L'âge heureux (1ère chaîne, 1966)


Delphine, 11 ans, est danseuse à l'opéra de Paris. Repérée par le danseur étoile, elle obtient son premier rôle avec celui de Galatée, la poupée qui devient vivante et joue comme une vraie petite fille. Un soir, elle et ses camarades bravent l'interdiction d'aller sur les toits de l'opéra où elles s'amusent. Delphine et son amie Bernadette sont les dernières à rentrer, mais la porte est refermée. En tentant désespérément de briser une vitre, Bernadette se casse la jambe, c'est le drame. Delphine est accusée de désobéissance et renvoyée. Cependant, elle ne peut parvenir à avouer cette malchance à sa mère et parvient à lui cacher la vérité durant quelques jours. Finalement, la coupable finit par se dénoncer et Delphine revient tenir son rôle.
J'ai revu avec plaisir et émotions cette série regardée plus jeune. Bien sûr le style a vieilli, mais j'ai trouvé certaines répliques étonnamment modernes, qui m'ont surprise et amusée, comme cette scène à la cantine : un jeune homme se plaint à sa collègue du chahut des gamines, la danseuse lui rétorque :
"elles sont des garçons manqués, comme toi".
Incroyable non ?

Edit du 28 octobre 2009 :
  • Reinette, qui a joué dans le feuilleton, a depuis peu à ouvert le blog de l'âge heureux à cette adresse :

http://ageheureux.centerblog.net/

Diamants sur canapé / Breakfast at Tiffany's (1961)

Diamants sur canapé, de Blake Edwards, avec Audrey Hepburn et George Peppard.

Truman Capote a-t-il imaginé l’ouverture musicale de la première scène de "Breakfast at Tiffany's" en rédigeant sa nouvelle ? Toujours est-il que le Moon River de Henry Mancini s’accorde parfaitement à cette ambiance d’aube déserte sur la 5ème avenue... Rivières de diamants, éclats lunaires désirables sur cette Terre (je confirme !).

J’ai revu ce film avec plaisir en DVD. La délicate Audrey Hepburn, virevoltant dans son ingénue incapacité à assurer sa véritable identité de précieuse et fantasque Madame Holly (Dolly) Golightly, oubliant qu'elle est Irma : cette pauvre fille du Kensas, mariée à 16 ans et devenue par son mariage mère de 4 enfants.

Qui aurait supporté cette responsabilité ? Pas moi. Alors plutôt rêver dans New York, ville aux lumières propres, et s’y perdre. Devenir une call-girl, quitte à survivre assommée de fatigue les lendemains de soirées trop arrosées et enfumées mais débordante d'énergie quand il le faut. Une scène que j'ai beaucoup aimée : quand le fume-cigarette de la belle met le feu au chapeau violet à voilette d'une dame passablement ivre, avant qu’un verre salvateur ne se renverse sur la pauvre convive qui ne s'est rendue compte de rien.

Adorable Holly se délectant littéralement de la vue de bijoux exposés dans les vitrines du grand joaillier Tiffany's. A la recherche d’un homme riche qui lui assurera son avenir, elle est incapable d'apprécier celui qui veut la chérir : son voisin et ami Paul Varjak (George Peppard) pourtant ir-ré-sis-ti-ble (en tout cas, tout à fait mon genre !).

Passons sur la réplique de l'amoureux transi : "Je vous aime donc vous êtes à moi" (paroles de mémoire) assez hérissante car tout à fait macho et je déteste cela. Je comprends que la douce Holly ait été désemparée par cet aveu et se soit enfuie séance tenante ! avant d'être à son tour consciente de ses sentiments et de s'y abandonner.

A votre tour, rendez-vous à l'évidence et (re)découvrez ce film charmant que je viens d'acheter pour une dizaine d'euros, un luxe dont il ne faut pas se priver...

