NEVER LET ME DOWN AGAIN

© Eric Drooker




Mes amis sont en ligne
la liste vertigineuse de leur statut
me fait tomber des nues
ils ne peuvent rien dire d'autre
qu'ils aiment
ils publient à se coller la rétine
sur des écrans plasma
ils n'ont guère le temps de lire
autre chose que des commentaires
ils font des pages et moi je tourne
le dos aux rumeurs silencieuses
moi j'attends que la fenêtre s'ouvre
que l'on me marque, me remarque
j'attends de voir si tu
ne me laisse plus jamais tomber

Wallander (BBC, 2008)


  • Réalisation : Philip Martin
  • Genre : policier
  • Année : 2008
  • Série : 2 saisons de 3 épisodes de 1h30
  • Langue : anglais
L'histoire
Suède. La ville  d'Ystad. Kurt Wallander (Kenneth Branagh) est inspecteur de police à la criminelle. La quarantaine dépressive, séparé, il a du mal à accepter que sa femme refasse sa vie. Sa fille Linda (la vingtaine) est toute sa joie. Sa vie privée est quasi inexistante, car Wallander se plonge toujours à fond dans ses sombres enquêtes, au risque de tout perdre.

Développement

Une très bonne série adaptée des romans de Henning Mankell. Une atmosphère qui rend bien le climat de la Suède avec des jours qui n'ont pas de nuit. Très bonne musique d'ambiance soutenant les différents plans toujours très esthétiques, de véritables "tableaux". La nature est très présente : champs, oiseaux, le spectateur observe et se plonge littéralement dans l'enquête, toujours du point de vue de Wallander (alors que dans les livres, le lecteur connaît les motifs des assassins). Wallander reste "un homme comme un autre", pas le type invulnérable, mais sensible, trop peut-être. Mais c'est ce qui fait son charme. Et Kenneth Branagh est tout bonnement Wallander !

La 1ère saison propose les adaptations des romans :
  • Sidetracked (Le guerrier solitaire)
  • Firewall (La muraille invisible)
  • One Step Behind (Les morts de la Saint-Jean)
La seconde saison :
  • Faceless Killers (Meurtriers sans visage)
  • The Man Who Smiled (L'Homme qui souriait)
  • The Fifth Woman (La cinquième femme)
Pour la 3ème saison (attendue en 2012), nous aurons les adaptations de :
  • An Event in Autumn
  • The Dogs of Riga (Les Chiens de Riga)
  • Before the Frost (Avant le gel)

Un site à voir (en anglais)
Notons aussi le générique que j'aime beaucoup écrit par Emily Barker et chanté par son groupe "The Red Clay Halo"

In time / Time out (2011)


  • Réalisation : Andrew Niccol
  • Genre : fantastique, thriller
  • Année : 2011
  • Durée : 1h50
  • Langue : anglais
L'histoire
Dans une société futuriste : les riches vivent sans crainte de manquer de temps qui est la nouvelle monnaie d'échange et les pauvres dans des ghettos travaillant au jour le jour pour continuer à vivre. Mais tous ont la même particularité : à partir de 25 ans, une horloge interne biologique se déclenche. Ils arrêtent de vieillir et disposent d'un crédit d'une année. S'ils ne veulent pas mourir à l'issue, ils doivent chercher un moyen de gagner plus. Le destin de Will Salas (Justin Timberlake) change lorsqu'un centenaire venu spécialement dans le ghetto pour mourir et lui donne plus d'un siècle. Parvenu à passer dans la zone des riches, Will rencontre la fille d'un grand banquier du temps Sylvia Weis (Amanda Seyfried). Tous deux vont tenter de changer la donne de cette société complètement absurde.

Développement
Une idée intéressante sur le pouvoir et le temps. Hélas ! ce film est une suite convenue de situations prévisibles, même l'histoire d'amour entre les deux héros fait faux. "Tout le monde veut être immortel", pas si sûr. Une déception.

