Exoman (1977)

 

Réalisateur : Richard Irving
Genre : fantastique
Année : 1977

L'histoire :
Une bande de malfrats agresse Nicolas Conrad (David Ackroyd), un professeur de physique qui s'apprête à témoigner contre eux, et le laisse paraplégique. Décidé à ne pas en rester là, Conrad invente une combinaison comme une armure qui lui redonne la mobilité nécessaire pour traquer ses agresseurs et leur chef de bande, et lui permet de se faire justice.

Mon avis :
Vous avez 13 ans en 1977 et vous adorez aimez la science fiction, les sciences physiques, les sciences naturelles, et tout ce qui commence par "sciences" et un soir, vous tombez sur un film annoncé dans le télé-poche, vous suppliez vos parents de vous laissez regarder la "chose", vous ne savez pas ce que c'est, c'est juste le résumé qui est tentant : Exoman, le film qui a changé votre vie à défaut de révolutionner le cinéma.

Evidemment vu comme cela, le film n'a rien de terrible, je le concède : les effets spéciaux sont basiques, les méchants ont l'air de clowns (maladroits). Qu'importe, il s'agit du FILM qui a révélé ce que j'avais envie de faire par la suite. Je voulais être ingénieur, un truc dans le genre, être capable d'inventer des machines qui pourraient réparer le corps humain. J'en ai mis "un coup" dans mes études croyez moi.

Si aujourd'hui les circuits électriques, l'électronique, l'informatique (et tout plein de choses en "ique" dans le même domaine) me sont familières, je n'ai pas l'impression d'avoir failli à mes bonnes résolutions, même si je suis loin de mes ambitions.

L'écriture est certainement une autre façon de modifier le corps humain. On peut presque tout lui faire faire.

Le Peuple des ténèbres / They (2001)

affiche du film

Réalisateur : Robert Harmon
Genre : épouvante-fantastique
Année : 2001


L'histoire :
Julia (Laura Regan), étudiante en psychologie, reçoit l'appel de Billy (Jon Abrahams), un ancien camarade avec lequel elle fut soignée petite fille pour cause de terreurs nocturnes. Il lui confie qu'il a la preuve que des "monstres" existent, qu'ils persécutent les enfants qu'ils ont marqués autrefois, et qu'ils viennent les rechercher plus tard grâce à l'obscurité.

Une panne d'électricité est annoncée sur la ville et terrifié, le jeune homme se suicide devant Julia. Celle-ci tente de comprendre le geste de son camarade, mais elle commence à avoir elle aussi peur de ce que l'obsurité cache.

Julia descend dans la cave chercher quelques souvenirs...

Mon avis :
Passons sur le scénario qui, pour le coup, laisse de nombreuses zones d'ombres : nous ne saurons rien des éventuelles motivations des bestioles vraiment épouvantables (quand on arrive à les voir). Mais le film se laisse regarder, les acteurs ne jouent pas mal et j'aime bien les histoires fantastiques.


J'ai trouvé légèrement agaçant le fait qu'on ne cherche pas à expliquer l'origine des créatures et comment leur échapper, j'aurai bien aimé une sorte de quête alors qu'il n'y a finalement que des victimes, dont on se demande d'ailleurs, si elle ne sont pas sous le coup d'une paranoïa.

Julia finit par découvrir que Billy disait vrai : elle aussi possède la "marque"
Mais non ! Julia n'a pas rêvé et nous allons essayer de ne pas nous endormir à notre tour...de peur de voir surgir venues de l'autre côté du miroir les vilaines créatures !

L'Abominable vérité (2009)


Réalisateur : Robert Luketic
Genre : comédie
Année : 2009

L'histoire :
Abby (Katherine Heigl) productrice sur une chaîne de télévision est encore célibataire, elle attend le prince charmant ! Arrive dans son émission l'homme qu'elle trouve le plus balourd qui soit : un certain Mike (Gerard Butler) dont elle déteste le franc-parler et la grossièreté. Contre toute attente, l'émission a du succès et Mike parvient même à convaincre Abby que grâce à ses conseils avisés, elle parviendra à séduire le beau docteur dont elle est tombée amoureuse. Mais l'arroseur se retrouve arrosé...


