Persuasion (2007)

Réalisateur : Adrian Shergold
Genre : romance
Année : 2007


L'histoire :
Anne, une jeune fille de la noblesse anglaise de 19 ans amoureuse d'un jeune marin à la veille de partir à la guerre est persuadée par sa famille que cette union n'est pas de son rang. Elle renonce donc au jeune homme mais ne l'oublie pas. Huit ans plus tard, les deux jeunes gens de retrouvent par hasard : il est le frère de l'épouse de l'amiral qui va habiter quelques temps Kellynch, la grande propriété que la famille d'Anne s'apprête à mettre en location pour se refaire un peu d'argent car les Eliott père et fille ainée sont de la graine de ceux qui dépensent sans compter. Anne et Frederick se retrouvent, et si la jeune fille semble prête à renouer leur sentiments, lui semble chercher à épouser une autre jeune femme.

Mon avis :
Et bien moi j'ai aimé ce film ! malgré les manques, les dissonnances d'avec le roman (que j'avais lu avant) et malgré le manque d'élégance des robes portées par Anne. Je dois dire que je l'ai vu au moins 20 fois en français, en anglais, j'adore ce film qui me met de bonne humeur et que je regarde souvent avec ma fille (12 ans) qui, comme moi, y trouve son compte. Nous passons un bon moment.

Oui, l'actrice qui joue Anne (Sally Hawkins) n'est pas une beauté fatale mais rien ne dit qu'Anne l'est dans le roman de Jane, d'ailleurs Jane s'occupait plus de décrire les caractères que les allures.
Oui , l'acteur qui joue Frederick (Rupert Penry-Jones) est beau et n'a pas l'air d'avoir beaucoup souffert sur ses bateaux de guerre : il s'est enrichit donc il gagnait les batailles ! Ah ah ah !


J'aime les atmosphères des intérieurs, les faux-semblants, la bêtise de la soeur cadette qui se croit supérieure aux autres, l'acrimonie de la soeur ainée envers Anne, quelle peste celle-là, heureusement qu'elle n'est pas belle non plus ! la fatuité du père joué par Anthony Head, impeccable (le "Giles" dans Buffy contre les vampires), et la musique : la musique qui est toujours en harmonie avec les scènes.

Alors pour moi, si vous regardez ce film, vous aurez peu de temps après le livre dans les mains : histoire de prolonger l'atmosphère et de voir de vos yeux ce que Jane Austen a vu (et à voulu montrer) !


Lien externe :

Terre des affranchis - Liliane LAZAR


Le livre
Date de parution 2009
Editions Gaïa
190 pages

Le sujet
Roumanie. Victor Luca ne désire qu'une chose au monde : rester à l'abri de la maison familiale, protégé par sa mère et sa soeur, ainsi qu'un allié de taille : le lac dans la forêt, un lac si sombre que les habitants du village n'osent l'approcher sans craindre le péril de leur âme. Après avoir commis un meurtre, Victor passe pour mort durant de longues années de réclusion dans sa maison, caché de tous, à se torturer pour savoir s'il peut y avoir rédemption pour son âme. Que faire pour se faire pardonner de Dieu ? Certains croisés sur son chemin vont l'aider à trouver un sens à sa vie.

Le verbe
L'obscurité était devenue son alliée, celle qui lui permettait d'exister au monde. Les nuits d'été, il lui arrivait parfois de s'allonger dans la cour pour observer les étoiles. Enfin, il pouvait respirer, lui, tellement habitué à la vie au grand air. Pourtant jamais il ne s'éloignait de la maison. Ana lui avait formellement interdit de franchir la clôture. Pour parer à tout risque, Victor avait aménagé une cachette sous le toit. Une trappe dans le plafond permettait d'y accéder rapidement, dans le cas où un visiteur impromptu se serait présenté.
p 53


Mon complément
Tout d'abord dire que ce roman m'a été envoyé par ma chère Malice qui pourvoit ainsi à me faire découvrir des romans que je n'aurais jamais lus. Et quel roman ! Sans parler des nombreux prix récoltés en 2010, ce roman est un véritable bijou : une histoire intéressante, un style à faire palir d'envie certains romanciers. Je veux aussi dire ma satisfaction sur la mise en page : pas d'erreurs typographiques, de notes de bas de page, ou de lexique à la fin, ce que je déteste ! non, un véritable roman où certaines explications (utiles et nécessaires) sont coulées avec beaucoup de finesse au coeur du récit : situation politique (nous sommes avant et après la révolution de 1989 en Roumanie), et croyances et pratiques religieuses (orthodoxe).