FANTAISIES





Aime-moi encore Aurore
Baises-moi les doigts Benoît
Casse-moi les pieds Chloé
Donne-moi la main Damien
Entre par ici Elsie
Fais-moi du bien Fabien
Glisse-toi par là Gina
Hisse le drapeau Hugo



Lèche-moi les cils Lucile
Mords-moi l'oreille Mireille
Pince-moi le sein Poussin
Remue ton nez Roger
Serre-moi la main Sylvain
Tire-moi du lit Tony
Verse-moi un verre Valère
...

TOI QUE J'AIME A TRAVERS VOUS

Qui es-tu dans la réalité ? Ton visage pâle fait figure de lueur qui attire l'insecte, le rat, la fouine. Tu n'es pas autre chose que l'indicateur changeant d'un monde qui reste immobile. Par dessus les toits.
Nous pouvons nous héberger et nous dire que nous ne payons pas de loyer l'un à l'autre, ni aucune autre forme de souvenirs. Nous sommes d'accord pour vivre nus, ayant seulement besoin de choses qui restent à inventer. Notre corps ruisselant s'assèche dans un souffle tandis que les fenêtres grandes icônes se referment dans un clic. La douleur s'éloigne dans un grand soupir. Nous n’avons aucun rêve impossible. Nous devenons notre propre enfant, admiratif et abusé par les signaux de lumières qu'il entrevoit comme des pistes clignotantes. Nous préparons le terrain. Par dessus toi, je vois la promesse que tu caches. Mon rire est la dune de tes rêves. Tu t'y enlises. Mon rire est ton désert. Je peux attendre des lunes ici ou ailleurs sans jamais m'ennuyer, ni ressentir le besoin de parler, car c'est toi que j'aime à travers vous.

Don't Look Now (1973)


  • Réalisation : Nicolas Roeg
  • Genre : thriller
  • Année : 1973
  • Durée : 1h45
  • Langue : anglais et un peu d'italien (Venise...)
L'histoire
John (Donald Sutherland) et Laura (Julie Christie) perdent leur petite fille Christine qui se noie devant leur maison. Peu après, ils partent travailler quelques temps à Venise afin de restaurer une église. Ils y rencontrent deux soeurs, dont l'une est médium. Celle-ci convainc Laura que leur petite fille est heureuse là où elle est : elle sourit. Par ailleurs, elle explique à Laura que son mari lui aussi a un don d'extra-lucide, mais qu'il ne l'a pas encore découvert. De son côté, John est effectivement souvent sujet à voir des choses sans pouvoir les expliquer, notamment une petite silhouette vêtu d'un manteau rouge comme l'était sa fille au moment de sa mort.

Développement
Adaptation d'une nouvelle de Daphné du Maurier, ce film "à suspens" fit scandale à l'époque à cause d'une scène de sexe très explicite entre les deux acteurs principaux, pas de quoi fouetter un chat non plus...en plus la scène est très esthétique avec son collage des instants "pendant l'acte" et "pendant l'habillage" post coïtus, façon éventail.

J'ai aimé le côté visite d'une Venise glauque, menaçante, vue au travers des personnages tourmentés.

Un film a l'ambiance mystérieuse, un peu d'épouvante, d'hémoglobine tellement rouge - vers la fin - qu'on n'a même pas peur.

Un film à voir si on aime l'étrange et le surnaturel. Et Julie Christie est vraiment belle.

Tu seras mon fils (2011)


  • Réalisation : Gilles Legrand
  • Genre : drame
  • Année : 2011
  • Durée : 1h40
  • Langue : français
L'histoire
Paul de Marseul (Niels Arestrup) apprend que François (Patrick Chesnais), le régisseur de son vignoble est atteint d'un cancer et qu'il ne lui reste que quelques mois. Son fils Martin (Lorànt Deutsch) est très proche du régisseur qui lui prodigue conseil et amitié, mais est repoussé par son père qui ne manque pas une occasion pour le rabaisser. Paul confie à son fils toute la partie administrative et l'export, mais ne lui fait pas confiance concernant la technique de vinification. Philippe (Nicolas Bridet) le fils du régisseur qui revient pour voir son père malade, aurait été parfait comme fils : il s'est formé au monde viticole "sur le terrain" dans le monde entier, et semble le mieux placé pour s'occuper des futures récoltes. Paul entame même des démarches pour l'adopter. Mais Martin ne l'entend pas de cette oreille : il veut prouver à son père, sourd à sa requête, sa valeur. De son côté François est anéanti de voir que son fils est prêt à se laisser adopter par de Marseul : ils ne sont pas du même monde.

