20 octobre 2018

[Fiction] Le cadeau surprise

C’est l’heure de l’imprévisible où les mots me rejoignent enfin comme attirés de loin, virevoltant autour de moi comme des papillons, des plumes, dépôts des anges bienveillants. Je soupire malgré mon soulagement. Je ferme les yeux pour anéantir le goût des ombres qui pourraient surgir. Juste une seconde. Une mémoire d’avenue voilée de poussières enrubanne ma gorge nouée. Encore un instant. J’avance doucement sans rien chercher d’autre qu’un reflet inhumain mais qui me rassure. Lune éblouie. Tombée dans le cœur de la nuit à l’envers du lac voisin. Clapotement furtif du miroir indigo. Je pose mon stylo. Il est l’heure du thé. Infusion brûlante de chrysanthèmes blancs germée d’un refrain d’enfant. Je chante doucement. C’était il y a longtemps, c’était l’hiver. La table est dressée pour tous mes invités, les saugrenus, les farfelus, les impromptus. Tous sont venus à mon invitation enchantée.
Je porte ma jupe de mousseline comme une corolle d’arum. Je joue à la petite fille et ce sentiment me comble comme lorsque je prends une gorgée de caramiel ma douceur secrète. Ils vont certainement m’offrir un cadeau, je ne sais pas encore ce qu’ils cachent derrière leur dos, un lapin blanc, un livre de cuir, des chaussures de verre, tout me fera plaisir car j’adore les surprises. Le thé me tonifie, les scones fondent sous la langue gourmande, j’ai envie de frapper mes mains de joie, mes convives s’évanouissent. Dehors c’est l’automne qui laisse tomber les feuilles ; les moins résistantes partent en premier dans le grand élan vif, immuable répétition. Les oiseaux perçants viennent remplacer les étoiles à travers les branches sèches. Ils ne tombent pas. C’est le sommeil gardien.
Hiboux, corbeaux, plumes mordorées. Les vagues opalescentes s’enfuient comme des nuages à travers les cieux fabuleux. Oh comme je suis remplie d’allégresse alors que je distingue la petite barque qui m’attend sur la haute berge ! Elle ressemble à celle que le petit enfant de pierre aurait pu rêver dans les jardins de Kensington. Mais il est temps de traverser, je dois tenir ma promesse. Quelques mots encore et j’atteindrai la brassée des roses mauves que je désire prendre contre moi. Je reviens d’une île fantastique et c’est déjà un autre hiver qui m’attend. Le temps s’enroule comme autour d'une boucle sur la comète de nos vies filantes. Tu me disais autrefois : Ecris ce merveilleux poème sur la spirale infinie du temps, il est si nécessaire à mes songes et tu le contes si parfaitement ! J’avais souri à cette idée. Un jour peut-être...

VV-26 février 2007

01 octobre 2018

[Film] Coherence - 2013 (US)

réalisateur : James Ward Byrkit

Résumé

Huit amis se retrouvent pour dîner tandis qu'une comète passe à proximité de la Terre. Une jeune femme, Em, appelle pour annoncer qu'elle est sur le chemin mais est surprise lorsque la vitre de son téléphone se brise. Une fois sur place, Em évoque sa mésaventure et un des convive explique qu'à cause de la comète, des phénomènes anormaux vont se produire. Lorsque l'électricité est coupée, deux convives se mettent dans l'idée d'aller voir les voisins et sortent de la maison. Ils mettent du temps à revenir et à leur retour, ils semblent déstabilisés et se disputent car l'un d'eux à rapporté une boîte qui aurait peut-être due être laissée là où elle était.

mon avis

Excellent film de science fiction basé sur la théorie du Chat de Schrödinger ou plus précisément sur la théorie des univers parallèles. Dans cette histoire, l'effet de la comète induit la coexistence de plusieurs maisons et personnages identiques qui finissent par s’emmêler dans une autre de leur réalité. Excellent suspens et globalement, une cohérence du scénario tout à fait plausible si l'on accepte la théorie des univers //.

avec

  • Nicholas Brendon : Mike (vu dans "Buffy et les vampires)
  • Maury Sterling : Kevin (vu dans Homeland)
  • Hugo Armstrong : Hugh
  • Emily Foxler : Em
  • Elizabeth Gracen : Beth
  • Lorena Scafaria : Lee
  • Alex Manugian : Amir
  • Lauren Maher : Laurie

9/10

30 septembre 2018

[Film] Dans la brume - 2017 (FRANCE-QUEBEC)

Réalisateur : Daniel Roby

Résumé

Mathieu et Anna vivent à Paris, ainsi que leur fille Sarah atteinte d'une maladie respiratoire le syndrome de "steamberger" qui l'oblige, pour le moment, à vivre dans une sorte de cylindre en verre sous atmosphère contrôlée.

Un jour, quelques minutes après l'annonce d'un séisme s'étant produit en Suède et au Danemark, tout Paris est envahi d'une brume jaunâtre mortelle qui provient du sous-sol. Mathieu et Anna trouvent refuge chez leurs voisins, un couple de septuagénaires qui habitent dans le haut d'un immeuble, et ils tentent de trouver un moyen pour que leur fille ne soit pas touchée par la brume mortelle si celle-ci venait à pénétrer dans sa bulle.

mon avis

Globalement, j'ai bien aimé : le suspens est bien mené et la plupart des réactions sont cohérentes, même si j'ai trouvé que certaines choses arrivaient un peu trop facilement, car dans la "vrai vie", non, ça ne se passerait pas comme cela : quelle mère pourrait savoir exactement où sont les combinaisons dans un hôpital et la trouverait dans cette purée de pois ? mais si l'on passe ces légères facilités scénaristiques, le spectacle est bien là ! Spoiler [Personnellement j'avais compris dès le début la fin, le fait que beaucoup d'enfants étaient nés avec le même syndrome....]fin du spoiler.
J'ai bien aimé l'intégration du vieux couple qui apporte énormément à l'intrigue, avec les réflexions sur la vie, la perte d'un enfant etc...en plus Michel Robin est l'un de mes acteurs préférés ! 

avec

  • Romain Duris : Mathieu, le père
  • Olga Kurylenko : Anna, la mère
  • Fantine Harduin : Sarah, la fille
  • Michel Robin : Lucien, le voisin
  • Anna Gaylor : Colette, la voisine

rire : 0/10
émotion : 10/10
décor : 10/10
jeu d'acteurs : 8/10

23 septembre 2018

[Film] La Tour sombre - 2017 (USA)

Réalisation : Nikolaj Arcel

Résumé

Sur la "Terre-clef", Jake, un jeune garçon a dans ses rêves de nombreuses visions d'un monde inconnu dans lequel une gigantesque tour sombre est bombardée par des faisceaux d’énergie, et lorsqu'il se réveille, la terre tremble comme s'il y avait un lien de cause à effet.
Dans l'univers du rêve, qui existe effectivement dans une autre dimension, vit le dernier pistolero dont la tâche est de protéger la tour qui permet de maintenir l'équilibre entre les mondes, et surtout d'empêcher les monstres d'un univers infernal d'envahir les autres mondes où elles sèmeraient le chaos. L'homme en noir, une sorte de sorcier très puissant cherchent à rompre cet équilibre et utilise la puissance psychique d'enfants pour parvenir à déstabiliser la tour.
Jake a naturellement un pouvoir psychique (le shining) qui pourrait venir à bout de la tour et, lorsqu'il est repéré, l'homme en noir fait tout pour l'enlever tandis que le pistolero tente de le sauver.

mon avis

Adaptation des romans de Stephen King, voici un bon film fantastique qui se laisse regarder, quelques scènes horribles c'est dommage car ce n'est pas pour tout public bien que le héros soit un jeune garçon de 11 ans.
Roland et Jake
Le plus : les passages d'une dimension à une autre, la "Terre-clef" qui ressemble  aux bidonvilles du film Elysium

Le moins : la fin, un peu trop rapide !

avec

  • Idris Elba : Roland
  • Matthew McConaughey : l'homme en noir
  • Jake : Tom Taylor

[Roman] La quête du trésor du Temple par Jean d'Aillon (2018)


