Chronique des temps perdus
Dans ma maison vous viendrez d'ailleurs ce n'est pas ma maison je ne sais pas à qui elle est
je suis entrée comme ça un jour il n'y avait personne (Prévert)

14 novembre 2009

Ma semaine de bonté

...encore un autre truc à Wic !


Pour retrouver l'ensemble de mes bons jours dans une page spéciale, merci de cliquer sur ce lien :

http://lecabinetsingulier.blogspot.com/

L'inconnu

Septième jour



photo Wictoria

Suppose que je rêve dans une bulle. Je ne connais ni obscurité, ni pesanteur, je navigue dans cette poche comme le ferait un oiseau gourmand, picorant les miettes amassées pour se rassasier et pouvoir repartir vers le salut de l'espèce. Je pourrais être ce voyageur qui ne sait plus le numéro du jour, et qui ne compte qu'avec les lunes comme le font les loups et les fous. Je serais ce nomade qui sait puiser ce qu'il faut pour ne pas mourir dans son âme au coeur de tout ce qui passe à proximité. Je serai tout cela si j'osais rire de moi. Mais je suis la plombée, l'enracinée depuis tant de mondes superposés. J'épuise depuis mille racines cette terre où il faisait bon vivre mais dont le ventre n'a plus rien pour me sustenter. Ce qui grouille ici ressemble aux cendres qui murmurent leur ancienne vie en se déguisant en personnages de bois, figurines de théâtre qui pourraient enchanter ou terrifier, ou tomber dans l'oubli. Alors il me reste à rêver le ciel, à tendre tout ce que je peux comme un épouvantail distendu dans le champ dévasté de ma vie, mes cheveux retombant en cascade sèche où nichent tendrement les oiseaux orphelins, mes ongles longs comme des petites vagues au bout de moi. Je suis la seule mer à l'horizon, une mer intérieure, rouge peut-être, je ne peux pas le savoir.


© Wictoria, île de Batz 2008

La vue

Sixième jour



photo personnelle

Quelque chose commence au niveau de l'oeil, est entré dans ma conscience et s'est insinué aussi rapidement qu'un battement de cil. Je ne peux empêcher cette invasion que j'observe, les yeux grands ouverts comme écartés par des câbles d'acier. Quelque chose me traîne sans trop de difficulté vers un lieu que j’espère, qui sera une sorte d'asile où je serai libre de ma folie, où je ferai moi aussi un trait pour chaque rire que je pourrais entendre. Je pourrai alors te dire merci. Merci d'avoir marché sur la mer ou d'avoir fait semblant. D'avoir trempé le pied dans la vague qui a surgit comme l'ombre d'un oiseau fou venue me tourmenter sans que je sache quoi faire. De m'avoir tenu la tête hors de l'eau, de m'avoir laissé voir sur ton visage gribouillé les ombres dessinées comme des écumes frôlant ton navire corsaire de bois précieux. Tu n'as pas craint de moi mon apparence de marionnette, agitée mais sans personne à l'intérieur ni aucun esprit malfaisant.


© Wictoria

Le noir

Cinquième jour


photo DEBORAH TURBEVILLE

Fermer les yeux car la nuit tire encore ses jets de sable et les sons que je perçois ressemblent à une colonie de grillons sous acide. Cela me rend morose. Je voudrais n'entendre que le vent dans les herbes, sentir la terre mouillée, et deviner les pattes qui avancent sur ma peau. Car voici venir les bêtes, même si je ne suis pas encore prête, je vais suivre leur mouvement. Elles viennent pour moi et ne me demanderont rien. Tout se fera alors comme prévu. Comme dans les rêves maintes fois recommencés. Dans le noir, je quitterai ce corridor dans lequel je me suis installée de tout mon long, ne faisant qu’aller et venir dans un mouvement perpétuel d’horloge anormale. Les mains griffues qui me massaient le cuir chevelu lors de mes insomnies prendront mes doigts ankylosés par une trop grande émotion, une sorte d'amour ou de peur, je n'ai jamais su définir cette ambiguïté.


crédit photo © Deborah Turbeville

La guerre est finie

dans mon biblioblog



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Chroniques par mois

Catalogue

quelques unes des catégories que l'on trouve dans cette chronique
  • annonce : publicité, réclame, découvertes, trucs à dire, pêle-mêle...tout ça pour ça
  • des livres : mes lectures et mes pensées autour
  • ego : quand j'écris un peu sur moi
  • enfance : ce que m'inspirent, me disent mes enfants, des mots magiques expulsés, amusants ou émouvants
  • fiction : quelques errements en vigueur pour le fun
  • film : au cinéma, ou films chez moi (séries comprises)
  • gourmandises : ça se boit, ça se mange, c'est beau ou bon
  • occurence parisienne : mes déambulations dans Paris, photos ou pensées
  • pensée du jour ou de la nuit : rémanences et autres frivolités
  • réminiscence : ressouvenir d'un autre temps

Cette page est celle d'un journal intime à ciel ouvert, un JIACO, jolie formule trouvée par Holly. Les illustrations sont les miennes sauf précision dans les billets concernés ; mes textes et photos sont réutilisables sous réserve d'indiquer que vous n'en êtes pas l'auteur en mentionnant le copyright expliqué sur ce lien ; dans le doute contactez moi directement. J'ai réalisé la bannière à partir d'une illustration de Steeringfornorth avec son aimable autorisation. Les autres blogs de mon univers sont expliqués sur cette page.
Wictoria 2004-2009