Développement
Un drame familial qui tient la route. J'ai été happée par l'histoire qui contient des secrets de famille enfermée comme dans des boîtes gigognes. Niels Arestrup très bon dans son rôle de père aigri qui ne voir dans son fils que la cause de la mort de sa femme. Un très bon "thriller" en quelque sorte, pas du tout décevant comme j'ai pu le lire dans certains endroit : moi je trouve que Lorànt Deutsch est très bien dans son rôle, Anne Marivin parfaite aussi. Donc, un bon moment de cinéma français !

JETER LES MOTS

© Mstislav Pavlov

Je me demande pourquoi je ressens le besoin de jeter les mots dans mon journal car j'ai peur qu'ils ne soient pas compris comme je l'entends, ou qu'ils soient déchiffrés comme je ne le voudrais pas. Je suppose que c'est ainsi que les mots se comportent : une fois délivrés, ils s'échappent. C’est un risque à prendre. Faut-il préciser si telle histoire est réelle, alors qu’au fond, je n’ai pas envie de le dire ? Pour moi chaque histoire est réelle, en revanche, je ne suis pas l'objet de cette histoire même si j'utilise la première personne. JE deviens le personnage qui parle, qui me dicte, qui me presse le coeur de tout ce que je pense. Une forme de mue. Car il y a un peu de moi dans les mots que je jette et si ce n’est pas dans ce journal irrégulier, ce serait dans un endroit inaccessible. Mais ce qui est réellement motivant, c’est de taper des textes ici. C'est comme si j'étendais de grands draps dans le vent, je peux les entendre claquer, encore et encore, à voix haute, et être satisfaite de la résonnance qu’ils me donnent, je me roule dedans, je les brode, je leur donne du relief et des couleurs. Je les reprise, je les repasse. Je ne les laisse pas enfermés dans un tiroir, même si ce serait plus commode de ne pas avoir à les raccommoder, à remplacer une pièce ou deux, à les raccourcir ou les rallonger. J'ai un réel plaisir - au moins pour un temps – de les avoir sous les yeux à peu près convenables. Et quand je les trouve un peu trop usés, j'ai envie de les ramasser dans le grenier silencieux.

The Jane Austen Book Club (2007)


  • Réalisation : Robin Swicord
  • Genre : comédie romantique
  • Année : 2007
  • Durée : 1h40
  • Langue : anglais
L'histoire
Cinq femmes fondent un club de lecture des romans de Jane Austen avec pour but de lire un roman par mois : chacune sera responsable d'un roman et recevra les autres membres pour une discussion. Au cours d'un déplacement, Jocelyn (Maria Bello) rencontre Grigg (Hugh Dancy) qu'elle invite à rejoindre le groupe pour faire le 6ème lecteur (il faut savoir que Jane Austen a écrit 6 romans). Jocelyn a l'idée de lui faire rencontrer son amie Sylvia (Amy Brenneman) que son mari vient de quitter pour une femme plus jeune, mais Grigg n'a d'yeux que pour Jocelyn qui ne comprend rien (ou qui ne veut pas comprendre...).
Jocelyn (Maria Bello) et Grigg (Hugh Dancy)

Développement
Adaptation du roman éponyme de Karen Joy Fowler. Et bien je vais dire : "bof" pour ce film qui ne m'a pas vraiment comblée.

L'idée est intéressante mais le côté formation ou reformation de couples est pour le moins râté à mon sens. En revanche, j'ai aimé toutes les remarques faites par les personnages sur les romans de Jane Austen, c'est absolument intéressant et pertinent.

Notons la performance de Hugh Dancy dans le rôle du gentil garçon que l'on veut à tout prix "caser", il est a l'air désappointé à souhaits et je le consolerais bien ! (Nous retrouvons cet acteur dans la 2ème saison de la série The Big C dans le rôle de "Lee", je ne vous que cela mais il est vraiment très très bien !)

découvrir les six romans de Jane AUSTEN sur le site que je leur ai dédié.