Mon avis :
Voilà une véritable comédie, mais dommage que de nombreux dialogues se trouvent portés sur le dessous de la ceinture, du coup, ce n'est, à mon avis, pas un film à regarder avec les jeunes enfants qui poseraient trop de questions auxquelles vous n'aurez pas spécialement envie de répondre.

Passé ce petit aparté, j'ai beaucoup ri, certaines scènes sont très justes ou très drôles.


Mike apprend à Abby l'art de la séduction, va-t-il succomber à son propre jeu ?

A la fin du film, la scène de la danse (j'ignore de quelle danse il s'agit, une salsa ou un truc dans le genre) est absolument à tomber au niveau érotisme, on y croit !

alors on s'amuse à ce que je vois ?

Donc en résumé : un film assez plaisant bien que parfois grossier, à regarder seul ou à deux si vous arrivez, mesdames, à convaincre votre amoureux de regarder cette comédie avec vous (mais les hommes n'aiment pas trop les film d'amour...).

Moon (2009)

Réalisateur : Duncan Jones
Genre : science fiction
Année : 2009

L'histoire :
La compagnie Lunar Industries a trouvé le moyen d'extraire de la Lune l'hélium 3 reçu du Soleil et l'envoie régulièrement sur Terre depuis la station Sarang où seul un employé réside sur une durée de 3 ans, secondé dans sa tâche par Gerty, un robot programmé pour lui venir en aide.

Sam : l'employé modèle
Sam Bell (Sam Rockwell) arrive au terme des trois années et s'apprête à rejoindre sa petite famille : sa femme Tess et sa fille Eve, avec lesquelles il ne communique qu'en différé suite à une avarie de l'antenne de communication. Sam commence à avoir des hallucinations, une femme apparaît dans la station, puis c'est l'accident...

Mon avis :
Vraiment un bon film de SF ! pour une fois, il n'y a pas de monstre dans les coursives où un éclairage clignote, pas de collègue qui devient fou (l'employé est seul sur la base).

Ce qui suit révèle l'intrigue :

Après l'accident dont il est victime (son véhicule lunaire percute une station d'extraction lors d'une sortie), Sam se réveille à l'infirmerie, incapable de se souvenir pourquoi il est là. Gerty l'informe qu'il ne peut pas sortir, mais en insistant, Sam sort et retrouve son véhicule accidenté dans lequel un homme est inconscient. Il le ramène et s'aperçoit que c'est un double de lui-même.
Très vite, Sam comprend qu'il a été "activé" par Gerty lorsque le corps du précédent Sam a été accidenté.
Les 2 Sam décident de se mettre en quête de la zone secrète où sont peut-être stockés d'autres clones. Ils découvrent aussi que le caisson censé les garder 3 jours dans le coma au cours du voyage de retour sur Terre est en fait un incinérateur, pas de retour possible donc... Sans compter que Lunar Industries leur envoie une mission de sauvetage pour réparer l'extracteur endommagé par l'accident, mission qui s'avère être plutôt une équipe de nettoyeurs de l'espace !

Duel psychologique contre l'entreprise, amorale, qui utilise des clones dans lesquels une once d'humanité, et d'individualité a été implantée...mais seulement pour une durée limitée !

Sam a t-il une chance de s'échapper de Sarang ? La réponse est oui !


Du suspens, de l'intelligence, une histoire de conscience et de survie : un film qui tient la route côté scénario : pas de trucs inexpliqués et "débrouilles-toi spectateur"... Non, tout parfait.

A noter :
  • Duncan Jones le réalisateur est le fils de David Bowie
  • la musique du film est de Clint Mansell qui signe aussi celle du film Pi.

