22 octobre 2013

Autopsie du manque

Longtemps j'ai vécu dans un espace étriqué. Le manque. Toutes sortes de manque. Attention. Argent. Amitié. Les possessions ne sont guère utiles devant des tas inutilisés. Objets invisibles dans des cartons qui perdent leur forme et leur fond. Longtemps j'ai vécu comme en suspens comme dans un bocal de formol, créature exposée baignant dans son liquide protecteur mais incapable d'en sortir, de briser la glace, de me sauver. Le soir, je m'endormais avec une grande puissance dans le monde réservé aux rêves dont j'étais régulièrement exclue par les pleurs nocturnes de mon fils. Pas étonnant alors que le reste de la nuit soit consacré à toutes sortes d'histoires farfelues que je me racontais pour me rendormir quelques minutes me semblait-il avant 6h00. Je manque de sommeil.