Immortals (2011)


  • Réalisation : Tarsem Singh
  • Genre : fantastique, péplum
  • Année : 2011
  • Durée : 1h40
  • Langue : anglais
L'histoire
Theseus et Phedre
Le sanguinaire Hyperion (Mickey Rourke), roi de Crète, décide de libérer les Titans emprisonnés dans une étrange cage élaborée par les dieux de l'Olympe, conservée dans un souterrain du Tartare. A la recherche d'un arc puissant seul capable de briser la cage des Titans, Hyperion et son armée massacrent à tour de bras, c'est le cas de le dire.
Au village de Theseus (Henry Cavill), Hyperion trucide tout le monde mais fait de Theseus un esclave. Phedre (Freida Pinto), l'Oracle, a une vision indiquant que Theseus est le seul homme capable d'affronter Hyperion ; par ailleurs, Zeus (Luke Evans) interdit aux dieux d'intervenir et apparaît devant Theseus -complètement abasourdi car il ne croît pas du tout à la mythologie- et le persuade de retrouver l'arc avant Hyperion, sans quoi, les Titans seront libérés et ce sera le chaos. Phedre aide Theseus à s'enfuir.

Développement
Un spectacle grandiose en effet spéciaux, c'est tout à fait terrible et hallucinant. J'ai aimé, et pourtant je déteste les péplum. Une mythologie largement revisitée mais qu'importe ? Theseus l'athée qui se retrouve devant Zeus, c'est presque comique, je crois que le réalisateur a voulu faire un film à spectable plutôt qu'une véritable leçon d'histoire mythologique.

Dans le rôle d'Hyperion, on trouve un Mickey Rourke hideux et détestable à souhait, dans le (petit) rôle du traître, on reconnaît Joseph Morgan le "Klaus" de la série The vampire diaries, sans oublier l'excellent John Hurt qui personnifie Zeus dans sa forme humaine sous les traits d'un vieil homme-mentor qui s'occupe de Theseus depuis toujours ; comme vous l'avez compris Theseus n'a pas un destin commun...
les dieux sur l'Olympe

Un superbe divertissement mais celui-ci n'est pas pour les enfants ! Alllez, je dirais pas avant 15-16 ans car beaucoup trop de scènes de carnage, de violence qui pourraient perturber même si on sait que ce n'est QUE du cinéma.

Mon oncle d'Amérique (1980)


  • Réalisation : Alain Resnais
  • Genre : drame
  • Année : 1980
  • Durée : 2h00
  • Langue : française
L'histoire
Années 80. Nous suivons la destinée de René Ragueneau (Gérard Depardieu) un technicien d'usine à qui l'on offre la responsabilité d'une usine de textiles dans laquelle il échoue, Janine Garnier (Nicole Garcia) une actrice qui devient conseillère en communication et Jean Le Gall (Roger Pierre), professeur qui finit par devenir ministre.

Développement
Un film qui évoque le fonctionnement du cerveau au travers d'expériences : les animaux dans la nature, les rats en laboratoires, les hommes en société, tous luttent pour assouvir la survie, tout en cherchant à éviter la douleur mais plutôt la gratification, ce qui ne peut se faire qu'en asservissant l' "autre" d'une certaine manière.
Jean (Roger Pierre) quitte sa famille pour Janine (Nicole Garcia)
Le film est émaillé des interventions tout à faits intéressantes et claires du professeur Henri Laborit, et  d'images extraites de films en noir et blanc avec Jean Gabin, Jean Marais, ... que se représentent nos protagonistes aux instants les plus intenses de leur vie : séparation, soufrance, abandon, etc...
René (Gérard Depardieu) reçoit son rival à l'usine

Quoique n'aimant pas beaucoup les films avac narration, ce film est pour moi un film à voir absolument : il est intelligent. Je l'ai vu au moment de sa sortie "ado" et j'avais déjà succombé à son charme. Trente ans plus tard,  le charme opère encore plus car s'y ajoute la nostalgie de "mes années 80" : les vêtements, la machine à écrire, et certains détails personnels comme les toilettes dans l'escalier comme cela existait "dans le temps" quand j'allais chez ma grand-mère.

