Eragon (2005)


Réalisateur : Stefen Fangmeier
Genre : fantastique
Année : 2005


Je vais tenter de faire court, mais...

Autrefois, la paix et la prospérité régnaient en terre d'Alagaësia, les dragons en étaient les protecteurs et chacun d'eux avait pour maître un dragonnier qu'il dotait de pouvoirs magiques. Mais si le dragonnier meurt, son dragon ne peut survivre. C'est alors que Galbatorix (John Malkovich), un des dragonniers, décida d'exterminer ses semblables pour imposer son pouvoir de terreur, secondé par le sorcier Durza (Robert Carlylee). Un jour, un des derniers oeufs de dragon est volé par Arya (Sienna Guilloryu). Celle-ci étant poursuivie et rattrapée par Durza, elle n'a pour issue que de mettre l'oeuf hors d'atteinte en le téléportant, et il atterrit près d'Eragon (Edward Speleers) un jeune fermier et chasseur de 17 ans.

L'oeuf, bleu, donne naissance à un dragon (trop mignon, je veux le même !) qui grandit à une vitesse...impressionnante. De plus, le dragon adulte a le pouvoir de discuter mentalement avec son dragonnier, au retour d'un vol très planant, Eragon a la surprise d'entendre son dragon parler avec la voix d'une femme, son dragon est une femelle ! Saphira est son nom (d'où l'oeuf bleu...).
Au village, il tente d'en savoir plus auprès de Brom (Jeremy Irons), un ancien dragonnier qui a échappé au massacre. Brom persuade Eragon de rejoindre les Vardens qui se sont réfugiés dans la montagne et qui ont besoin du soutien d'un dragon pour affronter l'armée de Galbatorix.

De somptueux décors de nature, une ambiance réussie très médiévale m'ont enthousiasmée, mais j'ai gardé une âme d'enfant ! Les effets spéciaux des combats sont superbes. Ce film reste avant tout une histoire de confiance entre deux êtres liés pour le meilleur, et pour le pire.

A noter qu'Eragon est l'adaptation du premier volet de la trilogie imaginée par Christopher Paolini, jeune auteur qui avait l'âge du héros. On retrouve d'ailleurs beaucoup d'indices liés aux jeux de rôles auxquels s'adonnent les ados (lancer un sort épuise l'énergie, apprendre des sorts en progressant, etc...).

Coeurs (2006)

Réalisateur : Alain Resnais
Genre : drame
Année : 2006


Le film se déroule à Paris dans le quartier de Bercy, il neige au dehors et au dedans des coeurs. Six personnages déroulent leur solitude comme un fil à la dérive, même si parfois ils s'assemblent par deux.

Thierry (André Dussollier), agent immobilier, se donne beaucoup de mal pour trouver un appartement à Nicole (Laura Morante). Elle le veut grand car son ami Dan (Lambert Wilson) insiste pour pouvoir disposer d'une pièce à lui, son "bureau". Thierry travaille à l'agence avec Charlotte (Sabine Azéma), une fille un peu coincée. Sa petite soeur Gaëlle (Isabelle Carré) recherche l'amour et passe des soirées entières dans un café. Dan, lui, passe ses journées dans un bar, monologuant ses incertitudes face au barman Lionel (Pierre Arditi) imperturbable et impeccable. Lionel vit avec son père, un vieil homme qui doit rester alité, et comme il ne peut se débrouiller seul, Charlotte devient sa garde malade. Charlotte, une fille "formidable" et prévenante, insiste pour prêter à Thierry la cassette d'une émission qu'elle apprécie énormément (une émission fictive qui se situerait en Le jour du Seigneur et Musiques au coeur d'Eve Ruggieri). Il accepte sans trop d'enthousiasme mais assez intrigué. A la fin de ladite cassette, il entrevoit la danse langoureuse d'une femme dont on ne voit pas le visage, mais qui est, de toute évidence, Charlotte, et celle-ci se prête à un strip-tease de charme qui le laisse pantois, pour ne pas dire pantelant.

Tous ces personnages se croisent et s'entrecroisent au long du film comme sur la toile d'une araignée folle ou aveugle. Cette toile est celle d'Alain Resnais

d'une élégance un peu distante mais pour moi captivante. Le ton du film est souvent amer, voire désabusé, même si certains passages sont des éclats de rire spontanés. Il y a de la cendre, celle des désillusions, celle de l'abandon de l'attente. Il y a de la neige, elle recouvre, elle endort toute surveillance, elle masque la réalité et préserve certains secrets. Il y a un moment où la neige tombe dans la maison, sur les bras de Charlotte, un moment très surréaliste et aussi très émouvant.