Le récit est ponctué avec ce qu'il faut de lumière pour que nous avancions dans le roman sans avoir à chercher de quoi on parle. C'est bien. La forme du roman est très bien faite, comme une lourde couverture brodée des faits qui serait d'abord pliée, on apercevrait alors un élément du décor, et que l'évolution de l'histoire déroulerait dans son contexte pour afficher l'illustration dans son ensemble. Cela prouve à mes yeux que l'auteur s'est donné la peine de travailler son récit et son suspens, bravo ! Je n'ai trouvé aucun défaut à ce roman, il est de la même veine que ceux de Jim Harrison, dans un autre genre mais avec comme lui, un héros qui n'est pas un ange, ni le Diable ! Avec des scènes assez dures mais qui ne sombrent pas dans le détail gore, inutile.

photo by Mathieu

Le village de Slobozia, disons qu'il en existe plusieurs, mais l'auteur a vécu sa jeunesse dans l'un d'entre eux, est le théâtre de tout ce que le pays enferme en son sein : les fidèles, les résignés, les rebelles, les profiteurs, les pervers, les aveugles qui ne veulent rien voir, rien savoir, rien dire.

On y vivra depuis les années "60" aux années "80" au rythme des "évènements" : les premières disparitions, la retraite de Victor que le village croit mort, le régime "totalitaire" de Ceauşescu qui interdit la pratique de la religion, puis la délivrance : les villageois devenus libres de juger eux-mêmes qui  est coupable, Victor devenu libre d'avouer ses crimes, et comble de l'ironie, devenu un héros !

Un roman à découvrir ! d'autant que je vois qu'il sort en "poche" chez Actes Sud alors vite à vos LAL et PAL, il le mérite.

Liens externes :

Ouragan - Laurent GAUDÉ


Le livre
Editions Actes Sud
180 pages
2010

Le sujet
Louisiane. L'approche d'un ouragan fait évacuer la Nouvelle-Orléans. Tout le monde ? Non car les Noirs -et un Blanc, sont restés, livrés à leurs attentes : une vieille négresse centenaire désire la mort, une mère célibataire désire une autre vie, des prisonniers désirent se venger, un révérent (un peu beaucoup halluciné) désire être la main de Dieu. Tandis que la ville commence à ployer dans la tournente, un homme remonte le courant, tel un saumon mû par un pressentiment, et roule en direction de la ville-catastrophe.

Le verbe
Elle pleure à la table de la cuisine, parce que quelqu'un va venir et la voir dans sa laideur et ce regard fera naître la honte. Elle baissera les yeux, elle apercevra la moue de déception de celui qui sera face à elle. Elle pleure d'avoir à connaître la honte en plus du reste parce que celui qui vient s'appelle Keanu Burns et que c'est le seul homme qu'elle ait jamais aimé, mais elle ne veut pas, c'est au-dessus de ses forces, elle voudrait se cacher, se terrer, disparaître, qu'on l'oublie, que le monde entier l'oublie et qu'il ne reste rien d'elle.
p 46

Mon complément
Je suis très heureuse d'avoir lu le dernier Gaudé (un cadeau) car je me suis décidée depuis quelques années à tout lire de lui. Avec cette histoire, Gaudé confirme, s'il était besoin de le faire, sa belle capacité à traduire l'âme humaine : ses faiblesses comme ses grandeurs : on y croit et on voit ce qu'il voit.
Est-ce cela que Vous avez voulu ? Le chaos d'abord, puis le silence, plus effrayant encore. Je me fige. La nuit s'est tue. J'ai cru que le jour ne se lèverait jamais plus. Tout est mort et sans mouvement. Où sont passés les hommes ?
p 79



