23 août 2015

Mon salon de lecture bouge

Un billet tout spécialement pour mon amie M-P. 



Chaque jour je quitte mon domicile en direction de mon arrêt de bus, puis direction la gare où je m’installe assez confortablement dans un wagon silencieux, la revanche des lève-tôt banlieusards qui habitent en “tête de ligne” donc loin de Paris. Plus de 30 minutes de trajets que je transforme en un temps béni, celui de la lecture. Mon salon de lecture bouge et je ne vois pas le temps passer, même si je surveille d’un coin de l’œil habitué la station où je dois m’arrêter. Je ne compte pas le nombre de pages, je m’autorise parfois de gros livres parce que l’envie d’un pavé l’emporte sur la raison et tant pis si mon sac à main, je devrais dire mon cabas à épaule, s’en trouve alourdi. J’ouvre mon livre toujours avec la satisfaction d’un enfant récompensé. Le soir, après ma journée, je lis plus rarement, empêchée par une somnolence envahissante et irrépressible, ou alors des conversations voisines bien trop bruyantes et parfois impolies, hélas.
Retrouver toutes mes notes de lecture rédigées au fur et à mesure sur mon blog de lecture

film dont vous êtes le héros

Je suis le héros d'un film. Tourné en noir et blanc, le film n'a pas de véritable secret, c'est un livre ouvert, un drap tendu derrière lequel mon ombre s'agite, ma voix déguste de sombres paroles et mes yeux lancent des nuages qui tournent en orage. Les vieux savent toujours quand la pluie s'annonce et courent se mettre à l'abri, s'ils le veulent, ou bien restent à attendre comme le font les enfants de la mousson, tout heureux de cette cascade imprévue. Je suis l'épouvantail dans une plaine interdite, je suis l'ange qui surveille la bibliothèque, complice des refuges des uns avec les autres. Je suis cet arlequin trempé. 
Illustration : “Bajazzo im regen” - Edgar Ende

12 juin 2015

Je ne suis plus présente que par les cœurs sur ton mur que j’efface

Je ne suis plus présente que par les cœurs sur ton mur que j’efface. J’ai envie du vide, du blanc virginal d’un sentier neigeux inexploré, du noir incompressible à proximité de ton corps qui attire toute vitesse et me gèle. Je ne suis plus présente que par les touches invisibles que j’effleure de loin et que tu ne peux sentir que comme une ancienne musique familière, peut-être imagines-tu tout cela dans ta tête et je ne peux pas tourner cette page qui nous désaccorde. Je ne suis plus présente que par les archives que tu gardes, les listes enjouées de nos rendez-vous annuels qui te ravissaient lorsque je les énumérais de mémoire. Mon amour détaché t’impressionnait autrefois mais tu n’as jamais pris ma main sous la table, ni déposé tes lèvres dans mon cou. Je ne t’ai jamais suivi dans ta chambre noire et pourtant je m’y serai révélée.

04 avril 2015

Aussi grosse que ma main

Dans le parking en deuxième sous-sol, toujours à cette place que je repère et où je gare ma voiture sans crainte de la retrouver coincée à côté d’une autre mal garée, ma hantise. Soudain ma fille aperçoit une grosse araignée, qui semble calme, sans doute endormie, bien noire sur le mur pâle du parking. Quelques heures plus tard, nous la retrouvons au même endroit, insensible à notre passage, à nos discours sur son alimentation probable, j’approche ma main, histoire de vérifier si la belle endormie va courir à la rencontre de ma paume, dans cette éventualité, il est évident que j’aurais poussé un ou deux cris d’horreur. Mais madame Araneae fait la morte. A moins qu’elle ne joue à un jeu semblable à notre “1 - 2 - 3 - soleil”. Elle a gagné.

28 février 2015

Le rêve du sac à main

Je rêve d'un magasin imaginaire où je fais les soldes. Il reste peu de vêtements sur les portants mais ils sont tous d'une marque de luxe, de celles que je n'achète jamais. Je n'ai besoin de rien mais je me dis dès l'entrée que je dois prendre quelque chose, une veste, un pull, ou une écharpe. Sur une étagère il y a plusieurs piles d'un vêtement rose très vif. Je déplie le premier à ma portée, c'est un minuscule body de nourrisson, pas à ma taille je le repose. Je repère un sac à main, immense et d'une couleur assez impossible à décrire. Je me dis que cela ne m'étonne pas qu'il n'ait pas encore été vendu car le prix affiché est à 1000 €. Une vendeuse s'approche et me chuchote qu'elle me l'offre. Je suis confuse car maintenant, je n'ose pas le reposer en argumentant qu'il ne me plait pas. Je sors de la boutique avec un sac en patchwork mi cuir mi peau de bête, tout ce que je déteste. Je ne vois pas du tout pour quelle occasion je vais pouvoir le porter et je me réveille en sueur.

03 janvier 2015

Je ne vais te mentir

Je ne vais te mentir. Paris est ta ville, notre ville, et tout ici me parle de toi. Ton regard à la recherche d'une âme lointaine t'éloigne de moi comme un instant que nous ne pourrons plus avoir. Peut-être aurions-nous pu nous croiser en ce monde désolé où l'impatience est impuissante, où l'apparence est trop importante. Peut-être aurions-nous pu nous asseoir côte à côte sur des bancs imprévus, désigner les escaliers comme abordables et boire à la même coupe des champs Elysées. Je ne vais pas te mentir mais je ne sais comment te dire que je veux que tu te retournes, et que tu marches vers moi.

20 décembre 2014

'BRON' une série sur le fil du rasoir

2014 aura été l'année de la série, je peux le dire, mais nulle n'égale Bron (le pont), qui met en scène le duo de policiers formé par Martin, le danois et Saga, la suédoise.
Les deux pays sont forcés d'unir leurs forces de police pour enquêter de part et d'autre du "pont" : l'Øresund pour venir à bout des pires affaires criminelles.

Une magnifique deuxième saison où l'on retrouve nos héros, encore plus soudés (sans qu'ils forment un couple pour autant).
J'attends impatiemment la saison 3 en souhaitant que le public français puisse découvrir cette série mais cela m'étonnerait car la traduire en français va faire perdre pas mal de jeux de mots et d'humour car il y a beaucoup de scènes autour des accents et des différences entre les danois et les suédois, il faudra faire un gros travail d'adaptation !