    Le cadavre anglais - Jean-François PAROT

    Le livre
    Date de parution : 2007
    Editions Lattès
    410 pages

    Le sujet
    Paris 1777. Le long des façades de la rue Saint-Germain l'Auxerrois, Nicolas trouve que l'obscurité est bien étrange... Peu de temps après, le gouverneur de la prison de Fort-l'Evèque fait mander le commissaire de permanence est c'est Nicolas qui arrive sur les lieux où le cadavre d'un inconnu est retrouvé, apparemment victime d'une chute lors de son évasion.
    Et nous sommes partis pour une enquête minutieuse pour trouver l'identité du cadavre sur fond d'affaire d'espionnage : nous sommes en pleine période de la Guerre d'indépendance des États-Unis, il est question que les "insurgents" obtiennent l'aide de la France qui doit donc améliorer ses équipements de marine, et surtout, obtenir un instrument de précision indispensable pour les expéditions : la montre marine capable de donner la longitude.



    Le verbe
    Il s'engagea avec prudence dans un escalier pourri aux degrés branlants. Les parois de la cage étaient recouvertes du noir de la fumée qui sortait des galetas et des carrés. Plus il gravissait les étages, plus les stigmates de la misère lui sautait aux yeux. Les portes ouvertes offraient des visions de vie pitoyables : familles entassées dans des soupentes, enfants à moitié nus, couchés pêle-mêle à terre au milieu de grabats sans draperie, pots et ustensiles de cuisine voisinant avec des vases de nuit. Il constatait tout cela, étourdit par le bruit d'un martèlement continu. Dans ses repaires et faute de souliers, luxe inaccessible, le choc des sabots sur les planches rythmait la vie. (p 242)
    Mon complément
    On ne peut se lasser des enquêtes de Nicolas le Floch, toujours trépidantes, et dans le coeur du temps, faisant la part belle aux véritables éléments de l'Histoire sans oublier ceux qui oeuvre dans l'ombre sans tirer aucune gloire, sinon la satisfaction d'être au service d'une nation.

    Lien externe

    Equilibrium (2002)

    Réalisateur : Kurt Wimmer
    Genre : science fiction
    Année : 2002


    L'histoire :

    Comme toute histoire de SF qui se respecte, impossible de faire un résumé qui parle sans expliquer un peu de quoi il s'agit... et en images svp !

    XXI ème siècle. La ville de Libria. Après une 3ème guerre mondiale, dans une société totalitaire dirigée par le conseil du tétragrammaton qui met en oeuvre les directives d'un homme fondateur appelé Père, la non-violence règne mais elle a un coût : il faut empêcher les facultés émotionnelles, que ce soit la haine ou l'amour, et cet état est rendu possible par l'injection régulière d'une drogue appelée le Prozium, fournie dans des centres d'un genre spécial : les équilibrium.

    illustration 1
    les équilibrium

    illustration 2
    la capsule de Prozium

    Pour assurer le contrôle de la population, le conseil du tétragrammaton dispose de troupes armées et des recteurs, des combattants implacables et hors pair envoyés sur chaque zone de résistance, c'est à dire à chaque endroit où l'on découvre les déviants qui ne prennent pas leur dose de prozium et qui, de fait, sont capables de cultiver l'amour du beau, de l'art, des émotions...

    illustration 3
    les recteurs tétragrammoton (en action et à l'entraînement)
    Errol Partridge (Sean Bean) et John Preston (Christian Bale)

    John Preston (Christian Bale), l'un des meilleurs recteurs tétragrammoton va petit à petit tomber dans la rebellion et s'allier à la résistance pour détruire le conseil.

    illustration 4
    John Preston (il est beau hein ?)



    Mon avis (et en savoir plus)


    Equilibrium
    est un de mes films "culte" !
    Je suis heureuse d'avoir pu le revoir après tant d'années. Oh ! je me souviens en avoir discuté avec mes collègues qui se moquaient de moi, de mon enthousiasme car ils ne l'avaient pas vu et n'en avaient jamais entendu parler, c'est vrai que ce genre de film n'attire peut-être pas les foules... De la science fiction, doublée d'un film genre "philosophique", et pour couronner le tout, un film d'action car il y a pas mal de scènes de batailles, et peu, très peu d'humour, même noir (il y a quand même une scène à la fin) et pas du tout de scène d'amour (juste un baiser et encore, un baiser volé).

