[JOURNAL] Arrêt de la ligne en votre défaveur


Coup de gueule


Hier après-midi j'étais dans le bus de la ligne 96 à Paris, profitant tranquillement du trajet entre la rue de Rivoli et la gare Montparnasse après une journée de déambulations dans le Marais quand le chauffeur nous a indiqué au niveau de la place Saint-Sulpice que nous étions "Terminus tout le monde descend" pour cause de tournage de film.

Tout le monde était assez interloqué et contrarié car rien n'indiquait quelques minutes auparavant que nous serions ainsi bloqués. Le chauffeur a indiqué que la poursuite devait se faire en métro car aucun autre bus ne desservirait la gare. Les voyageurs munis de valises et d'autres se sont effectivement dirigés vers la bouche de métro toute proche (ligne 4) qui dessert Montparnasse, quant à moi j'ai décidé d'y aller à pieds. Sur la rue de Rennes, lorsque je voyais des personnes attendre aux abris bus, je leur expliquais que les bus ne passaient plus : en effet ils ne semblaient pas au courant car certains affichages en fonctionnement indiquaient "pas de desserte" mais encore faut-il les regarder, d'autres écrans étaient éteints, et tout le monde consultait son téléphone pour avoir des informations qui n'étaient bien sûr pas à jour.

Arrivée à la gare Montparnasse il y avait effectivement un tournage au niveau du point d'information des bus, également lieu de départ de certaines lignes. Un grand nombre d'équipes avec caméras et micros. J'ignore de quoi il s'agissait car je n'ai pas demandé. Ce que je ne comprends pas c'est qu'il n'y a pas plus d'anticipation et de communication sur cette interruption des lignes sans raison grave !

Malheureusement je n'avais pas anticipé que ma plante de pieds allait chauffer avec pour résultat deux ampoules découvertes le soir. Massage des pieds pour réconfort et gratitude de mes pieds qui ont en tout parcourus 8 km pour la journée d'hier.

Arrivée chez moi, je constate qu'il y avait aussi une manifestation hier à Paris des étudiants de santé contre la loi Garot qui veut contrôler l'installation des médecins pour éviter les déserts médicaux. Ayant été confrontée à une recherche de médecin moi-même au départ de mon médecin traitant à la retraite j'ai bien envie de donner mon point de vue sur le sujet et je le ferai dans un prochain billet.

J'ignore si la surpression des lignes de bus en pleine course avait été causée par le tournage devant la gare Montparnasse ou la manifestation mais pour moi, le service public est encore une fois saboté pour des raisons inacceptables : comme toujours l'usager est pris en otage, mis devant les faits et ne peut que subir d'où mon coup de gueule.


illustration : photo libre de droits de Koar Studio sur unsplash

[JOURNAL] Les derniers livres de la bibliothèque



Pour clore cette série d'écriture quotidienne du défi d'avril 2025, je présente les derniers livres qui resteraient dans ma bibliothèque si je devais n'en garder que six ; vous pourrez accéder à mon résumé et avis en cliquant sur la couverture du livre qui mèneront soit à mon site littéraire général "Lectures en Contrepoint", soit aux sites que je consacre à mes auteurs favoris "Yoko Ogawa" et "Jim Harrison".

Du côté de chez Swann - Marcel PROUST



Le guépard - Giuseppe TOMASI DI LAMPEDUSA


Le grand Meaulnes - ALAIN-FOURNIER


La marche de Mina - Yoko OGAWA


La Trilogie new-yorkaise - Paul AUSTER


La route du retour - Jim HARRISON



 
illustration : Félix Vallotton "La bibliothèque"