Je suis plus mitigée sur le fond de cette histoire que je n'ai pas trop appréciée, une histoire façon fable : genre "les blancs y sont méchants d'abandonner les noirs après les avoir réduit à l'esclavage". Ce cliché me semble un peu éculé et m'a beaucoup gêné.
Moi, Joséphine Linc. Steelson, négresse pour quelques temps encore, me voici revenue chez moi et personne ne m'en délogera. La rue est vide. Le jeune policier ne repassera pas. Il a dû déjà recevoir d'autres ordres. Qui se soucie d'une vieille folle comme moi ? Ils m'ont oubliée. Ce pays est tout entier fait comme ça. Rien ne s'oublie mieux que les négrillons. Il en a toujours été ainsi. Toute la ville a foutu le camp et ils ont laissé derrière eux les nègres qui n'ont que leur jambes pour courir parce que ceux-là, personne n'en veut.
p 53

Sur fond du souvenir de l'ouragan Katrina, Gaudé brosse un roman chorale où les personnages se racontent à la première personne, et dans certains chapitres on retrouve même tous les personnages comme fusionnés dans une même pensée (belle trouvaille). Un roman qui libère la force de la nature en même temps que la force du coeur des hommes et des femmes qui peuvent, enfin, s'assumer tels qu'ils sont : vainqueur ou victime.

Henri IV sans poule mais avec du pot

ou le sauvetage d'un monument datant du XVIIème


(clic sur les images les agrandir)

photo personnelle - février 2009

Paris, premier arrondissement. Ile de la cité. Nous pouvons apercevoir - admirer - la statue équestre de Henri IV située un peu en retrait du Pont-Neuf et qui semble cavaler en partant du square du Vert Galant. Cette statue n'est pourtant pas d'origine. Petite histoire en images.

1614 : construction de la statue selon Giambologna et Pietro Tacca

dessin représentant la statue
L'inauguration eu lieu le 23 août 1614

La statue apparaît sur un plan de Merian

époque Louis XV : le terre-plein et la statue

autour de 1751 : la statue est représentée par Raguenet

une autre représentation par Raguenet

1792 : gravue représentant l'enrôlement des volontaires
** c'est à cette date que la statue est démontée et fondue **
1792 peinture de Léon Cogniet

1814 : cortège de Louis XVIII
une statue est visible : une version en plâtre remplace la statue disparue

1818 : une nouvelle statue est installée (sculpteur François Lemot) sur commande de Louis XVIII

gravure (date non précisée) : passage du cortège royal

1830 : révolution de juillet

1872 : le pont Neuf peint par Renoir (la statue est à droite)
le pont neuf (la statue est à gauche) au début du XXème siècle

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1992.

Lien externe :

Le noyé du Grand Canal - Jean-François PAROT



Le livre

  • 420 pages
  • éditions JC Lattès / 10-18
  • parution en 2009

Le sujet
France, 1778. La reine Marie-Antoine attend son premier enfant, cependant que sa réputation commence à être ternie : pamphlets et divers feuilles circulent qui la dénigrent et persiflent sur ses habitudes et ses goûts pour la fête. Lorsqu'un bijou précieux lui est dérobé, nul doute que ce vol est commandité par les ennemis de la couronne qui sont nombreux et qui avancent masqués. Qui a commandité le vol ? Est-ce l'oeuvre du cousin du roi, le duc de Chartres (futur Louis Philippe d'Orléans) ou du comte de Provence (futur Louis XVIII ?) tous deux prétendants au trône ? Ou est-ce une sombre affaire de vengeance ? C'est une affaire pour Nicolas Le Floch, commissaire au Châletelet et fidèle serviteur du Roi. Nicolas, aidé de ses fidèles va entreprendre une longue quête semée d'embûches et de faux semblants avant de découvrir...le pot aux roses. Enquête suivie par une nouvelle lorsque Lamaure, le valet du duc de Chartres est retrouvé noyé dans le Grand Canal à Versailles. Les deux énigmes sont peut-être liées, commes les sauces des plats que l'on mange des yeux !

