Ce matin, Brigitte du blog "Paumée", que je connais depuis 2005 (un bail en effet), écrit "j’ai tenté de me faire âme joyeuse sans grand résultat" et j'ai reçu comme un chuchotement au fond de moi.
A cette époque (début des années 2000), nous étions un petit groupe à se fréquenter virtuellement, par blog et zone de commentaire en guise de portail temporel et géographique : le large réseau mondial (world wide web) nous ouvrait à une nouvelle forme d'échanges, plutôt positifs contrairement à aujourd'hui où je constate que le mal gangrène tout.
Les commentaires sous les publications sont anormalement vicieuses comme par exemple de simples recettes partagées avec joie qui engendrent des avis acerbes et sentencieux :
tu devrais faire ça, c'est pas la vraie recette, moi je fais ci, moi je fais ça, tu es moche, etc...
au lieu de remerciements simples.
Cette société souterraine du monde physique n'éprouve pas la honte et il me semble même que ce giclement de fiel la galvanise. Triste. Épouvantable.
Que dire de tout ce qui se rapporte à la société, aux aides sociales, à la défense du pays ? Des avis tranchés et faussés nourris par le manque d'informations justes ; le pire pour moi c'est de constater que ceux qui se disent "sociaux" n'en ont pas un atome sur eux. Ceux qui défendent la liberté veulent l'interdire à d'autres.
Je partage quelques fois sur mon compte Instagram des photos du quotidien : visites du patrimoine, expo, lectures, rien de bien transcendant bien entendu, et malgré une centaine de followers, je ne récolte qu'une dizaine de ♥ au grand maximum ce qui est peu au regard du temps que je vais prendre pour sélectionner les photos, écrire une légende et donner des informations complémentaires qui me semblent utiles.
Inversement, lorsque je laisse parfois un commentaire rapide sous une publication tierce qui m'interroge, me touche, je récolte en quelques jours des milliers de ♥ : je ne comprends rien à ce monde souterrain nourri de superficialité.
Alors, pour revenir à ce qui rend l'âme joyeuse c'est l'échange quotidien avec ma sœur de coeur, une confidente, une amie, sans qui la vie serait beaucoup moins supportable dans cette société qui perd les repères qui nous autrefois nous guidaient vers un bonheur possible auquel j'ai cessé de croire.
illustration : Thomas Ehretsmann