Résumé

Octobre 1307, Robert de L’Aigle et deux templiers assurent le convoi des archives et du trésor du Temple car le grand maître de l'Ordre, Jacques de Molay, est prévenu que le roi de France Philippe le Bel cherche à les récupérer sous  le (faux) prétexte que ceux-ci adorent Satan. Après avoir accomplit sa mission, Robert se retrouve sans ressources, ses "frères" ayant été tués ou emprisonnés pour être y torturés et avouer la cachette (qu'il est désormais le seul à connaître). A Paris où il compte se réfugier, il rencontre des voleurs qui, après avoir voulu l'occire, l'aident à rejoindre l'Angleterre sous une fausse identité. Mais Robert va devoir revenir en France afin de sauver son épouse tombée aux mains de Nogaret, le fourbe chancelier du roi qui n'hésite devant rien pour assurer sa fortune, et sa vengance.

extrait

En suivant les captifs, le coeur du Languedocien débordait d'allégresse. Il s'était attendu à une forte résistance de la part de ces moines-soldats, mais ceux-ce s'étaient comportés comme des frocards. Le roi serait content de lui.
Cependant, plus que les compliments du roi, un autre motif de satisfaction le comblait. Cinquante ans auparavant, son grand-père avait été arrêté et brûlé comme cathare. Des templiers qui lui étaient proches auraient pu le défendre, mais ne l'avaient pas fait. Maintenant, Nogaret tenait sa revanche. C'est lui qui ferait désormais brûler les chevaliers du Temple en les accusant d'hérésie. (p.33)

mon avis

Voici le dernier roman sorti cet été  et publié aux Presses de la cité après avoir été disponible en version numérique. Roman en deux parties "la traque de Robert de l'Aigle" puis "l'Attrapoire", nous suivons les més(aventures) de ce jeune homme qui, peu de temps avant de prononcer ses vœux de templiers, trouve l'amour tout en frôlant de près la mort. Jean d'Aillon nous régale encore une fois en nous emportant dans le moyen-âge brutal, frugal, létal, au coeur des ces guerres parfois fratricides et nous fait en même temps une révision de notre histoire, non sans humour.

Un très bon moment de lecture durant une semaine du mois d’août 2018 !

Clin d'oeil : l'histoire est reliée au "secret de l’enclos du Temple", une enquête de Louis Fronsac.

478 pages

[Roman] Un bon jour pour mourir par Jim Harrison (1973)

Résumé

Un homme désœuvré, séparé de sa famille (il a une femme et une fille), passe son temps à aller à la pêche et à parier sur d'improbables parties de billard ; il fait alors la connaissance de Tim, un ancien militaire blessé du Vietnam qui l'invite à boire et à manger. Devant cette force de la nature pourtant abîmée, le narrateur évoque la construction d'un barrage dans le Grand Canyon. Tim se met en tête de la faire exploser et les voilà sur la route, en compagnie de Sylvia, la petite amie de Tim, pour une road-story mouvementée entre réflexions sur la place de l'homme dans la nature et la place de la femme dans la vie d'un homme.

extrait

- Ils vont construire un barrage sur le Grand Canyon, dis-je, à mi-chemin, en traversant Duval Street.
Tim s'arrêta et me regarda, perplexe. Une voiture klaxonna.
- Tu te fous de moi ?
- Non.
Nous entrâmes dans le restaurant et l'hôtesse, après un coup d’œil averti, nos installa dans un coin, aussi loin que possible de autres clients.
- Où as-tu entendu une chose pareille ? demanda-t-il en consultant la carte.
- Je l'ai lu quelque part. C'est vrai.
Pendant un moment, j'avais été pris de court. Ce n'était de ma part qu'une simple divagation.
- Tu es sérieux ?
- Ma parole d'honneur, dis-je en levant mes deux doigts, tel un chef scout.
- Mon dieu ! Alors il va se remplir d'eau ? Il était visiblement troublé et je cherchais à détourner la conversation. (p.26)

mon avis

C'est un bonheur d'avoir à lire encore quelques romans avant d'achever la lecture de tous les romans de Jim Harrison. Ce livre fait partie des tous premiers puisque c'est son deuxième roman (après Wolf). Jim Harrison dessine déjà le personnage type qu'il mettra en scène dans une bonne partie de ses romans : un homme tiraillé, souvent solitaire, désabusé mais bon vivant, souvent fauché, aimant la nature, la pêche autant que les femmes mais les craignant aussi un peu, surtout celles appartenant à un autre. La destruction de l'environnement naturel, la description de paysages se superpose toujours avec le passé peu glorieux des américains non natifs ayant pris le dessus sur les indiens à force de roublardise.
Le style de narration, toujours riche, très peu superficiel, nous emporte dans une réflexion sur la vie, ses motivations, ce qui nous fait "aller de l'avant", même si le personnage principal, comme souvent, se retrouve seul, sacrifiant son propre bonheur immédiat pour quelque chose de moins égoïste.

A good day to die.
traduit de l'anglais (américain) par Sara Oudin
210 pages

15 septembre 2018

[Feuilleton] Witch's Love - 2018 (Corée du sud)

réalisateur : Park Chan Yul

Résumé

Lorsque son petit ami l'abandonne, Cho Hong, une jeune sorcière, perd ses pouvoirs. Elle va voir, en cachette de sa grand-mère et de la soeur de celle-ci, une sorcière qui oeuvre dans la magie noire et lui prédit qu'elle retrouvera ses pouvoirs si elle est embrassée par l'homme qui lui est destinée ; pour le reconnaître, une paire d'oreilles magiques tinteront lorsqu'il s'approchera d'elle. Mais quelle n'est pas sa surprise de voir que son "homme" n'est autre que  Ma Seong Tae, l'imbuvable propriétaire de leur immeuble qu'il vient juste d'acheter et qui désire les exproprier. Or les 3 femmes y tiennent un restaurant de soupe depuis de nombreuses années et tout Séoul se bouscule tellement la recette est un délice.
Seong Tae de son côté a reconnu dans l'immeuble l'endroit où il a été emporté 25 ans auparavant, alors victime d'un enlèvement qui lui a laissé une cicatrice sur la poitrine et rendu amnésique. Il espère qu'en habitant dans les lieux, la mémoire lui reviendra.

mon avis

Excellente petite série que j'ai adoré regarder, les acteurs sont mignons, un soupçon de magie, beaucoup d'humour et de comédie. Que demander d'autre pour se détendre après une dure journée ?

12 épisodes d'une heure avec :
  • Hyeon Wu : Seong Tae, le PDG propriétaire de la maison
  • Yun So Hee : Cho Hong, la jeune sorcière
  • Hong Bin (du groupe VIXX) : Jae Wuk, l'amoureux d'enfance de Cho Hong
  • Kim Yeong Ok : Maeng Ye Sun, la grand-mère de Cho Hong
  • Go Su Hee : Jo Aeng Du, la petite soeur de la grand-mère

8/10

[Film] The Princess and the Matchmaker - 2018 (Corée du sud)

Réalisateur : Hong Chang Pyo

Résumé

Afin de faire cesser la sécheresse qui sévit dans le royaume de Joseon, les ministres et les honorables de la cour implorent le roi de marier la princesse Song Hwa. Un jeune noble est chargé d'établir les quatre piliers de la destinée de la princesse et de les comparer à ces prétendants dans le but de déterminer lequel a le plus de chance d'être le meilleur époux. Mais la princesse ne l'entend pas ainsi et décide de sortir incognito du palais afin d'aller dans chaque famille des 4 derniers prétendants sélectionnés et découvrir ainsi la vrai personnalité de ceux-ci.

mon avis

Une comédie où l'on retrouve Lee Seung Gi après l'époustouflant drama "A korean odyssey" qui marqua son grand retour après ses années de service militaire. Une sorte de vaudeville à la mode coréenne, assez drôle et que j'ai eu plaisir à regarder cet été, mais j'ai trouvé certains passages moins réussis, donc un film inégal, par ailleurs la romance entre les 2 personnages principaux n'est pas assez développée, au détriment de scènes inutiles qui font parfois retomber l’enthousiasme du spectateur.

avec

  • Shim Eun Kyung : Song Hwa, la princesse
  • Lee Seung Gi : Seo Do Yun, l'astrologue

7/10

[Film] Detective K : Secret Of The of the Living Dead - 2018 (Corée du sud)

Réalisateur : Kim Seok Yun

Résumé

Le détective Kim cherche le vrai du faux dans les légendes évoquant les vampires. Sa rencontre avec une femme qui semble dotée d'un pouvoir surhumain mais qui a perdu la mémoire, l'intrigue et le subjugue. Sur les traces d'un assassin en série, un vampire ?, Kim Min, toujours assisté de son fidèle Seo Pil n'est pas au bout de ses surnaturelles surprises.