    Bon alors j'en viens aux détails à présent, enfin, je veux tenter de fournir un résumé illustré.

    Libria est cette ville formatée, réglementée, de type "Stalinien", une ville affreuse pour tout dire, mais pas autant que l'enfer, qui se trouve être les faubourgs en ruine de cette ville fortifiée où se réfugient les dissidents, ceux qui cachent des trésors anciens (tableaux, photos, disques, objets personnels,...) capables d'émouvoir.

    illustration 5
    Libria
    5.1- vue d'ensemble
    5.2- une allée
    5.3- une conférence "bourrage de crânes"
    5.4- l'extérieur en ruines où se réfugient les dissidents au régime

    John Preston, notre héros, est un homme qui est entré "dans le moule", un bon élément au service du conseil, qui n'a pas bronché lorsque sa propre épouse accusée d'être une déviante, a été emportée par la milice puis éxécutée. Depuis, il vit avec ses jeunes enfants, eux aussi dispensés de sentiments.

    illustration 6
    6.1-et 6.1-bis : la femme de John au moment de son arrestation
    6.2- John rentre chez lui et trouve son fils devant l'écran géant de propagande type "'big brother"
    6.3- John dort seul (on aperçoit le matelas vierge de son épouse à côté)

    Progressivement, John va trouver des failles dans le système bien huilé dans lequel il n'est pas censé avoir des émotions. La mort de son collègue recteur, accusé d'être un déviant pour avoir lu un livre de poèmes (impardonnable pour un recteur !), la rencontre avec Mary, une femme qui le pousse dans ses retranchements d'humanité, la casse d'une de ses ampoules de Prozium, voici quelques grains de sable qui vont enrayer la machine implacable de déshumanisation dont il fait partie.

    illustration 7
    7.1- l'ami trouvé (Sean Bean) lisant un livre interdit
    7.2-John rentre chez lui, incertain
    7.3- John arrête Mary, accusée de receller dans son appartement des objets interdits (flacon de parfum, ruban, tableaux, livres, etc...)
    7.4- John casse une ampoule de Prozium et décide de s'en passer désormais


    Nous arrivons à la fin du récit que je voulais entreprendre ! Merci d'être resté jusqu'ici.

    Au contact de Mary, dont il semble être amoureux, et sans ses doses de Prozium, voilà notre John bien décidé à arrêter le délire du conseil qui n'applique même plus ses lois : jugements hatifs voire supprimés, exécutions sommaires et barbares, c'en est trop.

    illustration 8
    John et Mary
    Elle : "pourquoi êtes-vous en vie ?"
    (sous-entendu, si vous n'aimez rien ni personne dans votre vie, à quoi ça sert ?...)

    Privé d'amour le souffle n'est qu'une horloge qui égrenne les heures


    Rhôô, alors bien sûr, n'allez pas croire que c'est une histoire d'amour de plus hein ? non, cette rencontre entre John et Mary est un genre de catalyseur, il fallait au moins ce genre de regret pour pousser un homme resté si longtemps dans l'ignorance de la passion, d'avoir cru aveuglément à un "Père" bon et désirant l'égalité pour tous (ça existe ça ?) au détriment des consciences.

    Illustration 9
    Ca va chauffer pour le matricule du conseil, c'est moi qui vous le dit !
    (vous avez vu dans quoi le dirigeant travaille ? pas mal le décor grand siècle hein, que des objets interdits = classés EC-10 !)

    Bon, et bien avec cette petite rétrospective, je pense avoir fait le tour de l'essentiel, sans trop en dire, il y a quand même pas mal de choses que j'ai délibérément occultées pour laisser une part de surprise à ceux qui n'ont pas encore vu ce film et qui, un jour ou l'autre se diront, et bien tiens et si je regardais Equilibrium, et ils penseront un petit peu à moi (et à ma grosse folie !).

    Notons l'esthétique du film, que j'aime beaucoup, tout en ombre et lumière, noir et blanc, la seule couleur est réservée aux objets interdits ou à la mort.

    illustration 10
    les couleurs de la déviance et de la mort...

