Désaccord parfait (2006)

Réalisateur : Antoine de Caunes
Genre : comédie
Année : 2006



Deux anciens amants - lui : Louis Ruinard (Jean Rochefort), elle : Alice d'Abanville (Charlotte Rampling) - se retrouvent 30 ans après leur idylle brusquement interrompue. Que reste t'il de leur amour ? Je vais vous le dire.

Le film se passe à Londres, les dialogues anglais quand il y en a (un tiers me semble t'il) sont sous-titrés. Louis Ruinard, réalisateur français sur le point de tourner un film et présent avec toute son équipe en Angleterre, va se voir remettre un prix lors de la cérémonie des BATAR par son ancienne muse et grand amour de sa vie, Alice d'Abanville, devenue actrice de théâtre. D'abord décontenancé par l'idée de revoir celle qui l'a quitté sans explication, il se met à espérer. De son côté elle ne se réjouit pas de cette rencontre obligée, mais "the show must go on" et elle accepte de le revoir. S'ensuivent des moments d'échanges verbaux des plus jubilatoires avec ce mélange d'ingénuité (pour lui) et d'humour british et caustique (pour elle) :
  • Lui : tu n'as pas changé !
  • elle : j'aimerai te retourner le compliment !
Lui voudrait bien renouer et comprendre pourquoi elle est partie. Elle refuse de regarder en arrière et se garde bien de se mettre en état d'éprouver à nouveaux de tendres sentiments. Pourquoi ? Ne lisez pas la suite si vous n'aimez pas savoir la fin des films. Alice s'est mariée avec un lord Anglais Evelyn Gaylord (Ian Richardson), qui est gay
  • Lui : je sais qu'il est gay (ils se sont croisés dans une boite de nuit pour hommes)
  • ...
  • Oui ! Je sais que Lord Gaylord est gay !
mais elle a un fils Paul (James Thiérrée). Tout est parfait dans sa vie : une belle maison, de beaux vêtements, un travail passionnant (elle répète la pièce "Titus Andronicus" de William Shakespeare), et s'amuse de temps à autre avec de jeunes éphèbes (dixit Louis Ruinard).

Après avoir simulé un malaise, et obligé de faire un check-up qui finit par l'alarmer, Louis (70 ans) se voit déjà dans la tombe et désire par dessus tout affronter les vérités qui s'insinuent en lui ! Paul est-il son fils ? Alice l'aime t'elle encore ?

Oui aux deux questions posées. L'occasion pour nous de découvrir l'émotion avec laquelle il approche son grand garçon de 30 ans. Comment Charlotte Rampling (60 ans) finit par céder à l'appel du souvenir et découvre (pudiquement, cela va sans dire !) son corps nu. Ah ! Je ris encore de la scène où Louis sort (enfin) de la salle de bain tout émoustillé et enroulé de... (chut, non ça je ne le dis pas !).

Désaccord parfait est, vous l'aurez compris, une comédie attendrissante où les deux acteurs principaux sont vraiment en forme dans leur force d'âge. Et s'ils ont pris du plaisir à jouer, j'ai pris du plaisir à les retrouver.

Addendum : j'ai envie d'ajouter une mention particulière pour Charles Dance (qui joue le rôle du maître de cérémonie des BATAR), un acteur que j'aime beaucoup et que j'avais adoré dans "Le joyau de la couronne", un feuilleton tiré des romans de Paul Scott faisant Le Quatuor indien (Le joyau de la couronne, Le Jour du scorpion, Les Tours du silence, Le Partage du butin).

Space Cowboys (2000)


Réalisateur : Clint Eastwood
Genre : comédie dramatique
Année : 2000


Vu et revu en DVD !

L'histoire
Un satellite russe ne répond plus aux commandes et menace de s'écraser sur Terre. Parce qu'il est trop lourd pour être rapporté avec la navette, la NASA contacte le concepteur Franck (Clint Easwood) du système de communication défectueux afin qu'il explique à de jeunes astronautes comment effectuer la réparation. Ce dernier finit par accepter d'intervenir, mais impose à la NASA de se rendre lui même dans l'espace, accompagné de ses anciens équipiers (Tomy Lee Jones, James Garner et Donald Sutherland). Nos sexagénaires y découvrent les terribles conséquences si leur mission venait à échouer car le satellite est muni de charges nucléaires. Bien entendu, ce sera un succès, grâce au sacrifice de l'un d'entre eux.

Quelques phrases notées à la volée :
- "Tu as remarqué que tout le monde est mort depuis quelques temps" ?

- "Et maintenant je vais aller dans ma chambre pour pleurer" (après la séance des haltères)

- "C'est vrai que ça enlève bien les rides" (séquence du simulateur)

-"Lequel des deux emmèneriez-vous à la maison ce soir" ? (Tomy Lee Jones et Clint Eastwood posent la question à une serveuse de bar)
-"Vous voulez dire à la maison ? A la maison de retraite oui ! (réponse de la serveuse)
Jubilatoire est l'adjectif qui me vient à l'esprit quand je parle de ce film. Passons sur la probabilité d'envoyer une équipe de papies en orbite, le reste du film suffit à me distraire. Véritable bouée de secours pour les soirs où j'ai envie d'un film avec rires et émotions. Et comme vous le savez déjà, je suis très émotive !