mon avis

Troisième film des aventures du détective Kim, c'est toujours aussi amusant, horrifique mais surtout d'une grand pouvoir comique, du moins à mes yeux. Je recommande vivement de regarder les 3 films pour passer un bon moment, d'humour, dans le XVIIIème siècle à l'époque Joseon.

avec

  • Kim Myeong Min : detective K
  • Oh Dal Su : Seo Pil
  • Kim Ji Won : Wol Yeong, la revenante

8/10

[Film] Detective K: Secret of the Lost Island - 2015 (Corée du sud)

Réalisateur : Kim Seok Yun

Résumé

Corée, 1795. Le roi Jeongjo demande à son fidèle Kim d'enquêter sur un trafic d'argent contrefait qui circule dans le pays. A la suite d'une mésaventure, Kim est exilé sur une île où il rencontre une petite fille très intelligente qui cherche sa soeur qui a été enlevée. Bientôt, le cadavre de nombreuses petites filles sont repoussés sur la plage, Kim décide alors de s'évader, aidé de son acolyte Seo Pil et découvre une véritable organisation de contrebandier liés à des mercenaires japonais.

mon avis

Deuxième film (d'une série de 3), nous retrouvons le détective Kim (Kim Myung-min), une sorte de Holmes coréen, qui grâce à un grand sens de l'observation, mais à une grande capacité d’ingénierie, parvient à déjouer les pièges tendus soit par des politiciens véreux, soit par des contrebandiers sans foi ni loi. Il s'ensuit des scènes d'action à mourir de rire, et toujours de superbes images. Le détective Kim, qui ne semble pas avoir d’épouse, est cependant toujours interdit comme un enfant devant une belle récompense. Dans cet opus, le rôle de la femme fatale est tenu par une gisaeng (courtisane, comme la geisha japonaise).
J'adore !

avec

  • Kim Myeong Min : detective K
  • Oh Dal Su : Seo Pil
  • Lee Yeon Hee : Hisako, la ginsaeng

8/10

[Film] Detective K : Secret of Virtuous Widow - 2011 (Corée du sud)

Réalisateur : Kim Seok Yun

Résumé

Fin du XVIIIème siècle en Corée. Suite à d'étranges meurtres irrésolus dans la capitale (les victimes n'ont aucune trace apparente), le roi Jeongjo charge  Kim, son enquêteur des affaires extraordinaires, pour découvrir ce qui se trame contre lui et l'envoie en province. En chemin, Kim rencontre Han Seo Pil, qui devient son serviteur. Ils arrivent dans la province  où le commerce semble contrôlé par un certain maître Han, qui s'avère être une très belle femme. Kim cherche à savoir ce qu'est devenue la belle-fille du ministre Im après qu'elle se soit jetée d'une falaise après le décès soudain de son époux.

mon avis

Premier film (d'une série de 3) autour du détective Kim (Kim Myung-min), un noble doté d'un haut pouvoir de déduction mais assez maladroit, secondé d'un comparse (Oh Dal-su) plus pragmatique. Ceci donne un film qui allie la comédie au drame, dans un milieu confucéen très codifié où une certaine élite ne recule devant rien, même pas le sacrifice de leur famille, pour s'enrichir.

Un film très drôle, très beau visuellement : les plans, les costumes, les paysages ! Vous allez passer un très bon moment de cinéma, digne des anciens films de cape et d'épée de ma jeunesse.

avec

Kim Myeong Min : detective K
Oh Dal Su : Gae Jang Su
Han Ji Min : Han Gaek Ju/la veuve

8/10

26 août 2018

[Feuilleton] Witch's Court - 2017 (Corée du sud)


Résumé

Une équipe de procureurs est chargée des cas de crimes sexuels. Parmi ceux-ci arrive Ma Yi Deum dont la mère fut une victime 20 ans auparavant de Jo Gab Soo, un politicien véreux qui brigue désormais un mandat de maire ; la mère a disparu le jour où elle apportait son témoignage à Min Ji Suk, la procureure qui s'est promis de faire tomber Jo Gab Soo pour les atrocités qu'il a commises sur plusieurs femmes et qui a été acquitté.
Yeo Jin Wuk intègre également l'équipe, récemment procureur après avoir eu une carrière de psychiatre.

Yi Deum et Jin Wuk travaillent dans le même bureau et sont aussi voisins de pallier car elle loue (sans le savoir) l'appartement de Jin Wuk. Mais les deux jeunes procureurs ne s'entendent pas vraiment et ont des personnalités totalement opposées. Les deux font malgré tout équipe pour rétablir la vérité et la justice.

Leur grande affaire sera la longue quête de preuves pour accuser Jo Gab Soo, habitué à soudoyer des hommes politiques ou industriels afin de gagner de plus en plus de pouvoirs. Lorsque Jin Wuk découvre que sa mère est en partie responsable de la "disparition" de la mère de Yi Deum, il se range aux côtés de Yi Deum dont il comprend la détresse et pour laquelle il éprouve une sincère affection au fil du temps.

mon avis

Une très bonne série que j'ai pu regarder en une semaine (l'avantage de regarder un feuilleton déjà fini dont on peut voir tous les épisodes à la suite sans devoir attendre la fin durant des semaines..).

Beaucoup d'émotions (rires, larmes !) mais aussi beaucoup trop de boissons alcoolisées ! mon dieu toutes ses bières bues à même la canette... 
Au final, l'histoire ne traîne pas trop en longueur même si la série aurait pu être raccourcie d'au moins 2 épisodes, et il est agréable de voir à la fin que le "méchant" est rattrapé par son passé et paye pour tous ses crimes.

Le point fort : pas de relation "Aegyo*" entre les deux personnages principaux et tant mieux car je trouve cela insupportable

Le point faible : pas mal d'éléments du scénario "cheveux sur la soupe" avec des informations hasardeuses absolument pas crédibles (carte de visite par terre,  femme empêchée de sortir d'un ascenseur ? etc...)


  • 마녀의 법정
  • réalisateur : Kim Yeong Gyun
  • 16 épisodes d'1h (vus en coréen)
  • acteurs :
    • Jeong Ryeo Won (Ma Yi Deum, procureure)
    • Yun Hyeon Min (Yeo Jin Wuk, procureur)
    • Kim Yeo Jin (Min Ji Suk, leur chef)
    • Jeon Gwang Ryeol (Jo Gab Su, le politicien véreux, ex policier)
    • Jeon Mi Seon (Go Jae Suk, la mère de Jin Wuk)
    • Lee Il Hwa (Gwak Yeong Sil, la mère de Yi Deum)

8/10

*faire des aegyo = faire des gestes ou s’exprimer de façon enfantine à l'âge adulte
-->> faire des coeurs avec ses mains, imiter le petit chat ou le petit lapin...la liste des aegyo est malheureusement longue et pour moi incompatible avec la dignité humaine ;-)

15 août 2018

[Nouvelles] Dernières nouvelles Jim Harrison (2013, 2016)


Résumé

Les œufs (110 pages)

Une jeune femme qui désire plus que tout s'occuper de ses poules et vivre dans sa ferme isolée, ne renonce pas à devenir mère.
Elle voyait la vie comme un tourbillon permanent dans lequel les gens se comportaient affreusement. A quoi bon pardonner les premiers tourbillons ? Elle savait néanmoins que,si sa mère le demandait, elle lui pardonnerait, convaincue qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Le passé survit en chacun de nous. Peu importent les coups reçus, ces blessures ne sont que les déchets informes de la mémoire, si souvent manipulés qu'ils deviennent indolores, à peine vivants. (p.93)

Le-chien (123 pages)

Chien Brun a bien du mal avec Gretchen, son épouse lesbienne et son identité de père. Il est également en quête de son identité véritable qu'il découvre enfin.
Gretchen lui rappelait une chanson qu'il détestait, You can't always get what you want. Cette femme suscitait chez lui une kyrielle d'espoir, mais il se retrouvait toujours les mains vides avec elle. Il ne comprenait pas cette capacité qu'il avait de la désirer et il croyait qu'il ne la comprendrait jamais. Il soupçonnait que c'était ce que tout le monde appelait l'amour, un truc auquel il ne pigeait rien car, e disait-il, il n'avait pas eu de mère dont il pouvait se souvenir. On commence par aimer sa mère et puis on va de l'avant. Il se souvenait d'une vague silhouette dans un chalet surchauffé où il étouffait. Cette forme floue versait de l'eau froide sur lui et il respirait enfin. (p.148)

L'affaire des bouddhas hurleurs (49 pages)