[JOURNAL] Retrouver le sommeil



Pendant plusieurs années je n'ai pas pu m'endormir "normalement", et j'ai fini par trouver une solution sans prendre de médicament. Pourquoi ? Parce que je ne pouvais pas parler de mon problème. J'ai cherché comment me détendre, comment retrouver le sommeil naturellement car je ne voulais pas d'une solution provisoire et chimique. Un jour j'ai entendu parler de la couverture de gravité (ou couverture lestée) et après avoir pris quelques renseignements j'ai fini par en commander une. Je peux affirmer que cette solution m'a sauvée, associée à une technique très simple d'endormissement basée sur la respiration profonde. Ensevelie sous ma couverture très lourde, j'étais installée dans un cocon rassurant qui repoussait toutes les réflexions sur les évènements passés ou ceux à venir qui me tarabustaient. Désormais je n'ai plus besoin de la couverture car mes soucis, qui étaient exclusivement dus au travail, ont disparus lorsque j'ai pris ma retraite !

illustration : auteur non identifié

[PATRIMOINE] LE MUSÉE MARMOTTAN MONET



La première fois que je suis allée au Musée MARMOTTAN MONET c'était en 2010 avant de quitter la métropole pour la Nouvelle Calédonie et j'avais été fort déçue que les photographies étaient alors interdites mais ce n'est plus le cas. Tout le monde a son téléphone en main désormais pour photographier tout et n'importe quoi. J'ai moi-même pris quelques souvenirs à des fins d'illustrations du site et pour partager avec ma famille.

Après avoir vu l'exposition actuelle sur Eugène Boudin, j'ai pris le temps de visiter les autres pièces du musée qui présentent l'exposition permanente avec les tableaux de Monet, Morisot, Manet. Si le monde était bien trop dense dans l'expo temporaire il était bien plus agréable de déambuler dans le reste du musée. Je trouve malgré tout que les gens sont généralement sans gène : ils parlent à voix haute comme s'ils étaient seuls, ils bousculent sans faire attention, et les enfants sautent partout sans être repris par les parents indifférents. C'est en écrivant cela que je me dis que je deviens aigrie de menues choses mais que voulez-vous,  l'incorrection sociale m'insupporte.
Haut lieu d'éléments du Premier Empire (tableaux, meubles), le musée est également le musée offre surtout une grande collection des tableaux de Claude Monet et de Berthe Morisot grâce aux dons effectués au musée par les héritiers. Mais il n'y en a pas que pour l'impressionnisme puisque qu'une salle entière est dédiée à une magnifique collection d'enluminures très bien conservées du 13è et 14è siècle (pas de photos car salle trop sombre). De toute beauté également les horloges dont voici quelques exemplaires.


  • Le plus : musée assez grand où l'on peut passer une bonne demi-journée à flâner entre les différentes expositions permanentes et temporaires, une grande boutique / librairie pour faire des achats souvenirs et cadeaux.
  • Le moins : le prix plein tarif est assez élevé : 14,50 € (il était à 9€ en 2010) soit plus de 60 % de hausse en 15 ans.
  • Coup de coeur : des bancs à disposition (expo permanente) sont les bienvenus pour les personnes comme moi qui souffrent du mal de dos au bout de quelques heures de station debout !


illustration : Claude Monet "Impression, soleil levant"

[JOURNAL] La lune dans le caniveau



La Lune allume un espoir
Aussi loin que je puisse regarder

L’appel du cœur repousse
Une ombre glisse en douce
Nimbant le lisse étang devant
Et tes mots me glacent le sang

Doucement tu allumes mon cœur
Alors que je respire ton odeur
Nul ne sait si je vais te suivre
Si je me lèverai dans ton désir

La Lune éclaire nos regards
Espérant un souffle d’espoir

Ce que tu caches dans tes absences
Agrippé aux étoiles lointaines
Noires comme le caniveau de ma peine
Il me faudra cent ans pour filtrer ce silence
Vivre tant d’heures sans te retrouver
Envoie moi cet ange qui me trouvera
Au pays de l’étoile du matin
Une de mes nouvelles adresses


