[Tourisme] Une journée à Trouville et Deauville

TROUVILLE

La plage retire
ses regards comme des lacs
et je respire

Immense cité
de celui qui convole
dans la liberté

Matinée froide
je passe en étrangère
brève promenade


Vite patron court
tourner la pâte au froment
régale mon palais


Comme à la maison
ambiance de campagne
à deux pas de l'eau

Aux péris en mer
garde les lourds souvenirs
l'écume des jours


DEAUVILLE
Imper et passe
à l'angle du casino
mythiques folies

Hotel Normandy
vu depuis le littoral
côté de la place

Villa en ville
imposante et superbe

autre colombage

J'aime bien le chat
les oiseaux qui s'ébattent
pour l'éternité

Avant le retour
pause-goûter chez Mioque
femmes affairées


Paroles - Jacques PRÉVERT

De deux choses lunel'autre c'est le soleil
Ces phrases lues depuis tant d'années m'ont fait l'effet d'un séisme intérieur, comme un voile se déchire avec soulagement et libère dans un soudain sursaut une vie qui ne demandait qu'à être sauvée. Lisez ce recueil indispensable et à chaque ouverture les pages vous offriront le charme, le rythme, le graphisme des mots qui sont toujours vrais. Mon poème préféré, s'il fallait en choisir un c'est BARBARA. Je ne peux le lire sans en avoir des frissons. Et pourtant je le relis toujours.

Barbara
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.