L'aide de l'inspecteur à la retraite Sunderson est requise pour récupéré les enfants d'un magnat embringués dans une secte ; parallèlement à son enquête, il succombe au charme vénéneux d'une gamine de 15 ans.
Bon. Voilà le scoop. J'ai envoyé un chèque de trois mille boules à l'ne de mes filles, Margaret, pour qu'elle se paie des fringues, parce qu'elle avait rien que des A à la fac. Elle a fait encaisser mon chèque par une organisation appelée le Cercle du Ciel et de l'Enfer. J'ai demandé à un vieux pote du département des sports de vérifier tout ça. C'est un groupe de bouddhistes zen dirigé par un maboul californien. Attention : je ne suis pas idiot au point d'ignorer que les bouddhistes zen constituent une confrérie très respectée. Mais ce connard s'est pointé avec sa grande robe noire pour embrigader une tripotée de paumés. Il fait fait hurler comme des singes. (p.255)

mon avis

Une lecture particulièrement dramatique que ce dernier livre de Jim Harrison décédé l'année dernière. Heureusement, il me reste 5 livres à lire, et comme ce sont des livres jusqu'à l'an 2000, je pense que je ne serai pas déçue. En fait, je suis rarement déçue par cet auteur, seulement parfois exaspérée par sa récente habitude de décrire des scènes de sexe entre un homme d'âge très avancé (autour de 70 ans) et de très jeunes filles (15 ans) car cela me met mal à l'aise, et le fait passer pour un auteur pervers : je n'aime pas cela car Jim Harrison est pur moi le plus grand auteur qu'il m'ait été de découvrir (et aimé) de son vivant (l'autre auteur que j'affectionne presque autant est Stefan Zweig mort en 1942, donc bien avant ma naissance).
Chaque nouvelle aborde (comme toujours) les thèmes de la nature, de l'humain, de l'identité, sans oublier les origines scandinaves de certains personnages ou une infirmité.

On retrouve également dans ces 3 nouvelles les personnages de Chien Brun et de Sunderson, dans leur derniers exploits.

Où apparaît Chien Brun (dans les livres que j'ai lus jusqu'à présent) :
1) La femme aux lucioles (1990)
2) L'été où il failli mourir (2005)
3) Les jeux de la nuit (2009)
4) Dernières nouvelles

Où apparaît Sunderson  (dans les livres que j'ai lus jusqu'à présent) :
1) Grand maître (2011)
2) Péchés capitaux (2015)
3) Dernières nouvelles

Je compléterai cet inventaire à la fin de mes lectures


Pour retrouver toute la bibliographie de Jim Harrison : mon site est sur ce lien

  • The ancient ministrel / Brown dog
  • traduction par Brice Matthieussent

05 août 2018

[Roman] Instantanés d'Ambre par Yôko Ogawa (2015)

Titre japonais : Kohaku no matataki

Résumé

De nos jours monsieur Amber, un vieux pensionnaire de ce qui semble être une maison de retraite, est observé par une femme qui connaît son secret.
Quelques années auparavant, une mère voulant échapper à un chien "maléfique" emménage avec ses enfants (deux garçons et une fille) dans une maison entourée d'un haut mur et les oblige à oublier leur identité : pour cela ils choisissent leur nouveau nom dans une encyclopédie : ce sera Opale, Ambre et Agate. Durant des années, ils vivent avec interdiction de sortir du jardin, et, livrés à eux-mêmes, ils se réfugient alors dans leur univers d'occupations, de lectures, de jeux, complètement fantasmagoriques dans lesquels leur soeur morte peut reprendre vie.
La malheureuse enfant de leur mère revivait dans un coin d’encyclopédie où se trouvaient répertoriées toutes les choses du monde.
Un jour, la mère amène un âne chargé de brouter leur herbe :
L’âne, ce drôle de visiteur qui se contentait de brouter en silence, apportait aux enfants un moment de joie intense. Dans leur esprit, l’année se partageait désormais en deux périodes, avant et après le passage de l’âne du chauffagiste. Ces deux périodes étaient reliées par les six jours de l’âne. Il était comparable à un ruban. Leur enfermement dans ce temps monotone n’était pas noué avec une banale cordelette mais avec une jolie faveur.
La mère se rend à son travail et c'est ainsi qu'un jour en son absence, l'un d'eux sort du jardin et fait la connaissance d'un colporteur qui peut leur offrir des merveilles qu'ils n'ont jamais vues. L'harmonie de leur univers clos est rompue et cette fissure va être le début de leur délivrance.

mon avis

J'ai retrouvé dans ce dernier Ogawa les thèmes qu’elle affectionne tant : l'eau (la fontaine, le ruisseau, la neige,...), le pouvoir de l'encyclopédie, les insectes, la pâtisserie, les cavités secrètes... mais l'histoire de cette mère folle et de ses enfants livrés à eux-même la plupart du temps, m'a mise mal à l'aise : j'avais hâte que leur réclusion soit découverte ; le lecteur sait que c'est le cas puisque le roman est divisé en deux narrations : tout d'abord la narration du présent avec la femme qui observe le vieux monsieur Amber dans le milieu hospitalier,
Ceux qui bavardaient au salon après le repas se sont-ils déjà retirés ? Ont disparu le brouhaha des conversations et le son du piano que l’on entendait un moment plus tôt : le vestibule a retrouvé son calme. Même s’il n’y a pas de fenêtres, la présence de la nuit flotte à nos pieds et l’on sait que l’extérieur est plongé dans le noir complet, il n’y a même pas de clair de lune. Tout au bout du vestibule on aperçoit dans la pénombre la porte qui donne accès au pavillon B.
puis celle du passé où les enfants vivent très librement mais sous l'influence néfaste de leur mère qui est complètement "à la masse". Cela m'a fait mal de lire ses enfants abandonnés à eux-même et à leur fantasmes, habillés comme des personnages de théâtre, avec des ailes, avec une couronne... car même s'ils ne semblent pas souffrir de leur état, le lecteur sait que la situation est anormale et que cette expérience va les marquer à jamais.
Ils se mettaient ensuite à courir un peu partout à travers le jardin, cherchant des cigales plus grosses. Rayons de soleil lumineux, nuages balayés par le vent dans les bois de mélèzes, ciel bleu à l’infini. La source qui s’était tarie au cours de l’été était revenue à la vie et le filet d’eau qui coulait des rochers en bordure du mur de briques avait retrouvé sa transparence. Quand réapparut Agate qui s’était frayé un passage entre les racines du mimosa dont les branches qui poussaient en liberté étaient tout enchevêtrées, Ambre laissa échapper un cri. En un instant, le benjamin semblait métamorphosé en une autre créature. — Qu’est-ce qui t’arrive ?
Ogawa, Yôko. Actes Sud Littérature. Édition du Kindle. 

[Roman] Rendez-vous avec le crime par Julia Chapman (2018)


Résumé

Samson O’Brien, un policier, revient dans son village natal du Yorkshire plusieurs années après son départ alors que, jeune homme, il s'était battu. Il constate que la ferme de son père a été rachetée et que celui-ci, un ivrogne repenti, est recasé dans une résidence. Tandis que tout le monde voit son retour d'un mauvais œil, mais il n'a pas le choix car il doit se mettre "au vert" suite à une enquête qui a mal tourné, il envisage de s'installer et d'ouvrir une agence de détective privé.
De son côté, Delilah Metcalfe, est dans une mauvaise passe : son agence de rencontres a du mal à être rentable, le banquier lui donne 6 mois de plus pour que son compte bancaire soit approvisionné ; elle décide donc de louer le rez-de-chaussée de l'immeuble où son propre bureau est installé.
Delilah retrouve Samson, celui qu'elle vénérait lorsqu'elle était plus jeune mais qui a "trahit" le village en s’enfuyant sans rien dire, puisque c'est lui son nouveau locataire. Des hommes sont retrouvés morts, a priori accidentellement, Samson est embauché par le mère de l'un d'eux et commence son enquête. Delilah a tout de suite fait un rapprochement : ils étaient tous clients de son agence de rencontre et elle craint que cette affaire ne lui fasse du tort... Samson ne tarde pas lui non plus a découvrir ce point commun et se retrouve obligé de faire équipe avec Delilah qui lui offre son aide. 

mon avis

J'ai eu envie de lire ce roman, attiré par le côté "polar" et parce que cela se passe en Angleterre, pays qui, pour moi, est immanquablement lié aux enquêtes délectables d'Agatha Christie. Hélas ! quelle déception ! L'histoire commence pourtant bien, mais la suite est fade, le style est pauvre.
J'ai eu la même déception que pour "Mortelles Hébrides" (lire mon avis sur ce lien) !
Aucun style, personnages sans épaisseur, histoire et enchaînement des découvertes très artificiels : on est très loin du talent des vrais auteurs, qui travaillent leurs scènes, la psychologie de leurs personnages et qui savent distiller l'étincelle qui donnera vie à leurs personnages, surtout qu'il y a une suite. Mais pas pour moi.

extrait

Comment peut-on aimer un endroit et en même temps le détester ? Sans être persuadé qu'il existe une réponse à cette question, l'homme arrêta sa moto en haut de Gunnerstang Brow, coupa le contact, enleva son casque et contempla les toits d'ardoise qui pavaient le fond du vallon en contrebas. C'était le milieu de l'après-midi, la lumière rasante du soleil d'octobre embrasait la falaise de craie à laquelle la ville était adossée, et se réverbérait sur des maisons et des rues où il n'avait pas remis les pieds une seule fois en plus de quatorze ans.