Le verbe
Soudain l'attention de Nicolas se figea ; un masque s'approchait de la loge de la reine. Vêtu comme une poissarde de la halle, il portait une coiffure déchirée et le reste de son habillement apparaissait à proportion. Hochant la tête et les mains sur les hanches, il se mit à entreprendre la souveraine sur un ton de familiarité singulier et d'une voix de fausset. Etait-ce une femme comme son accoutrement le laissait supposer ? Son assurance même paraissait suggérer qu'il fût légitimement en pied de s'adresser à la reine.
- Alors belle Antoinette, te v'là pas honteuse d'être céans à te réjouir avec des godelureaux ? Devrais-tu pas être aux côtés de ton mari qui pour l'heure ronfle dans ses draps, solitaire ?Marie-Antoinette, tout d'abord stupéfaite, ne put s'empêcher de pouffer aux propos de l'inconnu masqué. (p 14)
Mon complément
Vraiment je ne me lasse pas des aventures de Nicolas le Floch, racontées avec verve et éclat par son père avec force détails très réalistes car ils sont la plupart du temps vrais. La mise en scène des personnages fictifs et historiques, les moeurs de la sociéte sont toujours habilement décrits. Un gros volume encore cette fois pour une enquête assez obscure, qui mène Nicolas sur un bateau de guerre où il manque de mourir, avant de le faire revenir sur la terre ferme pour lui confier un vol de bijou puis l'étrange découverte d'un vrai faux noyé à Versailles. Comme d'habitude, Nicolas est aidé de ses comparses et amis, les plus importants étant carrément ses majestés elles-même, ça aide !

On croise :
** Gabriel de Saint-Aubin le dessinateur

** Fragonnard et son cavalier de l'Apocalypse

** le sieur Restif de la Bretonne, dit "le Hibou"

** l'univers mystérieux des castrats,

** la pompe de la Samaritaine, théâtre d'une scène particulièrement sanglante :

  • J'ai aimé : l'intrigue que je n'avais pas démélée avant les dernières pages mais j'avais deviné un peu avant l'annonce du - des coupables, et toujours la description des menus qui mettent en appétit.
  • J'ai moins aimé : trop de détails qui ne servent pas le roman et qui lui donnent une impression encyclopédique, c'est la première fois que j'ai cette sensation. Le survol (trop rapide) des aspects poltiques du soutien de la France aux insurgés d'Amérique (et donc la guerre faite aux Anglais). 
Au final, un bon roman historique comme je les aime car j'y apprend beaucoup de choses, je trouve des pistes qu'après je peux suivre pour compléter mes modestes connaissances (ou les rafraîchir).

Par exemple, je n'avais jamais entendu parler de Saint-Aubin et après recherches, j'ai vu ce qu'il avait fait : c'est magnifique !
Gabriel de Saint-Aubin
Mais je cherche aussi les tableaux qui témoignent de cette époque, par exemple celui-ci :
Le pont Neuf (et la pompe de la Samaritaine sur la gauche) par Raguenet
Il me reste à lire L'honneur de Sartine (tome 9) et j'aurai ainsi achevé ma lecture des aventures de Nicolas Le Floch, pour le moment...

Lien externe

Portait chinois en titres de lecture 2010

Faisant suite à Mango et bien que fort occupée - mais toujours amusée de ce genre là, voici mon portrait chinois réalisé à partir des titres de mes lectures 2010 (+ lien vers les critiques de livres histoire de donner des idées peut-être) :


1/ Décris-toi :
Emma de Jane Austen (un prénom que j'ai toujours aimé !)