Le film est tiré d'une pièce de théâtre : Private Fears in Public Places en VO, de l'anglais Alan Ayckbourn (le même auteur que Smoking/No Smoking). Présenté à la Mostra de Venise, il a obtenu le Lion d'Or, ex aequo avec Sanxia haoren du chinois Jia Zhang-ke.

Un film "intellectuel" quand même et sans véritable dénouement, celui-ci étant laissé libre dans l'esprit du spectateur...

Les mouches - Jean-Paul SARTRE


Le sujet
La deuxième pièce de théâtre de mon volume Folio présente "les mouches". Toute une histoire pour quelque vrombissement ?

Ces mouches pullulent dans Argos (ville mythique durant l'Antiquité) depuis qu'Agamemnon, le roi, a été occis par Egisthe l'amant de sa femme Clytemnestre. Des enfants royaux ne reste qu'Electre, assujettie en servante car Orestre, le petit garçon a disparu quand il avait 3 ans, condamné à être exécuté. Mais Orestre n'est pas mort et revient, 15 ans après le drame, dans sa ville morte vivante. Chaque année, Egisthe organise une cérémonie qui libère les morts de leur tombe et ceux-ci viennent hanter leurs survivants qui doivent leur faire de la place à leurs côtés, asservis à subir le châtiment divin : le remords. A la grande contrariété de Jupiter, qui se régale de tous ces repentirs, Orestre décide de libérer son peuple de cette effroyable culpabilité, de leurs habits noirs et des mouches, images gluantes de la conscience. Orestre connait sa liberté, celle-ci est plus forte que tout au monde, plus forte que les dieux. Pour cela une seule issue : il lui faut tuer Egisthe et Clytemnestre, sa mère. Puis, tel le "Joueur de flûte de Hamelin", Oreste finit par quitter la ville, traînant derrière lui les mouches (les Érinnyes, déesses du remords), prises comme des rats dans son sillage.

Le verbe
Pourquoi ne suis-je pas plus lourd, moi qui ai tant de pierres dans la tête ?
Mon complément
    JP Sartre explique : "Ce que j'ai voulu démontrer dans Les Mouches, c'est qu'il faut être lucide pour pouvoir déprendre la liberté individuelle des comédies où elle se perd. Et le seul outil possible dans ce cas, c'est la responsabilité. Il faut savoir juger du degré de responsabilité individuelle que nous mettons dans nos actes. C'est ce que vivra d'ailleurs Oreste. Oreste ne prendra pas conscience qu'il peut être libre, mais qu'il l'est. Si j'ai utilisé un cadre mythique, c'est pour montrer l'absolu de la liberté, à travers le temps et l'espace. La liberté n'est pas une invention du 20e siècle. Elle est là depuis que l'homme est homme. Il ne faut qu'en prendre conscience".
Je n'ai qu'un mot à ajouter : admirable. J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. A votre tour.

Huis Clos - Jean-Paul SARTRE


Le sujet
La pièce en un acte met en scène 3 personnages principaux et un quatrième en tout début, que l'on ne reverra plus. Les personnages sont morts. Ils savent qu'ils sont en enfer mais au début de la pièce, ils ne veulent avouer aux autres pourquoi. Erreur sur la personne, mauvaise foi, circonstances atténuantes ? L'homme, journaliste, a été fusillé en raison de sa fidélité au pacifisme et s'estime épris de liberté alors qu'il n'a été que lâche. Une des femmes est lesbienne et a détruit le couple de son amie, et s'est donné la mort par le gaz. La seconde femme, épouse d'un vieil homme riche, a pris un jeune amant, tué son nourrisson sans remords, avant de mourir d'une pneumonie. Ces trois êtres ne se connaissaient absolument pas avant de se retrouver dans cette anti-chambre de l'enfer. Tour à tour, ils recherchent, supportent le regard de l'autre, bouée de sauvetage ou ancre qui les engouffre tout au fond de leur être.

Le verbe
"Alors c'est ça l'enfer. Je ne l'aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le souffre, le bûcher, le gril.. Ah quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer c'est les autres".
Mon complément
L'enfer, c'est de ne vivre que par le jugement des autres, de ne posséder aucune liberté d'agir. C'est effectivement ce que ces trois là vont devoir supporter. Eternellement. C'est une pièce de théâtre très émouvante, j'ai beaucoup apprécié la lire.