29 juillet 2018

[Film] - Titan - 2018 (RU - EU - ESPAGNE)


Résumé

2046. Pour faire face à la surpopulation de la Terre et l’appauvrissement des ressources, des scientifiques de l'OTAN ont élaboré un programme consistant à faire muter des soldats volontaires afin que, si le programme est concluant, l'humain puisse un jour coloniser Titan, un satellite de Saturne. Rick Janssen arrive avec sa famille sur la base où se déroulera l'expérience. L'épouse de Rick l'encourage car elle pense qu'il faut faire avancer la science, et donner une chance de sauver l'humanité, mais bientôt, les soldats -qui doivent supporter de multiples injections de métaux et substances animales - développent des effets secondaires parfois mortels.

mon avis

L'idée de départ est intéressante et d'actualité, mais le film s'intéresse uniquement à la transformation des cobayes (principalement celle du héros) et les effets secondaires catastrophiques, avec moult hémoglobine diffusée, c'est pourquoi j'ai un avis mitigé : j'aime bien les films d'anticipation mais j'aurai préféré que celui-ci soit plus abouti.

Par exemple, il n'y a aucun développement sur le vaisseau qui doit transporter les humains modifiés - si le projet Titan réussit, ni sur l'équipage (après tout le soldat n'est pas astronaute !). Aucune information sur le temps que doit durer le voyage et encore moins comment les "voyageurs", une fois arrivés sur Titan, feront pour communiquer avec la Terre et faire le "RETEX" (retour d'expérience).

C'est dommage car il y a des longueurs, donc je pense que le film est mal écrit - faible scénario. Les cobayes voient effectivement leur corps modifié, par exemple ils sont capables de respirer en apnée plus de 30 mn, mais alors on ne comprend pas pourquoi ils arrivent à respirer normalement lorsqu'ils rentrent chez eux : si leur corps est sensé s'adapter à l'atmosphère titanesque, ils ne devraient pas être en mesure d'être à l'aise sur l'atmosphère terrestre, du moins lorsqu'ils arrivent (pas nombreux...) à la fin de leur transformation !

A voir pour l'ambiance, que j'ai bien aimé, mais vous perdrez patience car le fil rouge est assez ténu...


Réalisateur : Lennart Ruff
Acteur prinicpal : Sam Worthington (Rick)

5/10

27 juillet 2018

[Roman] Hiver de Christopher Nicholson (2014)

provenance : cadeau

Résumé

1924. L'écrivain Thomas Hardy vit retiré dans sa grande maison du Dorset en compagnie de Florence, sa seconde épouse, qui aimerait bien que la lumière y entre un peu plus et le presse de tailler les arbres qui l'entourent. Mais Thomas est plus intéressé par l'adaptation de Tess d'Urberville que présente la troupe d'amateurs du village et se passionne pour Gertrude Bugler à laquelle il donne toutes les qualités, au point d'exiger qu'elle interprète le rôle à Londres. L'épouse effacée, légèrement paranoïaque, va défendre son pré carré et, après l'avoir pourtant encouragée, va chercher à se débarrasser de l'apprentie comédienne qui lui fait de l'ombre, en la persuadant de retourner à son foyer. 

mon avis

Qu'il est bon de lire de tels romans ! Originaux et surtout bien écrits. Christopher Nicholson s’immisce dans les dernières années de l'auteur et évoque tour à tour le point de vue de l'écrivain, son épouse et la comédienne, dans la période qui précède l'adaptation de Tess à Londres (histoire vraie).


Florence et Thomas Hardy
Gertrude Bugler

Il m'a aussi fait remarquer que cela m'obligerait à vivre, et il m'a demandé ce que j'en pensais. J'ai répondu que si j'avais la possibilité de faire du théâtre, je pourrais vivre n'importe où, voilà ce que j'en pensais, tant la perspective de monter sur scène était importante pour moi. (p.114)

L'ombre de Barrie plane entre les pages, j'ai trouvé cela très touchant...


Pourquoi pas Barrie ? s'est-elle écriée. Il vous l'écrirait, lui, ce rôle. - Barrie ? a dit M.Hardy, manifestement surpris. -Oui, a répondu Mme Hardy, je suis certaine qu'il le ferait si tu lui demandais." (p.114)

J'ai apprécié cette lecture, d'une belle qualité, et aux passages souvent très drôles. 
  • Winter (titre original)
  • traduit de l'anglais par Lucien D'Azay
  • 290 pages
  • éditions Quai Voltaire

10 juillet 2018

[Essais] Urbanités coréennes par Valérie Gelézeau et Benjamin Joinau (2017)


Résumé

Urbanités coréennes présente un rapport de situation suite au forum qui eut lieu en 2016 à la cité de l'architecture et du patrimoine à Paris.
Il est question d'architecture : maison individuelle, immeuble, rue, passage, mais aussi d'histoire d'expansion des villes, en particulier Séoul, suite à l'afflux de travailleurs qui y débarquèrent dès les années 60.

Le livre se lit comme une histoire, entrecoupée de propos et discussion lors de colloques, et bien sûr de quelques photographies.

Quelques films, séries ou documentaires sont donnés en exemple et invitent le lecteur à poursuivre sa découverte.

mon avis

Manuel indispensable à celui qui, comme moi, s’intéresse à la Corée mais aussi à l'architecture et à son évolution suite aux changements sociaux et économiques pour comprendre la ville sud-coréenne.
Séoul depuis Inwangsan
Des 11 films et séries recommandés, je n'en ai vus aucun ; je savais qu'il en était question avant de commencer le livre et pensais que les références seraient celles de productions plus récentes que les films et séries des années 50 ou 60.

Par exemple, j'ai vu "Personal Taste (2010)" qui se déroule principalement autour d'un hanok (maison coréenne traditionnelle).

Mégacentres commerciaux
Étrangement, il n'est pas fait mention de la catastrophe suite à l'effondrement du grand magasin Sampoong (29 juin 1995) à Séoul qui a pourtant fortement traumatisé la population ; l'année suivante, le réalisateur Kim Jin Won mettra en scène une histoire romanesque dans le feuilleton "Just Between Lovers (2017)".

Un livre de 200 pages qui peu se lire en 1 journée.

09 juillet 2018

[Roman] Leçons de grec par Han kang (2011)


Résumé

A Séoul, un coréen d'une trentaine d'années qui a vécu la moitié de sa vie en Allemagne et qui a décidé de revenir à sa terre d'origine donne des cours du soir de grec ancien à un petit groupe d'adultes, aux motivations toutes différentes. Parmi ses élèves, une femme qui ne dit pas un mot, l'intrigue.

Le plus étrange c'est qu'elle ne parle pas, ne rit pas. Quand je l’interroge, elle ne répond pas. Pendant les pauses, elle ne discute avec personne. J'ai d'abord cru qu'elle était timide, mais je me suis rendu compte qu'en plus de six mois, elle n'a jamais ouvert la bouche, ce qui m'a paru bizarre. (p 77)

Une femme, qui a perdu depuis de nombreuses années l'usage de la parole, et qui est d'abord passé pour folle aux yeux de sa famille au point d'être internée, doit maintenant supporter que son ex-mari lui enlève leur fils, arguant qu'elle n'est pas capable de s'en occuper. Elle se rend aux cours de grec pour se donner un but et un espoir de retrouver un jour la parole.