    Un mot encore (on ne m'arrête plus !) : ce film a un petit air de ressemblance à la Matrix : vêtements noirs ajustés, katas des scènes de combats, cependant, le film reste beaucoup plus accessible, je dirais "primaire", alors que Matrix offre un récit plus spirituel, c'est mon humble avis.

    Qui a dit que j'étais zinzin de cet acteur ?

    Jusqu'en enfer / Drag me to hell (2009)

    Réalisateur : Sam Raimi
    Genre : comédie horrifique
    Année : 2009

    L'histoire :
    Christine (Alison Lohman) travaille dans une banque et convoite une promotion mais elle est trop gentille et son patron lui fait remarquer qu'il faut parfois savoir dire "non" aux mauvais payeurs. Aussi lorsque qu'elle refuse un énième report de crédit à la vieille Madame Ganush, (une affreuse, dégoûtante et méchante gitane !) celle-ci jette sur la pauvre fille le sort de la "chèvre noire" qui doit l'emporter en enfer.


    Mon avis (et en en savoir plus) :
    J'ai appelé le genre de ce film "comédie horrifique" car on rit pas mal des scènes d'horreur qui sont grotesques, heureusement, je n'aime pas trop avoir peur (comme pour le film l'exorciste par exemple).

    Christine saigne du nez et ça glicle d'une manière grossière, d'autre part le directeur de la banque n'arrête pas de répéter "j'en ai eu dans ma bouche" ce qui ajoute un effet comique à la scène.

    Christine est assez courageuse ma foi de s'attaquer à la malédiction, n'hésitant pas à affronter Mme Ganush pour lui demander de lui pardonner, ou à contacter des médium pour s'expliquer avec la "créature de l'enfer"

    Christine, aidée de médium et de son fiancé va tout faire pour modifier son destin...

    Au résultat, un bon petit film parodique des films d'horreur, on aimerait bien que la douce Christine s'en sorte, d'autant qu'elle se bat bec et ongles contre des forces beaucoup plus puissantes qu'elle.


    Mulholland Drive (2001)


    • Réalisateur : David Lynch
    • Genre : drame - fantastique
    • Année : 2001

    L'histoire

    Diane, une jeune comédienne arrive à Hollywood où elle espère devenir une actrice reconnue. Sa rencontre avec Camilla, une comédienne dont elle tombe amoureuse, va l'entraîner vers une histoire fatale.


    En savoir plus
    Le film présente en fait plusieurs couches de réalités qui se pèlent comme on le ferait avec un oignon. Il y a même des rêves dans le rêve.

    Le film débute par un rêve, nous ne le comprenons qu'au fur et à mesure, lorsque des éléments incongrus se révèlent. Les personnages que l'on y voit n'ont pas la même identité que dans la réalité, les prénoms sont brouillés comme si l'on avait mal distribué les cartes.

    Dans son rêve, Diane Selwyn (Naomi Watts, la blonde) s'imagine être une certaine Betty, elle se voit arriver à Hollywood en compagnie d'un charmant petit couple de vieillards qui lui ont tenu compagnie et qui lui font leurs adieux devant la gare.

    S'ensuivent alors plusieurs séquences plus ou moins mystérieuses qui mettent en place les personnages. Comme dans un rêve, certains sont principaux, d'autres secondaires et sont comme des bruits de fond, des failles dans la conscience malmenée de celle qui dort.

    A son réveil, notre dormeuse lève un peu certains voiles sur son histoire : sa relation homosexuelle avec la beauté fatale Camilla Rhodes

    une femme qui n'hésite pas à s'afficher avec le réalisateur qu'elle va épouser, ou qui se laisse embrasser par une autre actrice sous ses yeux

    La coupe est pleine... La pauvre Diane va jouer le dernier acte de sa vie.




    Mon complément
    Je préviens de suite : j'aime David Lynch, alors évidemment, j'ai trouvé dans ce film de quoi contenter ma curiosité de spectatrice, même si je suis d'accord avec le fait reconnu que ce film n'est pas facile. Tout d'abord, le récit n'est pas linéaire, il est comme les circonvolutions du cerveau : il prend des raccourcis ou bien il fait des détours. Il y a des surprises, beaucoup de questions, peu de certitudes.