La théorie qui est ici avancée est que l'inhibition, l'attente d'un évènement qui est extérieur à soi, l'angoisse ressentie, engendrent une maladie qui n'aurait peut-être pas été développée dans d'autres circonstances. C'est vraiment très intéressant. Un film qui, pour ses propos, n'a pas vraiment vieilli : la société est seulement devenue encore plus impitoyable, et la fin fait frissonner.

The Big C (Showtime, 2010)


  • Réalisation : Darlene Hunt
  • Genre : comédie dramatique
  • Année : 2010
  • 2 saisons (13 épisodes chaque)
  • Durée : 30 mn par épisode
  • Langue : anglais
L'histoire
Cathy Jamison (Laura Linney), une prof d'histoire sans histoires apprend qu'elle a un cancer au dernier stade et décide de faire ce qu'elle s'est toujours refusé à faire. Au début, elle ne dit rien à son entourage, ni son mari, ni son fils. Puis, elle décide de se battre pour chercher à retarder l'échéance et profiter un peu de la vie.

L'histoire en plus
Au début la série, il y a de l'eau dans le gaz entre cathy et son mari. Plus ou moins redevenue célibataire, Cathy succombe au charme de Lenny (Idris Elba) avant de mettre fin à leur relation. Mais Lenny la fait se sentir belle et vivante et Cathy reprend confiance en elle. Elle veut aider ses proches : la vieille voisine acariâtre, son frère est un glaneur et vit dans la rue (mange uniquement ce qu'il trouve dans les poubelles), son fils de 14 ans immature et bordélique.
Cathy (Laura Linney) et Lenny (Idris Elba)
Son médecin Todd Mauer (Reid Scott) est son seul support et semble prêt à tout pour la sauver : elle est sa première patiente et lui avoue qu'il tient beaucoup à elle.
Todd et Cathy
Une série qui ne manque pas d'humour pour un sujet plutôt tristounet. Chaque épisode passe trop vite (30 mn) : parfois on rit, parfois, on pleure. Vraiment on s'attache à Cathy et on voudrai qu'elle s'en sorte !

A suivre ! (saison 3 à venir)

IL ME FAUDRA PLUS D'UN JOUR

© Eric Lacombe

Il me faudra plus d'un jour pour te dire tout ce que je sais de toi. Ton avancée fragile sur le chemin de sable noir. Et moi qui attend la fin de l'éclipse. Il me faudra plus d'un jour pour te dire ce que tu as semé sans y songer et la manière dont j'ai pris racine en toi. Il me faudra plus d'un jour pour avancer vers toi et te regarder, et peut-être que jamais je ne te rejoindrai mais qu'importe, l'idée de ce voyage me bouleverse et me fait tenir debout. Il me faudra plus d'un jour pour te prendre la main, déguiser tes doigts en araignée, tes yeux en chauves-souris et ton sourire en fantôme. Il te faudra peut-être autant de temps pour que nos rêves collés l’un à l’autre comme les ailes d’un papillon se séparent et nous détruisent.

Intouchables (2011)


  • Réalisation : Olivier Nakache et Éric Toledano
  • Genre : comédie
  • Année : 2011
  • Durée : 1h45
  • Langue : français
L'histoire
Contre toute attente, Driss (Omar Sy) à peine sorti de prison, est choisi pour être l'auxiliaire de Philippe (François Cluzet), un riche  industriel tétraplagique. Philippe apprécie en lui son naturel, son manque de pitié ("pas de bras pas de chocolat"). Driss voit dans son nouvel emploi un moyen de se sortir de la déchéance après que sa mère, lassée de ses frasques, l'ai mis à la porte.

Développement
Adaptation de l'histoire de Philippe Pozzo di Borgo qui a écrit Le second souffle.



Alors voilà. On a dit, on a écrit, on a jugé : c'est beau, c'est magnifique... Autant d'éloges...c'est généralement louche. J'ai vu : c'est superbe. Une histoire terrible mais si humaine. Si exceptionnelle. On a tous vu au moins une émission ou un bout d'émission au zapping où les gens témoignent de leur handicap ou de celui de leur famille.
Ce film est le contraire. Ici, on vit en direct le désespoir, la souffrance, la confrontation avec la réalité et ses espoirs.
Philippe : "Je suis comme un steak congelé qu'on balance dans une poêle brûlante. Je sens rien mais je souffre tout de même".
De l'humour, de la dérision, de l'auto dérision, du loufoque. François Cluzet génial (comme d'habitude) et Omar Sy, bien aussi ça change du SAV-service après-vente (émission satirique sur Canal +) mais il aurait dû se rendre à l'invitation de l'Elysée.
Et puis j'adore Earth Wind and Fire ainsi que Vivaldi.