10/12/2005 (un jeu littéraire pour les impromptus)

illustration : Pauline Iakovleva (via unsplash.com)

[JOURNAL] Les librairies indépendantes


Hier c'était la journée des librairies indépendantes. Comment l'ai-je su ? Je l'ai lu dans mon fil d'actualités sur un blog littéraire américain car oui, il n'y a pas qu'en France, Belgique, Suisse et qu'au Luxembourg que l'on célèbre les librairies indépendantes ! Que dire de ce logo : il est gai, il est génial ! 
J'ai cherché celui de cette année en France mais c'est d'un triste ! Ce n'est pas cette affiche qui représente le plaisir de la lecture ! 

affiche journée de la librairie indépendante en France
édition 2025


Ma librairie indépendante est la Librairie Le Pavé du Canal, j'y allais souvent autrefois, maintenant un peu moins car je fréquente la médiathèque et je me fais offrir les livres neufs pour des évènements particuliers mais si je cherche un livre à offrir, c'est là que je vais. Ce que j'aime dans cette librairie c'est l'espace, la présentation des livres, ils ont également un grand coin jeunesse que j'ai beaucoup fréquenté lorsque mes enfants étaient petits.

Voir les couvertures donnent envie, d'ailleurs le choix d'une belle couverture est très importante car elle peut attirer le regard d'un lecteur qui serait peut-être passé à côté. Certaines éditions sont magnifiques, même les livres au format poche comme les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont des couvertures très bien choisies et en relation avec le sujet du livre.

Les librairies ne seront pour moi jamais remplacées par les plateformes car elles offrent un imaginaire : le lecteur ne sait pas toujours ce qu'il va lire en entrant dans une librairie, il peut se laisser conduire par une impression, un avis de son libraire, un nouveau titre de son auteur préféré. La librairie reste une porte ouverte sur la fantaisie, la liberté de trouver des perles et peut-être parfois de se tromper. Mais notre richesse est bien là : laissons-nous le choix. 

illustration : logo américain "Independent Bookstore Day"

[EXPO] EUGÈNE BOUDIN LE PÈRE DE L’IMPRESSIONNISME : UNE COLLECTION PARTICULIÈRE



Si le nom de Monet ne laisse aucun doute quant au style de peinture qu'il a laissé au patrimoine français, qui se souvient de Boudin ? Ce fut pourtant son maître et la postérité a retenu le nom de l'élève qui rend hommage en affirmant « Je dois tout à Boudin ».

Profane en la matière j'avoue moi aussi n'avoir jamais prêté attention à son nom mais dorénavant je me souviendrai de lui car l'exposition (en cours jusqu'au 31 août 2025) propose 80 tableaux qui nous font voyager de la Normandie au midi. Bretagne, Bordeaux, Belgique, Pays-Bas : Boudin est partout où se trouve l'inspiration et l'emploi, cherchant la reconnaissance de ses pairs notamment lors des expositions organisées alors. Il fut l'un des premiers à peindre sur le motif, entendez par là peindre dehors et pas dans un atelier. Il résulte des tableaux, certains de grandes dimensions, dans lesquels on peut voir - avec de d'imagination -  bouger les nuages. 

Une petite vidéo du musée :





illustrations : photos personnelles des tableaux d'Eugène Boudin dont la plupart sont issus de la collection particulière du collectionneur franco-suisse Yann Guyonvarc’h, mathématicien et entrepreneur dans le monde de la haute technologie

[JOURNAL] Le bouquet


Si l'on passe devant cette toile on voit bien sûr la robe jaune très présente, mais en approchant du cartel on peut lire bien plus qui n'est pas forcément évident au néophyte : dans cette toile le peintre a réuni trois genre :
  • paysage (sur le mur),
  • portrait (la femme),
  • et nature morte (le bouquet).
Un guide vous indiquerait que Félix Vallotton, puisqu'il s'agit de lui, démontre tout son talent et c'est vrai qu'en observant tous les détails, les ombres, les couleurs assez vives, il faut se projeter dans l'atelier du peintre pour sentir l'odeur du bouquet, entendre le glissement de la robe sur la commode, et peut-être aussi la respiration de cette inconnue.