2/ Comment te sens-tu ?
La reine des lectrices de Alan Bennet (je ne suis pas la seule)

3/ Décris là où tu vis actuellement :
Eldorado de Laurent Gaudé (plus exactement en Nouvelle-Calédonie)

4/ Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ?
La cité de verre de Paul Auster (je n'y suis jamais allée...)

5/ Ton moyen de transport préféré ?
Taxi de Khaled Al Khamissi (surtout si je n'ai pas de voiture ! )

6/ Ton / ta meilleur(e) ami(e) est :
La femme fardée de Liam O'Flaherty (tout mon contraire !)

7/ Toi et tes amis, vous êtes ? :
Aux bords du Gange de Rabindranath Tagore (nous aimons les voyages !)

8/ Comment est le temps ? :
Tout pour plaire de Chester Himes (c'est le paradis quoi !)

9/ Ton moment préféré de la journée ?
Les nuits difficiles de Dino Buzzatti (j'aime l'éveil quand tout le monde dort)

10/ Qu'est la vie pour toi ?
Une vie qui n'était pas la sienne de Juan José Millás (on croît rêver)

11/ Ta peur ?
La voie de l'ennemi de Tony Hillerman (on est jamais trop prudent)

12/ Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ?
Comment se débarrasser d'un vampire amoureux de Beth Fantaskey (ça peut servir non ?)

13/ Pensée du jour :
La bénédiction inattendue de Yoko Ogawa (ça fait du bien d'y croire)

14/ Comment aimerais-tu mourir ?
Au bord de la tombe de Jeaniene Frost (pourquoi pas ?)

15/ Condition actuelle de ton âme ?
Notes sur la mélodie des choses de Rainer Maria Rilke (en tout cas je prends des notes !)

[Tourisme] La ferme de Viltain dans les Yvelines

Sur le plateau de Saclay, entre le rond point dit "du Christ de Saclay" et Jouy-en-Josas se trouve la ferme de Viltain, un endroit que j'apprécie beaucoup.

On peut y cueillir en fonction des saisons fruits, légumes et fleurs (réseau "chapeau de paille").


On y aperçoit au loin les vaches dans les prés, mais aussi les petits veaux dans l'étable (on peut les voir au travers d'une large baie vitrée, et quand c'est l'heure de la traite, on assiste au manège : les vaches montent sur un plateau circulaire pour qu'on les puisse les traire d'une manière assez sophistiquées expliquée sur les lieux par des affiches pédagiques (en gros, la trayeuse électrique et électronique reconnaît la vache qui se présente et tire le lait en conséquence).


Les enfants aiment beaucoup ce moment sur fond de meuglements et raclements de sabots.


Avant de partir, nous ne manquons jamais de passer nous ravitailler en bons produits du terroirs au magasin de la ferme où l'on trouve légumes, fruits, viande, confitures, charcuterie, oeufs, lait frais, conserves, vin, glaces, gâteaux, etc... provenant de la ferme ou de petits producteurs des régions avoisinantes. Ah les merveilleuses pommes ! et les belles échalotes en vrac que l'on peut choisir (au lieu de celles en filet où il y a toujours une échalote moisie à l'intérieur...).

Pratique, la ferme est ouverte toute l'année (sauf le 1er mai et à Noël si je me souviens bien), à vérifier.

    Pour partir ailleurs

    Il y a 20 ans je suis allée 3 jours en Tunisie essentiellement dans le cadre d'un travail. J'y pense puisque "tout le monde en parle" et que les derniers évènements passés et à venir sont largement commentés. J'ai tout de même visité un village avec des maisons troglodytiques étonnantes et mon activité touristique s'est arrêtée là. J'ai le souvenir d'une chaleur étouffante, de gens souriants mais plutôt pauvres. Je ne me suis pas sentie très à l'aise car bien que n'étant pas riche (je le suis un peu plus aujourd'hui), il me semblait que pour ces gens je l'étais et je n'aime pas les fausses apparences. Je n'y suis jamais retournée, surtout pas pour mes vacances. Lorsque mon amie me demandait pourquoi je ne voulais pas y aller, je lui répondais que je n'avais nul besoin d'aller me prélasser dans un pays où les gens étaient malheureux et exposer ma soi-disant richesse pour enrichir je ne sais quelle agence ou club. Aller si loin même à bas coût pour rester dans un club sur une chaise longue et "faire la fête" ? Non merci, je préfère me promener et aller à la rencontre de...