Trois jours chez ma mère - François WEYERGANS


2h00. Je ne sais pas ce que font les autres, mais je me lève. Le voisin vient de rentrer, le clignotement de la fermeture de sa voiture allume la nuit aux volets ouverts. Je me lève en maugréant, ou l’inverse. Il fait chaud, j’ai envie de boire quelque chose de frais. Une bière serait la bienvenue, mais est-ce raisonnable ? Je prends mon livre sur la table de nuit : "Trois jours chez ma mère", par François Weyergans. On me l’a prêté. Je n’ai pas honte d’avouer que la plupart des personnalités dont il parle me sont inconnues. Sans doute philosophes ou historiens : des extraterrestres sur ma petite planète. Mais la prose de Weyergans me fait un bien fou. Il me donnerait presque envie d’avoir fait du latin le bougre. Que je voudrais avoir un fils qui aime écrire ! Mais il n’aurait pas l’angoisse de la page blanche, comme moi il aurait ce passe-temps comme un prolongement naturel de sa pensée et de ses idées. L’écriture ne serait pas pour lui un but ultime dont dépendrait son existence. Ce ne serait ni un enjeu, ni une preuve de ses capacités. Comme moi, il serait juste curieux. Trois jours c’est aussi le temps qu’il m'a fallu pour le lire, et je vous donne mon impression.
"Je vais aller dormir. Je me fais toujours une joie de m’endormir. C’est le moment où j’ai le plus d’idées. J’en ai plein, les plus belles qui soient, je les accueille et les entoure de prévenance, d’autant plus que je sais que je ne pourrais pas les utiliser. Il m’est impossible, hélas d’écrire et dormir en même temps. Je m’endors donc en me trouvant génial et je me réveillerai en trouvant que ma vie est horrible, deux jugements très exagérés."
Dans ce roman, François Weyergans écrit la vie de François Weyergraf écrivain, qui lui-même est en train d'écrire celle de François Weyerstein ou bien celle de François Graffenberg, je m'y suis perdue dans les identités... Tout comme Adamsberg (le commissaire de Fred Vargas), Weyergraf offre autour de lui des galets ramassés pendant les vacances. J’y vois là une allégorie : un galet peut servir de presse-papier, et les personnages de roman deviennent pour les écrivains, des instruments, des objets solides sur lesquels ils s’appuient pour exister. L'écriture de Weyergans est très agréable, émaillée de références et d'humour. Un livre qu'il faudrait pouvoir lire en un seul jour...

Lire ce roman revient à plonger comme dans un miroir sans tain où se reflète autre chose que les ressemblances, où débordent les secrets intimes. Inspiration, filiation, émotions, obsessions, sont les contours fragiles et subtils dessinés autour de ce personnage cloné sur lui-même et retracé dans ces pages. J'ai songé à cette peinture de Magritte : "reproduction interdite". Je me suis également rappelé le coup de théâtre que ce livre avait engendré l'année dernière en obtenant le "prix Goncourt" face au favori Houellebecq et son roman "La Possibilité d'une île".

Ce qui m'étonne le plus, c'est de découvrir Weyergans dans la peau d'un "tombeur de dames". Il n'a pourtant pas l'air d'un Casanova ! Quant à la difficulté d'écrire, distillée tout au long du roman, certes elle existe bel et bien, je suppose. La chronique de Simon Leys dans le magazine littéraire de février 2006, éclaire sur ce point. Pour ma part, je suis persuadée d'une chose : quand on doit faire un travail de commande, l'inspiration ne peut pas être totalement "libre". Etre sous la pression d'un éditeur est le comble de l'absurde pour un auteur. Pour moi écrire c'est une chance pour l'être, un équilibre intrinsèque, qui ne se juge pas mais qui nécessite d'être à l'écoute de soi et des autres.

Le livre des illusions - Paul AUSTER

Traduction par Christine Le Bœuf

Le sujet
Il est interdit de laisser derrière soi la moindre trace.
Cette phrase tirée du roman résume à mes yeux la pugnacité lancinante ressentie tout au long de l'histoire, ou devrais-je dire, des histoires. David, un homme brisé par la mort accidentelle de sa femme et de ses deux fils, trouve une issue à l'enfermement qui est le sien dans la rédaction d'un livre à la mémoire d'un acteur-réalisateur de films muets, Hector Mann, depuis longtemps disparu. Mais Hector n'est pas mort. Il a pris une nouvelle identité en même temps qu'une résolution aussi absurde qu'inhumaine : poursuivre son oeuvre cinématographique avec la promesse qu'elle soit entièrement détruite après sa mort. Alors David va devenir l'observateur impuissant de l'enchaînement de circonstances implacables qui lui arracheront son nouvel amour.