Sans qu'elle en prenne conscience, ses deux lèvres étaient sur le point de remuer comme celles d'un petit enfant. Bibliothèque, s'était-elle entendu murmurer dans un endroit plus profond que la langue et la gorge.
Elle n'avait pas tout de suite réalisé combien cet instant était important. (p.18)


Un soir, tandis qu'un oiseau s'engouffre par erreur dans l'immeuble où sont donnés les cours, l'homme casse ses lunettes et la femme lui porte secours jusqu'à la raccompagner chez lui.

mon avis

Ce serait être malhonnête de dire que j'ai adoré ce roman, ce n'est pas le cas. Je m'attendais à autre chose de plus limpide, de plus direct, surtout après avoir lu avec intérêt la Végétarienne du même auteur. Ici, nous avons droit à des passages où l'auteur fait intervenir les deux protagonistes tour à tour sans vraiment de liaison, ni dans le narratif, ni dans la chronologie, ce que j'ai trouvé trop fouillis, pour moi qui aime la logique. Il n'en demeure pas moins un texte hautement poétique et je pense qu'il faut l’accepter comme tel pur l’apprécier à sa juste valeur.

J'ai également été ennuyée de faire le parallèle avec les thèmes de Yoko Ogawa, que je connais bien : la perte d'un sens, la solitude, la famille, jusqu'aux anecdotes que la matière, les composants chimiques, que l'auteur japonaise émaille régulièrement dans ses œuvres. De plus, contrairement à ce que j'imaginais, ce ne sont que dans les dernières pages (à partir de la page 136 sur 183) que les deux protagonistes interagissent vraiment et se "parlent" sinon, tout au long du roman, on les décrit, on connaît leur difficultés, leurs renoncements, leurs abandons.

Une belle lecture très poétique mais un style qui manque d'empathie, je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages qui semblent évoluer dans une bulle impénétrable.

(Pour moi, si quelqu'un est muet, ça se "voit" si je puis dire, surtout au bout de 6 mois, de même, un prof qui a des culs de bouteille en guise de lunettes, il ne faut pas être devin pour comprendre qu'il est complètement miro). 



[Roman] Le pont de Montereau par Jean D'Aillon (2018)


Résumé

Printemps 1424. Le clerc Edward Holmes accompagné de son fidèle Gower Watson sont solliciter pour découvrir qui a voulu empoisonner Jean de Lancastre (également appelé duc de Bedford, c'est le 3ème fils d'Henri IV): un anglais et actuel régent de France.
Nous sommes en pleine guerre de cent ans : les Armagnac soutiennent la légitimité de Charles VII (qui est atteint de folie), tandis que les Bourguignons désirent que la France revienne à l'héritier d'Henri IV, un anglais donc.
Edward Holmes découvre que cette tentative est liée à l'assassinat de Jean sans Peur à Montereau, cinq ans auparavant.
1419 - Assassinat de Jean sans peur sur le pont de Montereau
Il part en quête de la vérité avec Watson mais aussi une troupe héréroclite :
- Jeanne de Barbazan, la fille d'Arnault Guilhem de Barbazan "le chevalier sans reproches" : un "Armagnac" qui se retrouve accusé du meurtre de Jean sans peur et enfermé à Château-Gaillard,
- Chabridel, un mercenaire dévoué à Isabeau (l'épuse du roi dou Charles VII : c'est lui qui a assisiné Jean sans peur dans le roman)
- de Coline, une apothicaire maîtrisant l'art des poisons,
et de bien d'autres compagnons de routes et d'infortune...

Au gré de ses multiples enquêtes (sur l'empoisonnement, puis l'interrogatoire avec le chevalier de Barbazan qui était présent lors de la mort de Jean sans peur), Holmes, toujours muni de lettres de passage et de sauf-conduits car il doit faire face soit aux Bourguignons, soit aux Armagnac durant ses trajets, finit par découvrir les véritables investigateurs de la mort de Jean sans peur.

mon avis

Avec une écriture fluide, ajoutant de nombreuses descriptions (parfois horribles) mais non dénuée d'humour, Jean d'Aillon mène une nouvelle fois, tambour battant, une enquête (presque policière) dans une France en désarroi face aux seigneurs les plus puissants qui désirent toujours s'enrichir au détriment de la bonne marche de la société (pillage, meurtres, etc...).
L'occasion pour le lecteur de remettre à jour ses souvenirs d'histoire de France (classe de CM1 autant dire un bail !).
Je suggère dés le début, une petite prise de notes afin de faciliter la suite et de savoir "qui est avec qui" car, avec les nombreuses factions, j'avoue que l'on s'y perd.



Ils passèrent une petite forteresse, le Châtel-Sarrasin, qui protégeait la porte Notre-Dame, une fortification flanquée de deux grosses tours. De nombreux campements de fortune étaient érigés au bord de l'eau. Certains ne comprenaient qu'un ou deux pavillons de toile à toit conique, d'autres plusieurs brehants en peau de vache peinte et décorée, avec de véritables chambres et des écuries.(p.125)

07 juillet 2018

[Film] - Le Cercle littéraire de Guernesey - 2018 (Grande-Bretagne - Etats-Unis)


Résumé

Londres 1946. Juliet, une jeune écrivaine à succès décide de rencontrer un club littéraire créé sous l'occupation allemande sur l'île de Guernesey au nom intrigant de Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Arrivée sur l'île, elle fait la connaissance des membres dont Dawsey Adams, son correspondant, un agriculteur. Tandis qu'elle envisage d'écrire un article sur ce cercle original dans le Times, elle se heurte au refus catégorique des membres qui ne désirent pas que l'on parle d'eux et encore moins d'Elizabeth McKenna, celle qui a inventé le nom du cercle après que leur petite communauté se soit retrouvée après le couvre-feu, face à une patrouille allemande au retour d'un dîner (parfait) durant lequel ils ont mangé des produits prohibés (viande et alcool).

mon avis et développement

Adaptation du livre Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows (que je n'ai pas lu).

J'ai bien aimé ce film (vu en VOSTFR) qui suit l'enquête d'une auteure sur les circonstances de la disparition d'une jeune femme sur l'île de Guernesey, échappant pour quelques joursaux deux hommes qui l'entoure à Londres :
- son ami, agent et éditeur pour faire une tournée de dédicaces alors qu'elle n'apprécie pas de se mettre en avant,
- son amoureux, un militaire américain qui l'encourage à acheter un superbe appartement dans le quartier chic de Londres alors qu'elle aspire à un logement plus modeste.

Une fois débarquée sur l’île, Juliet est happée par la beauté de celle-ci (et nous avec ! Son affection grandissante pour les membres du cercle littéraire, y compris Dawsey, la trouble et nous suivons ses efforts pour se faire accepter d'eux et découvrir (grâce à son fiancé) ce qu'est devenue Elizabeth après que les allemands l'aient arrêtée.

  • The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society
  • réalisateur : Mike Newell
  • acteurs :
    • Lily James (Juliet Ashton)
    • Michiel Huisman (Dawsey Adams, l'agriculteur)
    • Matthew Goode (Sidney Stark, l'éditeur et ami de Juliet)
    • Jessica Brown Findlay (Elizabeth McKenna, la "résistante")
    • Penelope Wilton (Amelia Maugery, l'hôte du dîner qui contribua à la création du club)

9/10

[Adaptations de romans] Anne, Emily et Charlotte Brontë



Découvrez quelques adaptations des soeurs Brontë en cliquant sur cette vignette : vous afficherez mes avis rassemblés sous le libellé "Brontë's world"

Charlotte Brontë

  • Jane Eyre (film 1944)
  • Jane Eyre (feuilleton BBC, 1973)
  • Jane Eyre (feuilleton BBC, 1983)
  • Jane Eyre (film 1996)
  • Jane Eyre (téléfilm 1997)
  • Jane Eyre (feuilleton BBC, 2006)
  • Jane Eyre (film 2011)


Emily Brontë

  • Wuthering Heights (film 1939)
  • Wuthering Heights (film 1992)
  • Wuthering Heights (feuilleton ITV, 2009)


Anne Brontë

  • The Tenant of Wildfell Hall (série BBC, 1996)

[Adaptations de romans] Lost in Jane - Jane Austen


Découvrez quelques adaptations autour de Jane Austen : en cliquant sur cette vignette : vous afficherez mes avis rassemblés sous le libellé "Jane Austen' world"

Biopic

  • Becoming Jane (2007)
  • Miss Austen Regrets (2008)

Raison et sentiments / Sense and sensibility (1811)

  • Sense and Sensibility (1995)
  • Sense and Sensibility (feuilleton BBC 2008)