A voir !

Monsieur Papa (2011)


  • Réalisation : Kad Merad
  • Genre : comédie dramatique
  • Année : 2011
  • Durée : 1h30
  • Langue : français
L'histoire
Face au comportement de Marius (Gaspard Meier-Chaurand), son fils de 12 ans qui cumule les bêtises et les mauvaises notes, Marie Vallois (Michèle Laroque), une chef d'entreprise à fortes responsabilités, demande à Robert Pique (Kad Merad), un looser qu'elle a remarqué dans l'entrée du l'immeuble où elle travaille, de se faire passer pour son père. Il accepte dans l'espoir d'être embauché comme comptable par Marie Valois.

Développement
Une heureuse surprise pour ce film dont j'ai à peine entendu parlé mais qui, franchement n'est pas mal du tout. Une comédie plutôt douce-amère sur le thème de la famille, de son importance pour qu'un enfant se sente aimé et puisse s'épanouir.
Tous les acteurs sont bien,  Kad Merad bravo pour ce bon moment !

Dinner at Eight / Les invités de 8 heures (1933)


  • Réalisation : George Cukor
  • Genre : comédie dramatique (noir et blanc)
  • Année : 1933
  • Durée : 1h50
  • Langue : anglais
L'histoire
Années 1930. Dure journée pour la distinguée Millicent Jordan (Billie Burke). Apprenant que les époux Ferncliffe, des anglais bien en vue, sont de passage en Amérique, elle les invite à un dîner histoire de donner une réception huppée dont on pourra reparler dans les salons. Mais le jour J tout va de mal en pis : la cuisinière fait tomber la magnifique entrée, les extras sont aux abonnés absents, son mari ne se sent pas bien - elle ignore qu'il a des soucis de santé et d'argent. Par ailleurs, sa fille entretient une liaison avec un vieil acteur sur le retour et semble bien déterminée à annuler son prochain mariage.

Développement
Façon vaudeville, nous avons là un film comme je les aime : sous la tragédie latente, certains protagonistes sont à mille lieues de la réalité comme sur une sorte de nuage et ne pensent qu'à eux, les autres se démènent comme ils peuvent pour arranger -ou du moins, ne pas empirer - les choses (l'actrice Carlotta (Marie Dressler) ou encore la bonne de la précieuse Kitty (Jean Harlow)).

J'aime les anciens films et je regrette souvent que la télévision n'en passe plus de ce genre là (sauf abonnement particulier bien évidemment).
L'avantage de les voir en DVD, c'est de pouvoir choisir une version originale, personnellement, je préfère !

Polisse (2011)


  • Réalisation : Maïwenn
  • Genre : drame
  • Année : 2011
  • Durée : 2h00
  • Langue : français
L'histoire
Paris, de nos jours. Les policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM) tentent de conjuguer leur vie personnelle tout en affrontant la tragédie des mineurs exploités qu'ils doivent soustraire de leur entourage maltraitant (racket, prostitution, mendicité, brutalité, attouchement, viol, etc...). Une photographe (Maïwenn) les suit au quotidien pour élaborer un livre commandé par le ministère de l'intérieur.

Développement
Un film tout à fait bien mené, qui parle de la difficulté des hommes et des femmes à mener une vie normale et équilibrée après une journée à cotoyer les perversions et les abus dont sont victimes les enfants. Plus qu'un documentaire, ce film donne une véritable leçon de vie.

Mention spéciale pour la bande musicale qui accompagne les scènes, superbe.
A VOIR !

