24 mai 2007

Ecrire

Le processus de l’écriture n’est pas une chose qui se décide histoire de passer le temps de manière plus ou moins confortable, supportable, dans un esprit forcément éclairé, dans une cadence plus ou moins rituelle. C’est avant tout l’acte déraisonnable d’un soulagement merveilleux, qui est entièrement pardonnable du moment qu’il est sincère et mesuré. Je ne crois pas dans la commande mais dans l’impulsion du moment. Le besoin naturel est complètement débarrassé de tout à priori mal placé, de toute estime autre que la sienne. Je crois que, pour ce qui me concerne, cet acte témoigne d’un certain déséquilibre, je suis ici et ailleurs, dans le présent et dans le passé, vers le futur. Rien n’est simple. L’amour n’est pas exclu de cette aventure, bien au contraire. Il est le carburant indispensable sans qui le voyage au coeur des mots est impossible. Il est la première majuscule de la phrase, il promet toutes les initiales à graver sur les bois noirs de notre forêt d’ombres. Il vendange toutes les cérémonies, les récoltes, les retouches, les soupirs d’aise, les larmes. Il est l’unique grain, de folie, de pluie. C’est la semence de l’instant, l’impatience de nos heures. Ecrire c'est avoir envie de laisser une trace, d'échanger un sentiment, de convaincre de la véracité d'une histoire. Il y a forcément l'ombre d'une inspiration, la puissance d'une descente en nous même, tel l'explorateur d'un nouveau monde, pour y puiser, dans les méandres de notre inconscient, ce qui doit surgir à la surface des apparences. Ecrire n'est pas une nécessité, ni absolue, ni conditionnée par l'actualité parfois hélas insoutenable. Ecrire ici n'est que le résultat d'un sentiment instantané, d'une envie de me rappeler un peu mon quotidien. Ecrire n'est pas le remède à un mal ou à un manque, c'est un acte de luxe. La somptuosité des émotions simples de la vie.