fois, je ne suis pas de cette génération -ou éducation- là.


Puisque je suis aujourd'hui à l'autre bout du monde, j'avoue que j'ai prévu de profiter de cette situation pour visiter les pays voisins : des voyages sont envisagés pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Et, pour achever le périple des antipodes, je m'arrêterai quelques semaines au Japon qui se trouve sur le chemin du retour.

De quoi remplir ma besace de tout ce que je pourrai y mettre. 

23 janvier 2011

[JOURNAL] Autre lieu autre temps

Il se peut que depuis mon départ en Nouvelle-Calédonie, ma vie soit guidée par d'autres intérêts désormais, je ne crois plus aux choses de la même manière, ni à la même vitesse. Certaines anciennes occupations se sont ralenties tandis que d'autres ont pris place. Cuisine, penser, ne rien faire, faire le ménage, s'interroger, ne rien faire, faire les courses, écrire de vrais courriers qui me coûtent un peu car parfois, je ne maîtrise plus ma main - quelque chose doit être déréglé - des courriers pourtant encore trop rares pour ceux qui les reçoivent à ce qu'ils me disent, et pourtant ! s'ils savaient à quel point je lutte pour avoir une écriture à peu près convenable et lisible comme je l'ai toujours désiré !

Je passe désormais un temps énorme à glaner ici et là quelques informations de nature à combler mes besoins (photos, peintures, le tout enveloppé si possible dans un charmant papier) et la plupart du temps je ne trouve que des choses formidables, ainsi je suis toujours poussée et jamais repoussée de mon penchant pour la création, quelle qu'elle soit. Comme je ne travaille pas, enfin pas au sens habituel car tenir une maison n'est pas une sinécure, je n'ai pas d'horaires : c'est une véritable révolution dans ma vie puisque j'ai toujours été soumise à l'heure d'un bus, d'un train, au point de ne pas avoir le temps de prendre une petite collation avant de quitter la maison. Parfois je passe la matinée à regarder un film, je visionne d'anciens feuilletons sur internet en streaming, j'aime ses moments où j'ai l'impression de n'avoir que moi à penser, à m'occuper, je redeviens un peu le centre de mes préoccupations.

Parfois je retourne en pensées dans mon ancienne vie, mais je ne vois que les jours de vacances, quand j'arpentais les villes aimées pour en gratter toutes les couches possibles, le visible et la fantaisie et ramener toutes les particules élémentaires que je pouvais alors façonner à mon idée et à mon souvenir, en faire des petits totem sans craindre qu'on ne me les vole.

Maintenant que j'ai à peu près fait le tour de mes envies, je sais qu'il me faut entreprendre quelque chose qui me tiendra éveillée sinon je crains de m'enliser dans une pâte informe et sans couleur. J'ai besoin de trouver une porte, une fenêtre qui m'aspire vers une autre forme de liberté.