Orgueil et Préjugés / Pride and Prejudice (1813)

  • Pride and prejudice (1940)
  • Pride and Prejudice  (feuilleton BBC 1995)
  • Pride and Prejudice (2005)
  • Lost in Austen (2008, une parodie uchronique)
  • Death comes to Pemberley (feuilleton BBC 2013, adaptation d'un roman de P.D. James qui imagine une suite à P&P) 
  • Austenland (2013, une comédie romantique) 

Mansfield Park (1814)

  • Mansfield Park (1999)
  • Mansfield Park (2007)

Emma (1815)

  • Emma (itv, 1996)
  • Emma (l'entremetteuse) (1996)
  • Emma (feuilleton BBC 2009)

Northanger Abbey (1818)

  • Northanger Abbey (2007)

Persuasion (1818)

  • Persuasion (téléfilm BBC, 1995)
  • Persuasion (2007)


Je vous recommande également mon site consacré à l'auteur pour découvrir l'univers et les histoires :

02 juillet 2018

[Feuilleton] Falling for Innocence - 2015 (Corée du Sud)


Résumé

Kang Min-Ho, un homme d’affaires impitoyable, travaillant pour Golden partner, une entreprise de rachat de sociétés en faillite, décide de récupérer Hermia créée par son père et que son oncle s'est approprié d'office à la mort de son frère, écartant ainsi la veuve de l'héritage. Comme son père, Kang Min-Ho, souffre d'une maladie cardiaque et son docteur vient de lui apprendre qu'il n'a plus qu'un mois à vivre à moins d'être transplanté.
Tandis que Hermia est en difficultés financières à la suite d'un sabotage dans l'usine (fabrication de produits de beauté), Min-Ho débarque avec son équipe chez Hermia et il rencontre Kim Sun Jeong, qui est la secrétaire de direction.
Sun Jeong est fiancée à Ma Dong Wuk, un policier. Elle, Ma Dong et Jun Hee, qui est l'avocat de la compagnie Hermia, sont 3 amis inséparables depuis plus de 20 ans.
Tandis que Dong Wuk succombe à la suite d'un accident de voiture, Min-Ho a une enième crise cardiaque ; Min-Ho est alors transplanté avec le coeur de Dong Wuk (il ne le sait bien sûr pas tout de suite). Peu à peu, son caractère change, il est capable d'empathie, lui qui ne ressentait que du ressentiment, et est attiré de manière incompréhensible par Sun Jeong pour qui il ne ressent que du mépris car c'est la fille de l'homme qu'il rend responsable de la "prise" de l’entreprise familiale par son oncle (raisonnement injuste car elle n'y est pour rien dans la reprise de Hermia par l'oncle "véreux").
Tandis que Sun Jeong porte le deuil de Dong Wuk, Jun Hee qui est secrètement amoureux d'elle l'entoure de menues attentions et envisage même de lui déclarer sa flamme et de l'épouser.
Parallèlement à toutes ces histoires, la police découvre que Ma Dong Wuk était sur le point de découvrir l'auteur du sabotage et qu'il aurait été tué à cause de cela. Ce qui n'était au départ d'un banal accident de la route avec délit de fuite se transforme en enquête pour meurtre.

Mon avis

Après cette entrée en matière qui semble complexe, vous comprendrez qu'il s'agit là de plusieurs thèmes abordés, peut-être un peu trop :
- la malformation de naissance et le don d'organe
- la spoliation de société au sein d'une famille (alors que les coréens sont censés protéger celle-ci)
- les accidents de voiture (nombreux en Corée) et les délits de fuite
- l'espionnage industriel et le recours au sabotage pour faire chuter la valeur d'une entreprise
- le rachat de société avec des moyens peu recommandables pour arriver à ses fins
- le triangle amoureux, ici un quatuor (le 4ème étant le coeur résilient)

mais qu'au final, j'ai tenu bon et apprécié car il a beaucoup d'humour malgré les tragédies des uns et des autres. C'est vraiment une comédie dramatique, servie par de bons acteur, Kim So Yeon (vue dans I need romance) est impeccable et offre avec Jeong Gyeong Ho un couple atypique qui se construit presque d'une façon "surnaturelle" (je ne pense pas qu'un coeur transplanté occasionne un amour soudain ni de changement de caractère !). L'ensemble forme une série à suivre assez enthousiasmante, surtout grâce à l'intrigue policière, mais 16 épisodes c'est tout de même trop long car il y a quelques petites redondances scénaristiques qui n'apportent pas grand chose au dénouement.

  • 순정에 반하다
  • en 16 épisdes d'1h
  • réalisateur : Ji Yeong Su
  • acteurs : 
    • Jeong Gyeong Ho (Min Ho, l'homme d'affaires)
    • Kim So Yeon (Sun Jeong, la secrétaire de direction)
    • Yun Hyeon Min (Jun Hee, l'avocat de Hermia amoureux de So Yeon) 
    • Jin Gu (Ma Dong Wuk, le fiancé de Sun Jeong)

7/10

16 juin 2018

[Roman] Le Guérisseur de cathédrales par Philip Kindred Dick (1969)

Dick, Philip K.. Le guérisseur de cathédrales
J'ai Lu. Édition du Kindle.

Résumé

Sur Terre, dans une société future livrée à un taux de chômage tel que les gens restent enfermés chez eux et passent leurs temps à des jeux infantiles et inutiles, Glimmung, une entité extraterrestre vient démarcher certains d'entre eux pour leur savoir-faire et leur demande de participer à une oeuvre gigantesque : renflouer Heldscalla, une cathédrale tombée au fond de l'océan sur Sirius V, la planète du Laboureur.


Sur les trottoirs de la ville, l’immense entité ahanante quasi animale que formait la masse des éternels sans-emploi de Cleveland se rassemblait et se dispersait, se regroupait pour attendre, attendre toujours, se fondre en un agglomérat triste et instable. Muni de son sac de pièces, Joe Fernwright heurtait leur flanc collectif en se frayant un passage vers la cabine téléphonique de monsieur Travail. Il humait l’odeur familière, vinaigrée et pénétrante, de leur présence massive, passionnée et pourtant porteuse d’un regret plaintif.

C'est ainsi que Joe Fernwright, un restaurateur de céramique hautement compétent mais qui n'a pas eu de travail depuis plusieurs mois accepte l’aventure.

« Je n’ai pas travaillé depuis sept mois et on me propose un boulot qui me mènera hors du système solaire. J’ai peur. Et si je n’y arrive pas ? Si j’avais perdu mon doigté après toute cette oisiveté ? »

Après s'être réveillé au terme de son voyage spatial, Joe fait connaissance des autres compagnons qui comme lui, ont été embauchés pour leur capacité : spécialiste des coraux, télékinésiste, etc... il découvre également que tous ont été visités par le Glimmung alors qu'ils étaient, comme lui-même, en perte de confiance, voire prêts à se suicider. Puis ils découvrent les créatures habitant la planète, en particulier les répandeurs qui vendent le livre constamment mis à jour par les Kalendes, où sont écrites les prédictions de leur avenir ; et bien entendu le Glimmung :

« Le personnel de l’hôtel ne va pas apprécier », remarqua Joe à mi-voix. Bon Dieu ! Cette énorme montagne dotée de centaines de bras qui se contorsionnaient et cinglaient l’air frénétiquement, semblant sortir de tous les points de la carcasse gigantesque… cet amas grouillant oscilla un instant, puis, dans un rugissement furieux, fit s’écrouler le sol qui le supportait ; la chose disparut à la vue, laissant partout des immondices. De la crevasse béante montaient de fines volutes de fumée, sans doute de la vapeur d’eau. Mais Glimmung s’en était allé. Tout s’était passé selon les prévisions de Mali : le plancher n’avait pu résister à ce poids, Glimmung était tombé à travers dix étages jusqu’au sous-sol.

mon avis

Il y a quelques temps, je n'aurais jamais pensé pouvoir apprécier de nouveau la science-fiction comme au temps de mon adolescence ; mais voilà, Philip K.Dick n'est pas qu'un auteur qui dépeint le futur à bord de vaisseaux spatiaux et à grand renfort de monstrueuses créatures extraterrestres. Personnellement, je lis le témoignage visionnaire d'un excellent auteur inventeur qui imagine une technologie permettant d'interroger une encyclopédie (me fait penser à Internet / Wikipedia) ou de jouer avec l'ordinateur, ou encore des équipements capables de créer la réalité augmentée (scène avec le SSA). On lit avec inquiétude et une lueur d'espoir l'aventure de Joe sur la planète du Laboureur où il rencontrera son destin et une raison d'être.