[Tourisme] Des Ternes à Notre Dame de Paris

Paroisse Saint Ferdinand - Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus(Cliquez sur l'image pour voir un détail)


Place Charles de Gaulle, l'arc de triomphe de l’Étoile appelé partout dans le monde Arc de Triomphe.(Cliquez sur l'image pour voir un autre point de vue de l'arc)



les tours et la flèche de Notre Dame


Quai de l'archevéché, le long du square Jean XXIII, une belle vue sur l'arrière de Notre-Dame


Quai de Montebello, les bouquinistes exposent affiches touristiques, livres anciens et autres antiquailles...

Les cahiers d'Yvoux

Ce petit billet dédié à Holly G. qui me l'a suggéré à son insu, et dans lequel je désire simplement évoquer cette période de mon enfance que je considère comme un réservoir où je semble stagner mollement comme un nénuphar, avant de reprendre une vie plus "normale" dont j'ai d'ailleurs oublié l'essentiel.

J'avais 4 ans et étais de santé fragile, cumulant les angines et autres réjouissances. Le médecin conseilla l'air de la campagne. Nous habitions Nancy, mes parents avaient de la famille dans les Vosges, c'est ainsi que je les quittais pour vivre durant une année scolaire chez une grand-tante.

Je fus inscrite à l'école du village. L'institutrice avait en charge une seule classe qui regroupait tous les enfants de 4 à 10 ans. Je revois cette salle, son poêle noir qui diffusait sa chaleur en hiver, l'immense tableau noir et l'odeur des craies, les gommettes de toutes les formes et de toutes les couleurs qui formaient le kaléidoscope d'histoires de saison.

J'aimais surtout les moments de peinture : nous avions des petits godets de couleurs primaires et j'adorai manier consciencieusement mon pinceau alourdi, plus la matière était épaisse, plus agréable était la sensation de dessiner. L'instant de la récréation était sacré. Tous les enfants se précipitaient sous le préau afin d'y boire le verre de grenadine que nous allongions directement sous le jet de la fontaine.

De cette année un peu à part dans ma vie, il me reste trois petits cahiers précieusement conservés par mes parents, remplis de ces enluminures qui me ravissent à chaque ouverture.


Ils ont bien vieillis mes petits cahiers. Le ruban adhésif a jauni les feuilles, pourtant je suis heureuse de les avoir chez moi. Ils me rappellent une certaine grâce innocente, l'empreinte d'une petite fille aux genoux toujours écorchés qui aimait bien jouer avec des amis imaginaires échappés des contes de fées. Une petite fille qui pleurait le soir, se demandant quand ses parents reviendraient la voir. A 4 ans, une semaine ressemble à une longue impatience...

Ne le dis à personne (2006)

Réalisateur : Guillaume Canet
Genre : comédie dramatique
Année : 2006


Alex (François Cluzet) et Margot (Marie-Josée Croze) sont heureux ensemble depuis l'enfance. Un soir, le drame : Margot est enlevée, Alex assommé est laissé pour mort sur les lieux du crime. Quand il se réveille, on lui annonce que sa chère et tendre a été la victime d'un sérial killer. Huit ans passent, Alex reçoit un mail qui lui laisse entrevoir que sa femme est toujours en vie. Que s'est-il passé ? Pourquoi a-t'elle disparut si longtemps ?

Ne lisez pas ceci si vous ne souhaitez pas connaître le fin fond de la trame. Margot n'est pas morte, vous l'avez bien compris. Sa disparition a été organisée par son propre père afin d'échapper à une sombre histoire de vengeance : elle a tué un homme et le père de ce dernier veut qu'elle meure à son tour. Voilà, c'est l'intrique principale de ce film plein de rebondissements, de chantages, de trahisons, d'exécutions de témoins gênants, de secrets, de promesses, mais aussi d'amour, de fidélité.



Je n'ai pas lu le roman éponyme d'Harlan Coben, j'ai donc vu ce film sans trace de comparaison possible. C'est vraiment un très bon polar, un peu violent quand même. Par ailleurs, avant d'aller voir ce film, j'avais lu sur un blog (je ne me souviens pas lequel), que
"le pauvre Cluzet n'arrêtait pas de courir dans le film et qu'il n'était pas crédible dans le rôle d'un jeune médecin".
C'est faux. François est TRES bon dans ce rôle, j'y crois ! Au début du film, il est censé sortir de 9 ans d'études de médecine, puis on le retrouve 8 ans plus tard, il est donc supposé tenir le rôle d'un quadragénaire alors que l'acteur a la cinquantaine, soit. Et bien, il ne les fait pas du tout ! Je connais des hommes qui, à 40 ans en font 10 de plus. Cluzet, c'est l'inverse et je tenais donc à préciser mon point de vue "féminin" sur ce point.