    Et pourtant Dieu - s'il existe- sait à quel point j'aime la mer, le bruit des vagues et tout ce qui y ressemble. Mais pour partir ailleurs, j'ai toujours privilégié la proximité d'abord, un peu à l'image du comportement de mes parents. Je ne connais pas encore toutes les régions de France, loin s'en faut, et je mourrais certainement sans en connaître les trois quarts. De plus, l'idée de me rendre dans un pays qui risque à tout moment de pêter un boulard ne me branche pas plus que cela. En guise de mer, même si la chaleur et le soleil sont rarement au rendez-vous, je vais en Bretagne. C'est beaucoup moins exotique mais avec cette destination, je fais d'une pierre deux coups : je pars me reposer et je visite la famille. Je suis peut-être d'une génération où les liens avec les vivants sont encore plus importants que de jouer les voyageurs qui rentreront tout bronzés (qu'est-ce que cela peut me faire de bronzer je vous le demande ?).

    Je ne dis pas que je n'aime pas aller à l'étranger, je trouve cela au contraire très enrichissant au point de vue culturel : j'aime voir les "vieilles pierres", manger différemment, voir des paysages comme ceux que l'on imagine au travers de photos qui semblent toujours si parfaites avec leur air de dire : "arrête-toi et regarde ici". Par exemple j'aimerais visiter l'Italie, l'Angleterre, la Suède ou la Norvège -ou bien les deux-, et même l'Amérique, le Canada. Simplement, l'occasion ne s'est pas encore présentée. Peut-être toujours la petite voix qui dit "tu as le temps de voir", ou encore cette autre voix qui dit "on n'a pas les moyens" de ses envies. Car pas question d'aller s'endetter ou de se priver de manger correctement pour partir en vacances, encore une fois, je ne suis pas de cette génération -ou éducation- là.


    Puisque je suis aujourd'hui à l'autre bout du monde, j'avoue que j'ai prévu de profiter de cette situation pour visiter les pays voisins : des voyages sont envisagés pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Et, pour achever le périple des antipodes, je m'arrêterai quelques semaines au Japon qui se trouve sur le chemin du retour.

    De quoi remplir ma besace de tout ce que je pourrai y mettre. 

    Chevaux en ville


    J'ignore au fond ce qui me fait repousser certaines choses que je dois faire : celles-ci ne sont même pas pénibles ou complexes, non, c'est quelque chose en moi qui se rebelle et qui dit, on verra plus tard et le "plus tard" s'avère être plusieurs années après, comme si j'avais tout le temps. Ainsi cette série de photos sur Flickr Cheval en ville que j'ai commencé il y a près de 3 ans et que je n'ai jamais eu la volonté de compléter alors que j'ai depuis longtemps les photos en réserve. Bien entendu, je n'ai pas de retard à proprement parlé car cet engagement est tout ce qu'il y a de personnel et je suis donc seule à m'attendre. Simplement, je constate qu'au début, j'ai une idée, une envie, cette occupation est motivante, et puis les premiers élans retombent, je passe à d'autres choses qui prennent trop de place, j'oublie un peu et l'idée flotte quelque part dans ma conscience.