  • Signalons que le rôle de Franck jeune est joué par Toby Stephens 

la fine équipe apprend qu'un singe ira dans l'espace à leur place !

[Tourisme] Les étangs de Saclay






Le plateau de Saclay était alors une vaste étendue marécageuse. Au XVIIème siècle, la construction du Château de Versailles modifia cette terre. Comment ?

L'ingénieur Gobert, intendant des bâtiments du Roi Louis XIV, eut l'idée de recueillir les eaux de pluie tombant sur le plateau de "Saclé" d'altitude plus élevée que celle de Versailles, pour alimenter les bassins de son château. L'eau qui devait être recueillie sur les 6000 hectares du plateau serait amenée jusqu'à Versailles par des aqueducs.

En 1680, une digue avec chaussée de 780 mètres fut créée dans la plaine entre "Saclé et Villeras" et l'eau put arriver à Versailles par les aqueducs de Villedomble, du Plessis et de Buc (encore visible). Vauban (qui succéda à Gobert en 1684) fit construire l'étang de Villiers qui fut réuni à l'Etang de Saclé par l'aqueduc "des mineurs". C'est aussi à cette époque que l'on creusa un deuxième étang (à l'est de la digue), appelé aussi l'Etang neuf. Le roi fit construire un pavillon et, sur la digue, un rendez-vous de chasse.

Aujourd'hui, les étangs de Saclay, appartiennent au Ministère de la Défense Nationale. L'Etang Vieux est classé réserve ornithologique. Ce lieu de refuge abrite de nombreuses espèces d'oiseaux (au cours des 10 dernières années 224 espèces ont été aperçues sur les 328 existant en France). Ces oiseaux peuvent être visibles de la digue qui sépare les deux étangs.

Photos personnelles, source des informations trouvées ici.

Poltergay (2006)

Réalisateur : Eric Lavaine
Genre : comédie
Année : 2006

Marc (Clovis Cornillac) et Emma (Julie Depardieu) sont les nouveaux propriétaires d'une grande maison en pleine campagne, restée inhabitée depuis trente ans (au vu de la tapisserie, c'est indéniable !). Par ailleurs, ils ignorent que la cave de la maison a abrité une boîte de nuit gay (l'Ambigu) jusqu'à ce qu'un court-circuit mette fin à l'aventure. Parmi les victimes de l'hécatombe, cinq corps n'ont jamais été retrouvés et leur fantôme est prisonnier de la demeure.
Ces fantômes, seul Marc les voit ce qui donne des scènes de quiproquo hilarantes mais provoque le départ d'Emma, après que son père (Christian Pereira), pris pour un fantôme, se soit fait tabasser. Pour se débarrasser des cinq indésirables qui lui pourrissent la vie, Marc fait appel à un médium exorciste accro au Mac Do, l'inquiétant De Sorgue (Michel Duchaussoy).
Drôlissime à souhait, son arrivée lugubre, un sac en papier rempli de Nuggets est une scène d'anthologie. Je ris encore de son addiction aussi maladive qu'inattendue. Touchés par l'anéantissement de Marc qui se croit devenir fou, les fantômes vont l'aider à reconquérir sa belle. Par ailleurs, de Sorgue lui apprend que seuls les vierges de rapports "homo" peuvent les voir, c'est pourquoi eux-mêmes, le beau-père sont capables de les voir, mais pas sa femme... Il découvre également que les fantômes sont prisonniers de la maison, bâtie sur les ruines d'un édifice ayant abrité des Templiers, et sont obligés de vivre dans cette zone spatio-temporelle jusqu'à ce qu'une ouverture se fasse. D'après ses calculs, le passage s'ouvrira dans...700 ans.
En attendant, il va falloir s'occuper !

Sans être la comédie de l'année, j'avoue avoir bien ri, plus que pour les "Bronzés 3" ou même "Camping". Bon, j'avoue avoir un gros faible pour Clovis Cornillac, c'est un très bon acteur. Je l'avais trouvé génial dans "Au suivant" avec Alexandra Lamy (la Chouchou de Loulou -> Un gars, une fille pour les non initiés). Il est vraiment incroyable, et sans être mon genre, je lui trouve énormément de charme (et il a un beau corps musclé !). Bref, j'ai passé une très bonne soirée ; cependant, sans être prude, je n'y aurais certes pas emmené un gosse d'une dizaine d'année, comme mon voisin de siège l'a fait... Non mais franchement, le gamin a pas dû tout comprendre des réparties quand même assez explicites, drôles mais osées.
Mais je dois être "vieux jeu".
Ah ! Et je n'oublie pas parler des tubes de la bande-son, qui, à l'instar des fantômes, n'ont pas pris une ride : Boney M et Raspoutine, les rivières de Babylone...continuent à couler de source sûre sur les dancing floor.

