[Tourisme] De la Tour Eiffel à Grenelle

Hier, une belle journée ensoleillée sur Paris...

Après une longue journée de séminaire, je sors prendre l'air vers la Seine
(ci-dessus : le pont d'Iéna)


me dirigeant vers l'aval, je passe le pont de Bir-Hakeim


Douce image le long du quai de Grennelle, qui, malgré une fin d'après midi des plus agréables était pratiquement désert.



Le long du quai, ce très beau monument en mémoire de tous les déportés, créé par Walter Spitzer. Je l'ai photographié de biais à cause du Soleil en face.

Pour en savoir plus, lire cette page.



Un peu plus loin le long de la Seine, avant d'arriver au pont de Grenelle, je m'approche des mouettes qui se réchauffent au Soleil !



Le pont de Grenelle, au bout duquel est érigée la réplique de la statue de la Liberté, oeuvre d'Auguste Bartholdi et haute de 9 mètres.



"La Liberté éclairant le Monde"
fut offerte à la ville de Paris par la colonie américaine en 1885, et dressée en 1898 à l'occasion de l'Exposition Universelle face à l'Ouest, en direction de sa grande soeur de New York, en 1937.

[Tourisme] Port-Royal des champs

Petite balade en fin d'après-midi à moins de 10 km de chez moi vers le musée de Port-Royal des Champs.

Je quitte la départementale 91 pour aborder le chemin

au bout duquel se trouve l'entrée du musée

au travers des grilles, le parc

Ce n'est pas aujourd'hui que je ferai la visite... Je repars dans l'autre sens.

Un petit regard vers le chant des oiseaux que je compte bien écouter de plus près, dès que possible !

[Tourisme] Le château de Dampierre

En traversant Dampierre, vous passez devant ce magnifique château du XVIIe siècle, bien visible depuis la route (la photo ci-dessus vient de ce site).

Le château de Dampierre fut construit entre 1683 et 1690 par Jules Hardouin-Mansart pour Honoré d'Albert de Luynes, Duc de Chevreuse, Ministre d'Etat et gendre de Colbert, et appartient depuis plus de trois siècles à la famille de Luynes qui l'habite encore.


Le jour de ma visite, le Duc était d'ailleurs précisément devant ces fenêtres, muni d'un fusil de chasse. Il avait vraiment l'air de son rang. C'était bien la première fois que je voyais un Duc "en vrai" ! La famille occupe l'aile de gauche, le public est admis à visiter l'aile de droite ainsi que le centre. Les salles visitées sont toutes meublées et je vous assure que l'impression est grande de marcher dans les pièces où tant de têtes connues (entre autres : Louis XIV, Louis XV, Anne d’Autriche et Marie Leczinska dont l’appartement personnel est toujours conservé au rez-de-chaussée) ont évolué quelques centaines d'années auparavant.


L'édifice actuel fut entièrement bâti sur les ruines de l'ancien château du moyen âge (1180-1351) dont il ne reste que les douves. Et le jardin dessiné autrefois par Le Nôtre, est très bien entretenu et reste une promenade très appréciée des familles et des amoureux.


La guide nous indique que les photographies sont interdites à l'intérieur du château, et bien que ce jour là, nous étions avec ma mère, les seules visiteuses, nous avons respecté cette consigne, à ma grande contrariété ! Certains meubles sont de toute beauté, la salle à manger, toute en boiseries est exceptionnelle, magnifique ; il y a l'immense table, les chaises, hélas pas de lustre en cristal au plafond... mais les volets, intérieurs comme le voulait l'époque, sont recouverts de glaces qui reflètent à l'infini les lueurs des chandeliers qu'il est aisé d'imaginer. Dans une pièce, trône un splendide bureau de marqueterie fabriqué par André Charles Boulle. La particularité des oeuvres en laiton, étain ou argent et écaille de tortue de cet ébeniste est très originale : elles sont parfois créées par paire et marquetés en "partie" et "contre-partie" (le positif et le négatif).


Outre les somptueuses boiseries Régence, on peut admirer la fresque de L'Age d'Or d'Ingres, devant laquelle trône la statue de Minerve de Pierre-Charles Simart. Ces deux oeuvres d'art se trouvent dans une gigantesque salle sous verrière (au centre, 1er étage). Cette salle, initialement aménagée pour abriter la collection personnelle du Duc, grand mécène, ne vit jamais le jour et se présente aujourd'hui comme une salle de musique. Les tentures, de lourdes étoffes de soie, sont dans un piètre état de décomposition, mais le château de Dampière n'a pas autant de subventions que le château de Breteuil... Il est pourtant régulièrement utilisé comme le décor de nombreux films (les enfants du Siècle, les Visiteurs 2, Ridicule, Danton, Highlander...). Lors des tournages, tous les meubles sont remisés et la production vient avec son propre "décor". J'imagine les précautions prises avec un tel ameublement délicat et couteux !


Photo de la fresque / statue : trouvée ici

Les dépendances du château sont toujours occupées ; les unes sont habitées (ci-dessus), les autres sont transformées en restaurant gastronomique (cliquez sur le lien pour accéder à leur site).


Ce chemin passe devant "Les écuries du château", le restaurant pré-cité et longe l'étang du domaine (aperçu sur la gauche).

  • Ajout du 29 décembre :Et pour finir, une vue aérienne de toute beauté de ce site (numérisation d'une carte postale que j'ai achetée).