Parfois, un simple tableau montre bien plus que ce que l'on voit : il montre aussi ce qu'on est prêt à voir.

 
illustration : Félix Vallotton, femme au bouquet, photo personnelle prise au Petit Palais au début du mois

[JOURNAL] Arrêt immédiat du train


Je me souviens de ce jour où je descendis deux à deux les marches jusqu'au quai car le train arrivait. Cette précipitation n'avait pas suffi et lorsque je touchais le niveau du quai, les portes se refermaient en glissant sur une sonnerie stridente : Tut-tut-tut-tut-tut... J'étais à la hauteur du conducteur qui m'invita à entrer dans la cabine de pilotage jusqu'à la prochaine station en voyant ma déception. Inquiète mais curieuse, je ne perdis pas de temps à cogiter et me hissais à ses côtés. Il n'était pas avare d'explications, tout fier je suppose d'avoir une passagère inattendue (et sans doute interdite par le règlement). Devant nous plusieurs cadrans mécaniques affichaient vitesse et divers niveaux à surveiller, le train glissait tranquillement tandis que le conducteur devait appuyer régulièrement sur une pédale manuelle sans cela le système de sécurité se déclenche automatiquement entraînant l'arrêt immédiat du train. Je descendis à la station suivante en remerciant mon conducteur providentiel et repassais dans le wagon, poursuivre mon trajet.


illustration : Toby Old

[JOURNAL] La chambre à soi


Le bonheur d'avoir une chambre à soi. Une pièce parfois invisible car les murs sont des obstacles entièrement inventés, le résultat d'un nombre incalculable de fils tissés depuis longtemps et qui finissent par se superposer en une toile fragile qui se referme autour de toi. Une chambre qui cultive les émotions comme d'étranges mots qui viennent se déposer comme des papillons sur un cahier immaculé et à la lueur de ton coeur ils y laissent des traces. Ce sont d'anciennes conversations dont l'écho s'était perdu et qui reviennent dans la chambre que tu as préparé comme la mère de n'importe quelle espèce prépare un nid. Rien n'est plus mystérieux que cette épaisse tranche hétéroclite, mille feuilles qui pourraient ressembler à un tas informe à des yeux ignorants mais que tu connais parfaitement. Tu as la clé de cette chambre où tu trouves parfois refuge comme dans un musée. Tu retrouves les repères sans les dates, les blocs imposants que tu n'as pas pu porter plus loin mais la place est infinie comme la dimension des rêves et il reste encore de l'espace pour les fourmillements, les battements, les grésillements, les intentions silencieuses qui y trouvent le repos. Ton front appuyé contre la vitre de cet espace miraculeux, tu n'as pas longtemps à attendre avant de recommencer à écrire.


illustration : Anna Ådén

[JOURNAL] Mimi en mon absence



Que fais-tu Mimi en mon absence ? Au départ tu penses que je vais revenir et tu as raison. Mais le jour disparait et les volets se ferment automatiquement. Tu restes seul dans la grande maison. Soudain la clé tourne et la porte s'ouvre sur le dehors mais le temps de descendre de ton lit douillet, la dame de compagnie est arrivée. Tu l'as déjà vue, elle vient te donner à manger et vérifier le niveau d'eau fraîche dans ton gobelet. Car depuis tout petit tu bois au verre. Tu vas dormir et demain est pareil, l'attente, les fantômes de nos mains sur ton pelage si blanc. Tu voudrais sortir mais les consignes sont strictes. Pas de jardin tant que je ne suis pas à la maison, prête à intervenir en cas de bobos. Car souviens toi, tu t'es déjà battu et tu as été mordu. Que fais-tu Mimi en mon absence ? Tu vas dormir encore. La clé tourne et la porte s'ouvre. Oui c'est moi je suis de retour !