Prête-moi ta main (2006)

Réalisateur : Eric Lartigau
Genre : comédie
Année : 2006

Luis, 43 ans, (Alain Chabat) a la vie facile, entouré de sa mère Geneviève (Bernadette Lafont) et ses cinq soeurs qui s'occupent à sa place des tâches domestiques. Un jour, elles décident de le caser, lui organisant des rendez-vous. Bien entendu, Luis, surnommé "Pipou" n'a aucune envie de se marier. Il a l'idée saugrenue de louer les services d'une vrai-fausse femme qui, le jour de leur mariage, déclarera forfait. Il finit par conclure un contrat avec Emma (Charlotte Gainsbourg), la soeur de son ami Pierre-Yves (Grégoire Oestermann).

Tout se passe comme prévu, après des préparatifs grandioses, l'heureuse élue n'apparaît pas le jour du mariage et Genevièvre en fait une attaque. Luis doit revoir son "contrat" avec Emma pour la faire revenir, mais cette fois, elle devra se comporter de manière odieuse afin d'être bannie de la famille. De son côté, Emma se débat avec les services de la DDASS pour adopter un petit brésilien. Les intérêts de l'un et de l'autre se rejoignent sur un plan différent de celui des sentiments, encore que... tout arrive !

Des moments hilarants, des répliques Nullissimes ! Le look de Chabat dans le passé (mon passé aussi en quelque sorte !) façon Cure ou Abba (l'occasion pour moi de reconnaître dès les premières notes, une des rythmiques les plus connues du groupe suédois dont je fus une grande fan) est trop drôle. Enfin, et c'est là où la magie du cinéma opère, on oublie que Charlotte est la fille de Serge, qu'Alain est un Nul : on croit à leur couple improbable, car c'est souvent dans l'inattendu que l'amour surgit.

Cronos (1993)

Réalisateur : Guillermo del Toro
Genre : épouvante
Année : 1993

Le film mexicain "Cronos" est un film d'horreur. Soit. Je dirais plutôt un film fascinant. Le thème en est le rêve de tout homme (paraît-il) : l'immortalité.

L'inventeur du Cronos, sorte d'insecte-bijou en or est un alchimiste du XIVème siècle qui, non content d'avoir inventé la machine laisse les instructions d'usage. La posologie en quelque sorte... Dans les années 1940, au terme de quelques siècles d'existence, qui, si l'on en croit ce qu'il cache dans son appartement, n'était pas d'un grand enchantement, il finit par mourir (accidentellement). Son Cronos est alors perdu de vue et réapparaît en 1997 dans la boutique d'un grand-père antiquaire : Jesus Gris (Federico Luppi), rien que le nom m'a amusée ! Lorsqu'il découvre le Cronos dissimulé dans une statue d'ange, l'objet s'ouvre alors et plante ses griffes de métal dans sa main. Le cycle commence. Le cycle monstrueux.

Jesus Gris s'arrache l'objet mais, tourmenté par sa blessure, il finit par céder à la tentation et se l'applique de nouveau. Mais quel est le pouvoir de cet objet infernal ? Dans un plan séquence de microscopie, on peut découvrir un insecte enchâssé dans le mécanisme du Cronos, aux rouages minutieux qui rembobinent la douleur, qui absorbe le sang de l'individu auquel il s'accroche. Diabolique dialyse.

Dieter de la Guardia (Claudio Brook) connaît l'origine du Cronos et sa puissance car il détient le manuel et désire l'objet à tout prix. C'est un homme riche mais impotent, qui survit dans un appartement semblable à une chambre froide. Il se sert de son neveu Angel (Ron Perlman) comme d'un bras armé à tout faire, y compris le pire. C'est l'ange de la mort. Jesus Gris ne veut pas se séparer du Cronos, il ignore qu'il est déjà en son emprise. Le prix à payer est le sang humain. Angel finit par se débarrasser de l'antiquaire, le laisse pour mort. Les funérailles sont organisées. Bien sûr, le "mort" ressort de sa tombe et se tourne vers son seul "messie", sa petite-fille Aurora (Tamara Shanath) qui l'adore.

Grâce à elle et au Cronos qu'elle a conservé, Jesus peut reprendre des forces mais il comprend aussi qu'il s'est transformé. Sa peau ressemble à une croûte, il est devenu sensible à la lumière. Tel un vampire, il dort dans un coffre le jour et ne sort que la nuit. Son but : en finir avec les "de la Guardia". Il y parviendra. La fin est mystérieuse. Il rentre chez lui. Mercedes (Margarita Isabel), sa femme l'accueille (prévenue de sa "transformation" par une émouvante lettre). Il s'allonge, les deux femmes qui l'aiment et croient en lui, le veille. Jusqu'à quand ?