Le verbe
Je ne savais toujours pas qui j’étais, je ne savais pas ce que je voulais et, jusqu’à ce que je trouve un moyen de vivre à nouveau en compagnie d’autrui, je continuerai à n’être qu’une chose à moitié humaine.
Mon complément
Dans ce livre, encore une fois très bien écrit mais que j'ai moins aimé que La nuit de l'oracle, Paul Auster nous entraîne dans le monde de l'oeuvre. L'art est une illusion, comme la vie. La création artistique ne dure qu'un instant, personne ne sait combien de temps dure ce moment. De même, l'amour est une illusion. Je pense qu'il est bon et urgent de croire à cette illusion.

[Tourisme] Oh Toulouse !

Quelque jours à Toulouse découverte uniquement le soir pour cause de travail en journée, mais munie d'un plan de la ville, je suis parée à ne pas perdre le temps de tourner en rond. Suivez le guide...

Les photos apparaissent dans l'ordre chronologique et sont sans prétention aucune, juste le plaisir de partager avec les visiteurs des couleurs du temps un peu de mon séjour...

1er soir

En route dans le métro Wic-toulousain
(une ligne sans arrêt programmé...)


Ciel bleu
pour découvrir la place du Capitole
lieu de rencontres incontournables.

L'objectif contre la vitre
je clique pour avoir un souvenir
intérieur

De l'autre côté de la façade du Capitole
la cour intérieure

Eglise St-Sernin (détail)

Eglise St-Sernin, imposante !


Rue du Taur
Au fond l'église Notre Dame du Taur
dont on aperçoit la haute façade
Façade de Notre Dame du Taur

Notre Dame du Taur (détail)

Eglise des Jacobins (1229-1385)

Place de la Daurade,
lieu de rassemblement incontournable de la jeunesse et des moins jeunes, parfois…


2ème soir


Le pont Neuf
Le pont St-Pierre
Eglise de la Daurade

Promenade Henri Martin
juste devant la place de la Daurade
et au fond, le pont St-Pierre

Rue des Filatiers.
Il pleut le soir à Toulouse : la preuve…
Cela dit, la pluie ne dure pas.

Dans le café à côté du restau libanais où je mangeais
des éclats de voix pas tout à fait accidentels :
c'était le soir de France-Espagne !

Place du Capitole
Les brasseries, cafés et autres glaciers,
l'impression d'être un peu en vacances...

Fronton du Capitole


3ème soir

L'église St-Aubin
fut un lieu d’inhumation dans l’Antiquité.
L'église actuelle fut reconstruite de 1847 à 1849.

Le pont St-Pierre
pris depuis la place du même nom
et toujours le dôme de la Grave

Rue des blanchers
"Du Plaisir à la Toque"
un petit restaurant aux plats originaux et délicieux !

Au menu pour moi :
duo de poisson à la mangue
chaud-froid d’abricot à la lavande
et ce, pour une somme très modique compte-tenu du plaisir éprouvé (19 €)
et du bon temps passé.
Pas de vin en accompagnement, ce n'est pas trop ma "tasse de thé".

Le pont Neuf
sur une photo pas très nette mais que j'aime bien.
On va dire que c'est un flou artistique !

La cathédrale St-Etienne

La halle aux grains
qui était autrefois une salle de marchés de céréales
et aujourd'hui une salle de spectacle
on y fait donc toujours du blé...


4ème soir

Typique des constructions de la région :
les colombages et les briques

Flânerie le long du canal de Brienne
clair-obscur de nonchalance
en bonne compagnie

Les arcades verdoyantes
dans le jardin de l'université des sciences sociales.

* * * * * * *
C'est la fin de mon parcours,
il me reste une impression de retour
peut-être proche
qui sait ?