Echos lointains

Savons-nous bien accueillir dans notre langue maternelle les échos lointains qui résonnent au creux des mots ? En lisant les mots nous les croyons, nous ne les entendons plus…Une grande joie de paroles nous est donnée par le Poète. Il nous faut donc écouter les poèmes comme des mots pour la première fois entendus. La poésie est un émerveillement très exactement au niveau de la parole, dans la parole, pour la parole… Le poète, ce peintre par les mots, connaît les prestiges de la liberté. Bachelard. Flamme d'une chandelle.
Je ne sais plus à quel moment j'ai lu ce livre…mais il y a longtemps déjà. Bien sûr, je ne me souviens pas de cet extrait par cœur. Je l'ai recopié sur un calepin, mon carnet de voyages théoriques, ma mémoire vive des mots, que j'ai sobrement intitulé Paroles. Cette anthologie, c'est un peu mon reflet. Quand je la parcours, je me retrouve comme face à un miroir de signes, échos de mots que je n'ai pas écrits, mais que je ressens avec un attachement particulier. C'est l'empreinte de livres que je n'ai peut-être plus chez moi, prêtés dans un élan de générosité et jamais rendus.

Il y a 17 ans, lors d'un souper à Avignon, où je ne tournais pas très rond..., je confie à un ami que j'écris des poèmes et des nouvelles. D'habitude, je garde le silence sur cette activité par peur de paraître prétentieuse. Cette occupation m'a toujours semblé une manie extravagante, réservée, que je ressens pourtant comme un état d'urgence, difficilement tolérable par un entourage incompréhensif. Une bizarrerie supplémentaire à mettre à mon actif. Ce soir là, je devais avoir un peu bu, et j'ai dû vouloir dissimuler une sévère timidité derrière une relative assurance en avouant mon passe-temps.

Intéressé, il m'affirme vouloir les lire. Cet aveu me paraît sur le moment tellement inattendu que je le qualifie en mon for intérieur de presqu'indécent, y percevant à tort une envie de moquerie de la part d'un collègue pour lequel je n'ai d'ailleurs aucune attirance mais avec qui j'aime discuter. Surprise, je cogite, je n'en dors pas de la nuit. Le lendemain, je lui apporte mon carnet de "Paroles", celles des autres, celles qui sont admirables, celles qui ont le don de faire naître un écho dans mon propre rêve.

Faire lire mon florilège, c'est me livrer un peu, suffisamment à cette époque. Il se montre déçu mais je lui promets mes écritures pour plus tard. Je lui ai apporté l'un de mes recueils de poèmes, je m'en souviens, il habitait Miramas- le-Vieux, charmant villlage juché sur une colline, qui, l'été, se transforme en zone privée, et ne permet la circulation qu'aux véhicules des résidents. Ce soir là, j'avais entrepris d'amadouer le policier municipal pour qu'il me laisse passer en lui promettant un aller-retour des plus brefs. Il m'avait laissée passer, et je l'avais à nouveau remercié en redescendant.

Eric avait donné rapidement son verdict. Il fallait que j'envoie mes écrits à un éditeur. Je haussais les épaules. Je ne désire pas être connue, je ne désire pas être critiquée non plus. Je ne désire qu'une chose : pouvoir écrire mes visions, mes rêves, en avoir le temps. Avec des mots de toujours mais toujours renouvelés. "Le poète, ce peintre par les mots, connaît les prestiges de la liberté". Quelle phrase ! Une phrase que je voudrais mienne, dont je ne me lasse pas de découvrir l'ombre et la lumière. "Peintre par les mots".

Pour ma part, écrire c'est "Exister". Guider une main invisible à mélanger les lettres pour former un état d'âme. Incompréhension, inclination, tout mais pas d'indifférence, c'est cela que je conçois, que je surveille de la pointe de ma bille, tournant en rond dans mon idée, revenant en arrière, raturant des mots sur mon passage. Réveler un monde en peu de paroles. Je comprends que certains ne voient aucun intérêt dans la poésie, gardant peut-être un peu d'amertume de ces temps où il fallait apprendre "par coeur" des vers antédiluviens ou abscons pour une trop jeune tête.

Vers 8 ans, j'ai détesté devoir apprendre Il pleut de Raymond Queneau :
Averse averse averse averse averse
pluie ô pluie ô pluie ! ô pluie ô pluie ô pluie
gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau
parapluie ô parapluie ô parapluie ô !
paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie
capuchons pélerines et imperméables
que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille
mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau
et que c’est agréable agréable agréable
d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humide d’averse et de pluie et de gouttes
d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte
pour protéger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
à cause de l’averse à cause de la pluie
à cause de l’averse et des gouttes de pluie
des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Raymond Queneau

Je me revois très précisément penaude devant toute ma classe, ânonner la première phrase avec tant de difficultés et de dégoût que ce souvenir me mortifie encore. Pourtant j'en perçois aujourd'hui le rythme, la fantaisie, la personnalité. Car il s'agit bien de cela. Le poète est une personne. Avec ses caresses et ses morsures. Ses cris et ses murmures. Il a ses propres codes, classiques ou sauvages, ceux de sa Muse. Elle prend sa vie dans le souffle murmuré au ras de la page, elle s'insinue comme un serpent imprudent, elle glisse dans l'encre des mots, les rouges, bleus. Même si parfois elle ne rime à rien.

J'aime son écho qui me rapproche de mon rêve lointain.

[Tourisme] Vers les Tuileries à Paris

Pont de Solferino,
vu depuis les Tuileries

Vue vers l'amont

De l'autre côté...

Au niveau du fil de l'eau...

Le jardin des Tuileries,
au loin, l'obelisque de la Concorde

Le jardin des Tuileries,
au bonheur des petits (et de certains grands !)