7-Le fantôme de la bibliothèque - La longue plage du temps

Il me semble entendre un petit souffle qui dormait en mon cœur, il me murmure qu'il est l'heure d'avancer dans une autre lumière, qu'il est temps de m'enrouler pour vérifier si mes ailleurs sont aussi enviables que mes rêves intimes et formidables. Je n'ai pas peur, je suppose que c'est là une conviction humaine et déjà je ne suis plus qu'une cicatrice dans le tissu de mon ancienne essence, une ondulation interminable. Les abeilles se taisent, les fruits pourrissent lentement, un bourdonnement me recouvre comme un cocon. Il faisait bon rester un peu dans l’antre des histoires, survivre un peu au temps qui passe et croire que la durée n’existe plus. Je suis prêt à partir et j’attends mon vaisseau sur la longue plage du temps.
Eric Beddows

DERIVE

© C.Magnaval
Tu dois comprendre, certaines rencontres sont comme des blocs ou des petits cailloux dans la rivière qui représente ta vie. Chaque pierre rencontrée, contournée ou surmontée produit un remous, aussi infime soit-il, et en aval, tu n’es plus équivalent. Inutile de croire que tu peux remonter quoi que ce soit. Tu es, depuis toujours, en train de dévaler la pente, c’est enivrant, souvent jouissif. Ces cailloux, nul ne sait comment ils arrivent, comment ils ont roulé jusqu’à toi ou qui les a lancés, mais tu ne peux les absorber, à peine les user. Tout dépend de la force avec laquelle tu as l’habitude de passer sur les choses. Tandis que je me coule dans ma rêverie, que le flux de mes visions accélère ma conscience, je pense à ces petits cailloux qui ont construit, guidé ou dévié mon lit. Je pense à ceux qui me sont tombés dessus, à ceux que je n’ai pu éviter et dont les turbulences m’ont battu le flan. A ceux qui se sont élancés, à ceux que j’ai accueilli, à ceux que j’ai laissé tomber, à ceux qui étaient déjà là et qui ont facilité ma progression. Je pense à tout cela tandis que je dérive vers le havre.


IL FAUDRAIT DECORTIQUER

Il faudrait décortiquer pour être sûr de ne pas s'étouffer, ne pas se sentir pris à la gorge, être certain que ce que l'on voit, ce que l'on entend, ce que l'on respire est bien ce que l'on perçoit, mais comment être sûr ? Il faudrait décortiquer, triturer la texture, défaire la chair, donner des coups tranchants dans le sujet mort ou vif.
© Rodney Smith
Mais alors ce ne serait plus la même chose, il manquerait l'inattendu, le surprenant, l'indélicat. Il faudrait décortiquer, se creuser de l'intérieur, se limer le coeur, et faire le portrait de ce qui reste. Tout cela en une seconde.

TON UNIVERS A LA PAILLE

Shiori Matsumoto




Je voudrais
ton univers à la paille
les lèvres plantées
au jus glacé du ciel
aspirer le velours venin
de ton dos
dormir au fond
de la cave
inondée
de ta bouche
muette.







Warehouse 13 (Syfy Universal, 2009)


  • Création : Jane Espenson, D. Brent Mote, Rockne S. O'Bannon
  • Genre : fantastique
  • Année : 2009
  • 3 saisons (13 épisodes chaque)
  • Durée : 40 mn par épisode
  • Langue : anglais
L'histoire
Etats-unis d'Amérique. Pete Lattimer (Eddie McClintock) et Myka Bering (Joanne Kelly), deux agents des Services Secrets sont repérés pour leurs talents et capacités particuliers et sont mutés du jour au lendemain auprès de Artie Nielsen (Saul Rubinek), responsable de l'entrepôt n° 13 (Warehouse 13) où sont stockés des objets aux propriétés surnaturelles ayant été inventés ou ayant apartenus à des célébrités. Leur mission est désormais de protéger tous les humains du danger que peut causer ces objets parfois maléfiques : lorsque Artie repère un comportement anormal de certains individus en scannant les infos sur internet, il dépêche les deux agents sur place qui sont chargés de repérer, neutraliser et rapporter dans l'entrepôt l'objet incriminé nommé un "artéfact" qui sera ensuite étiquetté et remisé dans une caisse ou stocké éventuellement dans la "chambre noire" s'il est très dangereux ou mortel.
Pete Lattimer (Eddie McClintock) et Myka Bering (Joanne Kelly)
découvrent avec stupeur l'étendue du wharehouse 13
Développement
Une série "fantastique" assez originale qui met en scène nombre d'artéfact Steampunk, ce qui tombe plutôt bien puisqu'elle fait partie de ma sélection pour le Défi Steampunk.
Pete et Myka et leurs supérieurs
Artie, Dickenson (Simon Reynolds) et Mme Frederic (CCH Pounder)
Au départ, Dickenson, le patron des deux agents spéciaux tente de les faire revenir dans ses rangs mais Mme Frederic, la responsable de Warehouse 13 a semble-t-il des arguments imparables et les deux agents restent. Bien que surpris et mécontents de se retrouver mutés à faire ce qu'ils imaginent être de la "paperasse", ils finissent par trouver excitant de partir à la chasse au trésor "maudit".
Les débuts du duo ne sont pas facilités parce que les deux coéquipiers se supportent à peine : lui est considéré par sa nouvelle partenaire comme infantile, elle est estimée trop intellectuelle, ce qui donne lieu à des bagares verbales amusantes ou à de véritables affrontements physiques entre les deux personnages qui finissent par s'estimer au bout de quelques épisodes.