    L'ensemble donne un drame à plusieurs actes qui ne sont pas tous dans le même plan et qui sont parfois imbriqués les uns dans les autres, il y a donc beaucoup de scènes de référence, et comme le petit poucet, Lynch sème quelques marques de fabrique ici et là.

    Ce qui suit révèle l'intrigue (clefs et/ou interprétations personnelles sur le film)



    I/ Première partie : un mini condensé du film
    Diane rêve. Elle arrive dans une belle résidence, censée être celle où une certaine tante Ruth, actrice elle aussi, qui lui laisse le loisir d'habiter son appartement durant un tournage. Betty croise la concierge Madame Lenoix que tout le monde appelle "Coco" et découvre dans la salle de bain une inconnue (amnésique), qui finit par lui dire qu'elle s'appelle Rita parce que l'inconnue, paniquée, a vu une affiche de Rita Hayworth.
    Le personnnage de Rita (Laura Harring) est mis en scène en fait dès le début du film, lorsqu'on la voit victime d'un accident de voiture et trouver refuge dans l'appartement vide.

    Autre séquence, l'équipe d'un film se trouve dans une salle de réunion. Deux hommes arrivent, les Castigliane, ils imposent le choix de l'actrice principale, une certaine Camilla Rhodes. Un homme, Monsieur Roque, semble suivre la scène depuis une étrange pièce.
    Adam Kesher, le réalisateur, semble outré de ce manège, il refuse de participer à cette manipulation et insiste pour choisir lui-même son actrice principale. Il est un peu plus tard abordé par un mystérieux cow-boy qui le menace de mort mais qui lui laisse entendre qu'il peut changer son destin s'il fait le bon choix.
    Rita/Diane avoue à Betty qu'elle est amnésique. Dans son sac à main, elles deux femmes découvrent une étrange clef bleue que les deux femmes décident de cacher dans un carton à chapeau.


    Le rêve suit son cours, Rita retrouve son véritable nom en allant dans un bar et le prénom "Diane" sur le badge de la serveuse. Diane est le prénom de Rita.
    Betty passe son audition, elle est performante, mais on apprend qu'elle n'a pas le rôle, qu'une certaine Camilla Rhodes a été choisie à sa place.

    Betty et Diane/Rita décident de se rendre à l'adresse mentionnée dans l'annuaire au nom de Diane, elles trouvent un cadavre sur le lit. Diane pense alors qu'elle est recherchée par des tueurs, Betty l'aide à se transformer grâce à une perruque blonde.

    "On dirait vraiment quelqu'un d'autre"
    Plus tard, Betty invite Diane dans son lit, les deux femmes deviennent amantes.

    Au milieu de la nuit, toujours dans le rêve, Diane oblige Betty à aller dans un étrange théâtre, où le présentateur indique :
    • qu'il n'y a pas d'orchestre (pas de chef d'orchestre ==> pas de cerveau = place à la folie ?)
    • que tout ceci est un enregistrement (encore une piste pour nous indiquer que ce que nous voyons est une information qui peut être déformée de la réalité, falsifiée).
    Les deux femmes semblent en proie à une immense tristesse.
    Une boîte bleue est découverte dans le sac à main de Betty : la clef qu'elles ont cachée dans le carton à chapeau en permet-elle l'ouverture ? De retour à la maison, la clef ouvre effectivement la boîte qui est vide et qui tombe par terre.


    Le bruit de la boîte qui tombe franchit la frontière entre rêve et réalité, on aperçoit la tante Ruth qui entre dans l'appartement (ah bon, elle est revenue ? mais non, c'est un clin d'oeil...).

    Le cow boy vient réveiller notre rêveuse.

    Le film se poursuit avec de vraies-fausses réalités, des sortes de flash-back, que la mise en scène de Lynch permet de distinguer (j'en parle dans la deuxième partie).