Il me faut également dire un mot sur la musique : elle est géniale. "M" ou plutôt "Mathieu Chédid" n'est pas dans ma mp3tèque mais là, ce qu'il a fait est troublant. On comprend pourquoi car il a écrit sa musique à l'instinct, en regardant les images. Le résultat est une puissance, une fulgurance qui s'insinue en nous, fusionnant avec les sentiments ressentis, à tel point que même quand il n'y a pas de musique, la mémoire des notes subsiste dans notre subconscient.

Un film à voir en salle, c'est plus magique !


Ici, le site officiel

Nocturnes



J'ai laissé quelques mots contrariés chez un ami qui écrit comme une source et qui dessine avec un brin d'herbe. Il s'est inquiété. Je suis désolée. Pourquoi ai-je soudain eut envie de dire cela ? Sans doute parce que les choses sont ainsi : tout ce que la vie nous fait ressentir ou subir nous influence, y compris nos lectures. C'est ample et c'est étriqué. Dichotomie de l'instant. J'écoute depuis deux jours le disque que je me suis fabriqué l'année dernière, il me semble que c'était hier. Hier, j'ai déjeuné pour la première fois avec ma fille en tête à tête, un restaurant comme une brasserie, le genre que je préfère, en pleine vallée de la Bièvre.

La dernière fois que j'y suis allée, cet homme m'avait rejoint ruisselant sous une pluie fine. Retard. Saveur des retrouvailles. C'est large et c'est rétrécit, comme le temps qui reste. Ma copine est revenue de l'autre bout du monde depuis 2 semaines et j'attends qu'elle m'appelle, elle n'a pas le temps. Ma soeur du Canada affirme que nous avons la même écriture, c'est faux, elle a beaucoup plus d'humanité et d'espoirs que moi. Mais c'est ainsi et c'est tant mieux.

J'ai acheté encore aujourd'hui tout plein de cadeaux qui vont faire plaisir. Je les emballerai dans du beau papier plus tard, les vendeurs n'ont même plus le temps de nous faire croire aux jolies choses. Un sac en papier tout prêt, une étiquette et débrouille toi avec ça. C'est moche, c'est du fastgift. En décembre, je veux du rêve et du bolduc, pour faire durer le plaisir. J'ai acheté un tas de trucs, et pour moi, je voudrais un bon massage des pieds et du dos, mes préférés.

J'ai trouvé de superbes cartes que j'enverrai à ces amis si éloignés qui habitent au bord de l'eau, n'importe laquelle, qu'importe. Ils y habitent vraiment. Je sais que ce geste sera perçu différemment, que la marque qu'ils recevront de moi sera plus profonde comparée à la rémanence de la réception d'un mail. Dématérialisation des attaches. Matérialisation d'un attachement. Je me permets de le penser.

J'ai envoyé à Jo des photos de l'anniversaire de son fils qui vient de fêter ses quarante ans, elle était heureuse, elle n'en avait pas encore reçu, ils sont si occupés. Pourtant, elle n'est rien pour moi, non, c'est juste une dame que j'ai croisée lors d'une réunion de famille et avec qui j'ai sympathisé.

Trop de choses à donner, qui réchauffent ici et là, comme des jaillissements qui brûlent et qui creusent. Eruptions solaires. Quand je me regarde comme je pourrais observer une chimère, ce n'est pas l'étrange qui s'impose. C'est la fulgurance, celle de l'instant. Une envie, irrésistible, absolument baroque. Et dont je n'ai pas honte. J'entrevois nettement cette clarté qui balaye le chemin obscur sur lequel je suis mon propre guide. Un mot, une image et je bâtis un monde. Inventions.

Mon jumeau du bout du monde me manque aussi un peu à ma manière, il l'ignore. Car s'il me manque c'est qu'il vit, revit enfin. Ce n'est que justice. Je devrais être heureuse pour lui. Je me force à l'être.

Que les choses soient claires. Justement, aujourd'hui, ce que je dis vouloir laisser tomber c'est l'envie d'être sur une ligne, la ligne d'attente. Tiens, je disais ce matin à cet autre poète que les mains sont importantes, si importantes dans les relations. Connait-on réellement un être sans lui avoir jamais serré la main ? Mollesse des intentions ou poigne conquérante. La demie mesure est un fruit qui ne me rassasie guère. J'ai faim de tout ce qui ne me tue pas.