    Je reconnais avoir longtemps délaissé mon compte Flickr, qui est gratuit et qui, comme beaucoup de services gratuits il faut l'avouer, est un peu limité (forcément). Je trouvais que la présentation n'était pas assez sophistiquée pour moi ; je pense que j'avais en tête de faire autre chose avec un autre outil, pouvoir présenter les photos sur fond noir parce que cela rend mieux, et aussi des photos qui se chargent plus vite. Mais Flickr a évolué et maintenant il est possible de voir les photos sur fond noir. Comme je n'ai pas un compte "Pro", j'ai constaté récemment que j'avais tout plein de réclames dans la marge (je suis normalement la seule à les voir, les observateurs de passage ne devraient normalement pas être importunés par cela). De toute façon, je ne compte pas passer en mode "Pro" pour le moment, même si cela me permettrait de télécharger plus de photos et de créer plus d'albums. Je suis donc limitée à 3 albums (ce qui n'est déjà pas si mal) et toutes mes photos sont classées dans au moins l'un d'entre eux, ce qui facilite leur affichage.

    Je vais continuer à trier mes archives de photos pour envisager d'en mettre certaines dans l'un des albums, cela fait partie des "charges" que je vais inclure dans mon emploi du temps personnel, histoire de m'obliger à mener à bien quelques intentions. Cela ne me rapportera rien d'autre que l'estime que je me porte, ce n'est déjà pas si mal.

    A voir ci-dessous : l'album "Cheval en ville"

    Autre lieu autre temps

    Il se peut que depuis mon départ en Nouvelle-Calédonie, ma vie soit guidée par d'autres intérêts désormais, je ne crois plus aux choses de la même manière, ni à la même vitesse. Certaines anciennes occupations se sont ralenties tandis que d'autres ont pris place. Cuisine, penser, ne rien faire, faire le ménage, s'interroger, ne rien faire, faire les courses, écrire de vrais courriers qui me coûtent un peu car parfois, je ne maîtrise plus ma main - quelque chose doit être déréglé - des courriers pourtant encore trop rares pour ceux qui les reçoivent à ce qu'ils me disent, et pourtant ! s'ils savaient à quel point je lutte pour avoir une écriture à peu près convenable et lisible comme je l'ai toujours désiré !

    Je passe désormais un temps énorme à glaner ici et là quelques informations de nature à combler mes besoins (photos, peintures, le tout enveloppé si possible dans un charmant papier) et la plupart du temps je ne trouve que des choses formidables, ainsi je suis toujours poussée et jamais repoussée de mon penchant pour la création, quelle qu'elle soit. Comme je ne travaille pas, enfin pas au sens habituel car tenir une maison n'est pas une sinécure, je n'ai pas d'horaires : c'est une véritable révolution dans ma vie puisque j'ai toujours été soumise à l'heure d'un bus, d'un train, au point de ne pas avoir le temps de prendre une petite collation avant de quitter la maison. Parfois je passe la matinée à regarder un film, je visionne d'anciens feuilletons sur internet en streaming, j'aime ses moments où j'ai l'impression de n'avoir que moi à penser, à m'occuper, je redeviens un peu le centre de mes préoccupations.

    Parfois je retourne en pensées dans mon ancienne vie, mais je ne vois que les jours de vacances, quand j'arpentais les villes aimées pour en gratter toutes les couches possibles, le visible et la fantaisie et ramener toutes les particules élémentaires que je pouvais alors façonner à mon idée et à mon souvenir, en faire des petits totem sans craindre qu'on ne me les vole.

    Maintenant que j'ai à peu près fait le tour de mes envies, je sais qu'il me faut entreprendre quelque chose qui me tiendra éveillée sinon je crains de m'enliser dans une pâte informe et sans couleur. J'ai besoin de trouver une porte, une fenêtre qui m'aspire vers une autre forme de liberté.

    Et si c'était niais ? - Pascal FIORETTO

     

    Le livre
    190 pages
    éditions Chiflet&Cie
    parution en 2007

    Le sujet
    Sur fond des mystérieuses disparitions de onze auteurs à la veille de remettre à leur éditeur leur dernier opus, le commissaire Seberg enquête sur les enlèvements, aidé de son fidèle Glandard.