    On frappe à la porte. Diane doit rendre des affaires, de la vaisselle à une voisine, on suppose qu'il y a eu échange d'appartement. La voisine réclame sa lampe, sa vaisselle et récupère un cendrier qui trône sur la table du salon. Une fois la voisine partie, Diane qui ne semble pas dans son assiette se fait un café qu'elle ne boit même pas, puis elle croit voir son amie mais c'est une hallucination qui la met dans un état désespéré (on comprend après pourquoi).
    Le film se poursuit avec des scènes du passé que Diane repasse en revue, nous voyons Adam et Camilla répéter une scène, nous comprenons que Diane n'est pas très satisfaite de la situation : être obligée d'assister à des embrassades entre Adam et son amante... Elle ronge son frein !

    Une soirée a lieu, Camilla insiste auprès de Diane pour qu'elle vienne, il y aura une surprise. Durant le trajet, la voiture qui emmène Diane s'arrête sur les hauteurs de Mulholland drive, Camilla sort d'un buisson et lui montre un raccourci, un passage secret...
    Lors du dîner donné dans la maison d'Adam où se passe la soirée, Diane explique son parcours : son arrrivée à Hollywood suite à un concours de danse et au décès de sa ante qui lui a laissé un petit legs. Une autre réalité se dessine... On apprend que Diane obtient des petits rôles grâce à Camilla. Puis, lorsque Camilla et Adam annoncent leur mariage, Diane craque, elle souffre trop de cette situation.
    Diane décide de faire appel à un tueur pour éliminer Camilla. L'entrevue a lieu dans le Winkie's bar, le simplet du rêve passe devant la vitrine. Le tueur explique à Diane qu'une fois le contrat fait, elle recevra une clef bleue cpour prouver que Camilla est bien morte.
    Diane demande un peu perdue par sa décision demande ! "une clef pour ouvrir quoi" ? Le tueur ricane (c'est pour cette raison que pour moi, la boîte bleue représente la conscience).

    Un peu plus loin dans une ruelle, une clocharde ramasse une boîte bleue et la range dans un sac en papier.
    En sortent les deux vieillards en miniature qui accompagnaient Diane/Betty dans son rêve. Ceux-ci passent sous la porte de l'appartement où se morfond Diane et, reprenant une taille normale, effrayent la jeune femme en lui criant après.
    Diane se réfugie dans sa chambre pour s'y suicider.

    II/ Deuxième partie : le rêve du film et la réalité (ou pas).
    Nous savons maintenant que le début du film est un rêve. Un rêve que Diane fait en prenant une nouvelle identité, mais dans ce rêve, elle place des petits éléments, des petits instants qui trouvent un écho, ou qui s'expliquent un peu plus tard dans le film.

    Betty
    Diane s'appelle Betty, qui se trouve le prénom de la vraie serveuse du bar (on le découvre dans la dernière partie du film).
    la rêveuse trouve un papier sur une robe de chambre "amuse toi Bitsie"
    badge de la vraie Betty dans le Winkie's
    Le rêve - la mort
    Lynch propose très finement, une piste pour le spectateur. Deux hommes prennent un café, l'atmosphère est étrange, l'un d'eux semble un peu simplet, il explique à son interlocuteur qu'il a fait un rêve, plusieurs fois, et que ce rêve était horrible, qu'il a vu une visage qu'il ne voudrait jamais revoir...comme si Diane dans son rêve était capable de se rendre compte qu'elle est en train de rêver. L'homme épouvanté par le souvenir de l'affreux visage est comme un alter égo de Diane, épouvantée par la mort, ou la mort elle-même.
    - le visage qui épouvante l'homme "simplet" - le rêve dans le rêve
    - Louise Bonnaire, une voisine un peu folle qui vient avertir que
    "le malheur va frapper, une personne a de graves ennuis"
    - une clocharde joue avec une mystérieuse boîte bleue
    Les tasses de café
    Apparition de tasses de café identiques entre rêve et réalité.
    - tasse dans le Winkie's du rêve
    - chez Diane à la fin du film
    Le café imbuvable
    Une scène complétement bizarre m'a interpellée, c'est lorsque les Castigliane interviennent pour le casting du film et que l'un d'eux n'arrive pas à boire son expresso. Parallèlement, Diane revenue dans sa réalité est incapable de boire le café qu'elle s'est préparé.
    Diane fixe sa tasse, perdu dans son souvenir
    Séance de "cadrage de casting" : le café est imbuvable
    (en même temps la scène est très drôle !)