C'est une série sympathique, épisodes courts avec un fil conducteur dans chaque saison pour tenir en haleine le spectateur, mais chaque épisode se termine généralement par la récupération de l'artéfact. J'ai bien aimé certains artéfacts comme :
  • la bouilloire magique qui produit un furet si le voeu est impossible à réaliser
"Lors de ma première année ici, il y avait des furets partout..."
(dit Artie à Myka qui vient d'exaucer le voeu de partir de l'entrepôt)
  • le spectromètre temporel qui permet de voir ce qui s'est passé dans une pièce dans les 5 heures précédentes
  • ou encore la chambre d'Escher, tout simplement magnifique (illusion pas très bien réalisée lorsque les acteurs sont incrustés dedans dommage mais l'idée est belle)
Artie et Mme Frederic dans la Escher Vault
et bien entendu le superbe ordinateur de Artie avec son look parfaitement Steampunk


J'ai noté dans la série Doctor Who (saison 4 épisode 3 chez les Ood) une évocation d'un Warehouse 15 ; de nombreuses séries se font écho ou dérivent les une des autres ; j'aime beaucoup ce principe de continuité ou d'hommage en clin d'oeil.
l'entrepôt n° 15 (Warehouse 15) dans la série Doctor Who
Notons la profusion d'objets Steampunk, ce sont eux d'ailleurs qui permettent de faire concourir cette série dans ce défi, et seulement eux (et je mets la note maximum de 5/5), l'époque est contemporaine (0/10), les décors tout à fait banals, sauf le bureau de Artie avec son ordinateur et les périphériques.
le pistolet de Tesla
le visiophone de Farnsworth qui permet les communications
entre Artie et ses agents sur le terrain



Parlons de l'appréciation Steampunk finale à présent : la série obtient la note de 6/10 sur mon échelle d'appréciation avec :

  • époque = 0 (sur 2)
  • objet = 5 (sur 5)
  • décor = 1 (sur 3)

LE PREMIER GESTE DU MATIN

Le premier geste du matin consiste à me préparer un bon café que j'aime boire en lisant. Je sais qu'il ne faut pas faire plusieurs choses à la fois, cependant il n'y a pas pour moi de meilleur moment de la journée que celui de contempler la petite surface liquide et noire qui tremble et qui ne reflète rien. J'aime le vide de cette sensation où tout est possible, tout est à écrire. J'aime cette odeur grillée et suave. J'aime boire mon café au calme, si possible dehors, à la fraîche, sous ma varangue. Il a plu cette nuit de nouvelle année et la température baissée de quelques degrés est vraiment très agréable. Je ne peux m'empêcher de songer à tous ces instants où j'ai bu un café sans passion, sans émotions particulières, sans m'en rendre compte, par habitude. Des litres et des litres d'un breuvage plus ou moins brûlant et insipide. Je pense que je serai de nouveau un jour dans cette situation, par commodité ou par ennui. C'est d'ailleurs cette pensée qui me fait apprécier d'autant plus ce moment d'exception que je prends chaque matin.