La promo Science-Po 86 - Ariane CHEMIN


Cet extrait résume le ton et le sujet du livre :
Il ne se souviennent pas de moi, mais moi je les connais. Frédéric Beigbeder, Arnaud Montebourg, Isabelle Giordano, David Pujadas, ou encore Frigide Barjot, la femme de Basile de Koch, je les vois tous les soirs à la télé. En icône des plateaux, de la pub et de l'édition ou en animateur de Canal Plus. En trublion des congrès du Parti Socialiste. En Madame Cinéma, avant ' le Fabuleux Destin'. A 2O heures, au journal télévisé. Sur l'avant-dernière page de Paris Match. Ils sont devenus des people. Je les lis, je les regarde, je les écoute, je les suis avec la curiosité compulsive du journaliste, l'obstination d'une chroniqueuse de gazette mondaine. Ils étaient à Sciences-Po, à Paris, en 1986.
L'auteur a côtoyé ceux qu'aujourd'hui elle voit à la télé. Bourré d'anecdotes, le livre d'Ariane Chemin est instructif, assez drôle, voire jubilatoire.
Quand à treize ou quatorze ans, alors qu'il était élève au lycée parisien Victor-Duruy, Jean-François Copé racontait qu'il voulait devenir ministre, tout le monde, paraît-il, se moquait de lui... (...) ...il savoure sa revanche quand ses amis quadragénaires cherchent sa main ou son regard autour du buffet.
Il ouvre un regard assez complaisant sur les quadragénaires dont je fais partie. Certes, je ne joue pas dans la même cour que ces pipeuls, mais cela m'amuse de comparer ma vie à la leur, je n'ai absolument rien à leur envier.
Je me souviens qu'on était au coeur des années 1980 et de la dictature de la fête mais que, cette année-là, il n'y avait aucune publicité pour les préservatifs.
Lu durant mes trajets en quelques heures, le tableau brossé par Melle Chemin, journaliste au service société du Monde, est assez vivant, drôle et même émouvant (l'évocation de Geoffroy Linyër, le moudjahid joli coeur). C'est le temps d'avant le SIDA, d'avant la chute du mur, d'avant les bobos, dont l'auteur avoue qu'ils furent les premiers. En tout cas, pour moi, le terme "bobo" signifie exactement cela : être riche et de gauche. Un livre que je recommande à ceux de mon entourage, qui ne savent pas quoi lire en ce moment. Je l'ai d'ailleurs déjà prêté.

Le concile de pierre - Jean-Christophe GRANGÉ


Le sujet
Une femme célibataire adopte un garçon d'origine asiatique âgé de 5 ans. A la suite d'un accident, l'enfant, gravement commotionné est condamné, avant qu'un mystérieux médecin ne propose à la mère effondrée une séance d'acuponcture qui le ramène vers la vie. Mais l'homme qui le sauve est peu après sauvagement assassiné. C'est le début de la course vers la vérité pour cette mère angoissée qui veut comprendre qui a voulu tuer son enfant, qui tue tous ceux qui tentent de lui venir en aide ?

Mon complément
Allez, je vous livre la trame de l'histoire, sans trop rentrer dans le détail. Cet enfant est un des "Veilleurs", des enfants tsevens (une ethnie mongole) enlevés à leur peuple pour être rapprochés (via l'adoption) des derniers chamans tsevens afin de leur délivrer la date imminente du concile de pierre au cours duquel ils vont devoir s'affronter en prenant la forme de leur animal totem (aigle, ours, loup...) ; le vainqueur du combat récupèrera les pouvoirs des perdants. La mère finit par se rendre en Mongolie, sur le site circulaire fait de pierres d'un ancien laboratoire d'expériences atomiques puis psychiques, là où des scientifiques ont également cherché à récupérer des pouvoirs paranormaux en torturant sans succès chamans et autres devins, avant de finir par comprendre qu'ils devaient devenir chamans pour détenir les pouvoirs attendus.

C'est mon premier livre de Grangé, ce sera sans doute le dernier. J'ai été très déçue car je m'attendais à quelque chose de plus fort, de plus constant dans la prose. Moi qui pensait que pour avoir l'honneur d'être publié, il faut démontrer un certain talent, une certaine originalité. J'ai trouvé le style moyen, j'ai même eu à plusieurs reprises, l'impression que certains passages avaient été écrits par quelqu'un d'autre (une femme, rires). Cette histoire fantastique aurait sans doute été écrite de façon plus originale par Stephen King !