    Le téléphone-mystère
    Mystérieuses séquences de téléphone sur la table de nuit :
    -table de nuit dans le rêve
    table de nuit dans la réalité dans l'appartement sommaire de Diane : c'est la même !
    la véritable table de nuit, telle qu'elle est à la fin du film
    = le téléphone, la lampe sont différents, le cendrier a disparu de la table de nuit.
    Le cendrier-encore une manipulation des images
    -réalité : la voisine vient chercher ses affaires chez Diane dont le cendrier en forme de piano
    -le cendrier a bien disparu de la table basse, reste la clef bleue de la réalité
    -Diane revisite un peu le passé et hop !
    la clef a disparu au bénéfice du retour du cendrier et d'un verre d'alcool
    La clef bleue 
    La mystérieuse clef bleue est différente entre le rêve et la réalité
    -la clef du rêve, de forme triangulaire
    -la véritable clef
    La boîte, une interprétation personnelle
    Que dire sur la mystérieuse boîte ? Je pense que la boîte représente la conscience, mais aussi l'enfer. Dans le rêve, nous avons une petite boîte bleue qui apparaît dans le théâtre qui apparaît dans une ambiance bleue.
    -dans le rêve, arrivée au théâtre
    -Diane/Betty et Camilla/Diane~Rita sous le coup d'une grosse émotion dans le théâtre
    lumière bleue, infernale (pour Lynch, l'enfer est bleu)
    Coco
    Coco / madame Lanoix dans le rêve de Diane
    -Coco, la mère du réalisateur dans la réalité
    = elle pioche goulûment dans un ravier de noix...

    La femme sur le lit
    Deux autres scènes à mettre en parallèle :
    la femme morte découverte dans le rêve (appartement de Camille / Diane-Rita)
    Diane /Betty s'est endormie (notons le téléphone et la lampe : nous sommes bien dans la réalité)
    Les esprits
    Enfin, pas vraiment des esprits bien sûr, je veux parler des visages apparaissant au début et à la fin du film.
    Diane entourée par un couple de vieillards
    on peut supposer qu'il s'agit de ses parents ou grands-parents
    on les retrouve dans le rêve en compagnons de voyage de Diane lorsqu'elle arrive en ville
    Diane et Camilla réunies et souriantes (dans quelle réalité ?...)
    III/ Troisième partie : les scènes étonnantes et mystérieuses
    Il me reste encore deux ou trois petites choses à montrer (ou plus...), comme cela, pour le fun, des images que j'ai trouvé belles ou qui me parlent.
    Monsieur Roque, interprêté par Michael J.Anderson qui joue aussi dans Twin Peaks
    Le canapé dans la mystérieuse pièce où se trouve Monsieur Roque
    Adam se venge de l'infidélité de sa femme en remplissant sa boîte à bijoux de peinture
    Camille vient chercher Diane pour l'emmener à la soirée, elles ont toutes deux une robe dans les tons rouge et noir
    Enfin, une surprise découverte au cours du générique : la présence d'Angelo Badalamenti qui signe habituellement les musiques des films de Lynch dans la distribution des acteurs, il joue le rôle de Luigi Castigliane (j'avoue que je ne l'ai pas vraiment reconnu !).

    Pour finir, je trouve que ce film est assez riche en interprétations, on trouve toujours quelque chose de remarquable à chaque vision de ce film.

    Par ailleurs, Lynch étant peintre, on trouve beaucoup de nuances dans ses films. La couleur est importante, on pourrait faire un billet sur le sujet.. et je trouve que certaines scènes sont vraiment très esthétiques et dignes d'un tableau comme la scène de la cuisine qui ressemble à un tableau d'Hammershoi
    Et maintenant, un mot encore ! Silencio...

    Ma conclusion
    Le rêve que l'on fait nous refait mais ne défait pas ce que l'on n'aurait pas dû faire...