    Le verbe
    J'étais abîmé dans une profonde méditation sur le temps qui passe, l'après-midi devant Derrick, quand on sonna à ma porte. Habité d'un sombre pressentiment, je songeais à Gabrielle de Montalembert, parente éloignée de Maxime de la Rochefoucauld et de la Montespan qui, au moment de se faire trancher la tête sur ordre de Robespierre (dont elle avait refusé les avances), ouvrit son corsage d'un geste sublime.
    (p 121 pour Jean d'Ormissemon de la française accadémie)


    Mon complément
    Depuis le temps que je souhaitais lire ce livre ! Et voilà qu'un jour Lili (Les lectures de Lili) propose de farfouiller dans ses listes de livres à prêter. Curieuse, je découvre les offres et mon choix se porte sur ce bouquin que Lili m'a très gentiment envoyé sur mon île lointaine. Plaisir de lire durant un jour de tempête tropicale.

    Pascal Fioretti a l'occasion de fournir en 11 chapitres (et un épilogue) 11 pastiches des fameux (famous) auteurs objet des disparitions :
    1. Denis-Henry Lévy
    2. Christine Anxiot
    3. Fred Wargas
    4. Marc Levis®
    5. Mélanie Notlong
    6. Pascal Servan
    7. Bernard Werbeux
    8. Jean d'Ormissemon (de la française accadémie )
    9. Jean-Christophe Rangé
    10. Frédéric Beisbéger
    11. Anna Galvauda
    J'ai trouvé globalement ressemblant les styles des auteurs pastichés car j'ai lu la plupart d'entre eux (sauf BHL, Pascal Servan/Pascal Sevran et Frédéric Beigbeder), avec en sus parfois un petit portrait psychologique de ceux-ci qui n'est pas sans humour :
    • Denis-Henry Lévy et son incroyable satisfaction de lui-même
    • Christine Anxiot continuellement obsédée 
    • Fred Wargas
    • Marc Levis® toujours cité avec la marque commerciale
    • Mélanie Notlong et son parlé alambiqué et son inquiétant regard fixe 
    • Pascal Servan et ses goûts peu orthodoxes
    • Bernard Werbeux et ses détails fourmillants
    • Jean d'Ormissemon (de la française accadémie ) et ses nombreuses digressions
    • Jean-Christophe Rangé et ses scènes gorifiques
    • Frédéric Beisbéger et l'annonce des prix à chaque phrase
    • Anna Galvauda et ses bons sentiments
    Au final, un petit roman très drôle et qui, hélas, me conforte dans ce que je pense déjà du monde littéraire : tu n'es pas édité parce que tu écris bien, ou que ton histoire est admirable, tu es édité si ça peut rapporter (sauf si c'est toi qui paye bien entendu). C'est un sentiment personnel qui n'engage que moi et je n'en débattrai pas plus.

    Ah si les lecteurs avaient un peu de sens critique de temps en temps et ne se contentaient pas d'acheter un livre parce que tout le monde le fait mais achète un livre pour le plaisir.

    Petit afflictionnaire médical - Martin WINCKLER


    Le livre
    Petit afflictionnaire médical
    2010
    56 pages
    aux éditions Publie.net

    Le sujet

    Martin Winckler, médecin, nous a concocté des définitions des plus remarquables, et en même temps des plus drôles, de mots -et des maux- qui relient le patient au médecin.

    Le verbe
    acte médical : Saynète de longueur variable jouée par au moins deux personnes, dont une au moins est médecin.
    spécialiste : Médecin qui ne fait pas de visites à domicile, et ne s’occupe que d’une partie de l’anatomie (les yeux ou les seins ou les hémorroïdes, mais pas les trois à la fois).

    Mon complément
    J'ai pu avoir à ma disposition ce petit bijou d'humour, aisé à lire, grâce à Arnaud qui en a fait la réclame dans son journal. C'était la deuxième fois que je téléchargeais un livre électronique sur ce site, il faut se créer un compte, puis nous disposons d'un "panier" et ensuite il suffit de choisir les livres qui nous intéressent, certains sont "offerts" pendant une durée limitée, un genre de produit d'appel, mais les prix restent généralement très raisonnables, je vous invite à aller voir.

    Lien externe