8/10

[Roman] Watership Down par Richard Adams (1972)


Résumé

Pressé par la vision de la destruction imminente de leur garenne parvenue à son frère Fyveer qui possède des dons de voyance, Hazel décide de tout quitter avec quelques volontaires pour tenter de s'établir ailleurs. Le groupe de lapins doit échapper à la Hourda - la caste militaire qui se lance à leur poursuite -, rencontre d'autres congénères - parfois belliqueux- , également plusieurs ennemis de leur race : les vilou, mais ils se font également connaître et apprécier d'individus d'autres races qui deviennent leurs alliés et leur permettent d'affronter les différents dangers qu'ils croisent sur leur route jusqu'à Watership Dawn, une colline au nord du Hampshire, où ils finissent par s'installer. Mais bientôt, il faut songer à chercher et faire venir des femelles afin de garantir leur survie dans la garenne. 

mon avis

Voici un très beau livre que j'ai reçu récemment en cadeau et que j'ai pris plaisir à lire en quelques jours malgré les 530 pages. Richard Adams nous emporte au ras du sol dans les pattes d'un groupe de lapins en prise avec leur survie, qui n'est pas sans rappeler l'humanité parfois confrontée à l'obligation d'exil et qui trouve en elle des ressources, des intuitions et de l'ingéniosité.
Très bon roman d'aventure qui confirme le succès de ce roman depuis sa publication.

Je signale un autre roman semblables d'aventure de "bêtes" traité sous une forme d'épopée : Le bois Duncton de William HORWOOD qui nous attire sous-terre en compagnie de taupes.

    "Réveille-toi, imbécile ! C'est moi. C'est Hazel. Tu vas me faire mal. Allez, debout."
    Il finit par le repousser, Fyveer gigota encore un peu avant d'ouvrir enfin les yeux.
    "Je...je faisais un cauchemar. C'était affreux ! Nous étions...sur le l'eau et nous descendions une grande rivière très profonde. Et...Et je me suis aperçu que nous étions sur du bois. Une planche comme celle que nous avons découverte, toute blanche et couverte de signes noirs. il y avait d'autres lapins avec nous, des mâles et des femelles. Mais en baissant les yeux, j'ai vu que la planche était faite d'os et d'un fil brillant. J'ai crié, et tu as dit : "A l'eau, tout le monde !" Ensuite, je t'ai cherché...je t'ai cherché, j'essayais de te tirer d'un trou, de te ramener sur la rive. Je t'ai trouvé, mais tu m'as dit : "Le maître doit y aller seul." (page 19)

    10/10

    |Film] Le sens de la fête - 2017 (France)


    Résumé

    Max, un organisateur d'événementiel spécialisé depuis trente ans dans les mariages est chargé de celui de Pierre et Héléna dans un magnifique château du 17ème siècle. Le client exigent a mis les moyens et Max a donc fait ce qu'il faut : recruté une brigade de serveurs, cuisiniers, plongeurs, quelques "extra " ; il a même réussi à suggérer au futur marié un photographe de ses amis (pas le meilleur), ainsi que l'orchestre d'animation de la soirée qui a remplacé au pied levé l'orchestre prévu décommandé à la dernière minute.
    Tout ce stress l'épuise (faire plaisir à la clientèle et faire plaisir à sa famille, amis et connaissances qui ont moins de "réseau" que lui et attendent de lui qu'il leur trouve un travail) et il songe fortement à "passer la main" et à revendre son affaire. Aussi, lorsque l'organisation du mariage est constamment bouleversée par une succession de contretemps, il n'est pas loin de penser qu'il a pris la bonne décision....

    mon avis

    Contre toute attente (j'ai beaucoup de mal à apprécier les films comiques français en ce moment), j'ai beaucoup aimé cette satyre sociale qui nous plonge dans le weekend explosif d'un homme d'affaires confronté aux lubies des clients et la série de catastrophes qui s'enchaînent, compromettant le bon déroulement des festivités. C'est au final très drôle grâce aux jeux des acteurs et à la réalisation dynamique qui nous propulse dans les coursives du château, côté cour et côté jardin. Dommage que l'on soit obligé de subir quelques clichés habituels (adultère, divorce, alcoolisme, racisme,...).

    ♥Mention spéciale aux acteurs tamoul qui sont très drôles et au fond, les "philosophes" de toute cette aventure.


    réalisateur : Eric Toledano et Olivier Nakache
    acteurs :
    • Jean-Pierre Bacri : Max, l'organisateur de mariage
    • Jean-Paul Rouve : Guy, le photographe
    • Gilles Lellouche : James, l'animateur
    • Eye Haïdara : Adèle, l'adjointe de Max
    • Gabriel Naccache : Bastien, le stagiaire du photographe (très bien)
    • Benjamin Lavernhe : Pierre, le futur marié (excellent !)
    • Judith Chemla : Héléna, la future mariée

    7/10

    [Film] Jurassic World: Fallen Kingdom - 2018 (Amérique)


    Résumé

    Benjamin Lockwood, un vieil ami et collègue de John Hammond embauche une équipe de 4 scientifiques spécialistes pour tenter de sauver quelques dinosaures prisonniers sur l'île Isla Nublar où un volcan en phase de réveil menace de les exterminer (de nouveau), et tenter de les acheminer dans un sanctuaire sécurisé. Lorsque l'équipe arrive, ils découvrent que les mercenaires qui sont à la manœuvre pour déplacer les dinosaures sont en fait prêt à tout pour récupérer certaines espèces dangereuses afin de les vendre aux enchères à de grandes puissances (militaires).

    mon avis

    Sans surprise, j'ai adoré ! Je suis une inconditionnelle du roman que j'ai lu il y a maintenant longtemps ; "Jurassic Park et Le Monde perdu" de Michael Crichton que je recommande.

    Il est encore ici question de manipulation génétique : avec la création dans un laboratoire, et en secret, d'un dinosaure féroce l'Indominus Rex (soit-disant contrôlable par l'homme) qui pourrait être employé comme arme destructrice.
    [Vous découvrirez également une autre "créature" issue de ce laboratoire]. 
    Sans chercher à comprendre les invraisemblances du scénario, on passe un bon moment d'effets spéciaux, d'actions et de rires.

    Mention spéciale à "Blue" : le vélociraptor femelle dressée par Owen qui ferait presque fondre mon petit coeur.
    • réalisateur : Juan Antonio Bayona
    • acteurs : Chris Pratt (Owen, le dresseur de vélociraptor), Bryce Dallas Howard (Claire, de l'association protectrice des dinosaures), Justice Smith (le "geek", bref celui qui maîtrise d'électronique et l'informatique), Daniella Pineda (Zia Rodriguez la paléo-vétérinaire).

    8/10

    [Feuilleton] Love Rerun - 2018 (Japon)


    Résumé

    Minami Sayaka est graphiste dans une entreprise de communication, à 30 ans elle est toujours célibataire car secrètement amoureuse de Ryosuke, un ami d'enfance un peu plus âgé qu'elle qui vit en couple et va prochainement se marier.
    A la suite d'une soirée, Sayaka se réveille dans l'appartement de Shohei, un homme séduisant qui lui annonce qu'ils vivent ensemble depuis 3 mois.
    Sayaka cherche à retrouver la mémoire disparue et les circonstances qui ont mené à cette amnésie.

    mon avis

    Si l'idée de départ était originale (le saut dans le temps) j'ai été vite désenchantée par le rythme de l'histoire qui s'empêtre hélas. 10 épisodes pour ça, je pense qu'un film d'une heure aurait largement été suffisant et plus percutant. Les acteurs ne sont pas exceptionnels (surtout pathétiques et passifs), l'actrice principale est drôle, c'et aussi à elle qu'il arrive une sacrée aventure ; disons que je me suis ennuyée plus que j'ai ri car il s'agit aussi et avant tout d'une comédie dramatique sur le thème des relations de couple et du monde du travail au Japon avec les éventuelles perspectives de pouvoir travailler à l’international.


    • ラブリラン
    • un feuilleton de 2018 en 10 épisodes vus en VOSTA (Japonais)
    • réalisateur : Kyohei Fujimura
    • acteurs : Nakamura Anne (Sayaka), Furukawa Yuki (Machida Shohei) et Otani Ryohei (Ryosuke, l'ami d'enfance et amoureux secret)

    5/10