illustration : Tatiana Struchkova

[JOURNAL] Dans l'ombre du fantastique



Charles Nodier que j'ai découvert très récemment en visitant la bibliothèque de l'arsenal était un écrivain de la fin 18è-début 19è qui s'était spécialisé dans les récits fantastiques comme Guy de Maupassant (Le Horla). Je suis en train de découvrir quelques un des ses romans et dans la même lignée, je vous propose la découverte de trois livres fantastiques, pas forcément connus car ce genre ne me semble pas très prisé de nos jours, mais d'une grande qualité de style :
  • l'irlandais Joseph Sheridan Le Fanu (1814-1873) m'a donné la chair de poule avec Le mystérieux locataire (et autres histoires d'esprit forts) et il mérite d'être redécouvert ;
  • l'américain Michael McDowell (1950-1999) nous offre un roman terriblement satisfaisant avec Lune froide sur Babylon ;
  • le britannique d'origine japonaise Kazuo Ishiguro (né en 1954) a écrit LE LIVRE que j'aurais adoré écrire et auquel je repense souvent sur un sujet très actuel : Auprès de moi toujours.

Avec ces livres que je vous conseille, vos nuits chercheront la compassion des fantômes et pleureront sur la détresse des clones.


illustration : Stephen Mackey

[JOURNAL] Grand feu


Allume un grand feu
car je vais partir
très loin
je ne voudrais pas
perdre ta trace
allume un grand feu
que je le voie de loin…

Allume un grand feu
pour que je te retrouve
le temps n’est pas un ami
il nous sépare
je ne reviendrai pas
si tu n’allumes pas
ce grand feu pour moi !
Out of Africa.

"Grand feu", 16 juin 1991, poème dans mon recueil Entre Venise et Bruges
hommage au roman de Karen Blixen "Une ferme en Afrique"

J’ai maintes fois vu des girafes arpenter la plaine, avec leur grâce incomparable, quasi végétative, comme s’il ne s’agissait pas d’un troupeau d’animaux, mais d’une famille de rares fleurs colossales, tachetées et montées sur de hautes tiges. (p.30, La ferme africaine, Karen Blixen)


Adieu, adieu. Je vous souhaite de mourir en route, mais de mourir toutes les deux, pour que l'une de vos nobles petites têtes qui se découpent maintenant par-dessus le bord de la caisse dans le ciel bleu de Mombassa ne se retrouve pas seule, à regarder de droite à gauche, à Hambourg, où nul ne sait rien de l'Afrique. (p.296, La ferme africaine, Karen Blixen)


illustration : Anil Nene



[JOURNAL] Le lapin blanc de Pâques


La mémoire joue de drôle de tours à qui s'en sert peu souvent. Il me semble que c'est le lapin blanc qui cachait les oeufs de Pâques dans le jardin de mes parents. Avec ma soeur nous partions avec notre panier en trouver le plus possible, ils étaient gros de la taille d'un oeuf et bien dissimulés. Au bout de quelques minutes, nous revenions fières de notre récolte et mes parents veillaient à répartir la quantité si l'une de nous en avait trouvé plus. Il est très étrange que j'ai longtemps cru à cette féérie.


illustration : Le Titien "La Vierge au Lapin"

[JOURNAL] La fin du carnet d'un voyage intérieur


Hier c'était le dernier jour d'écriture dans mon carnet d'un voyage intérieur dans lequel j'ai écrit régulièrement mais pas quotidiennement sur un laps de temps de 365 jours. En regard de la dernière page écrite j'ai collé cette carte postale achetée l'année dernière lors de ma visite au musée Jaquemart André

J'ignore à quel moment je relirai ce carnet, dans 10 ans, dans 5 ans, ou peut-être jamais ! Je vais glisser le carnet dans une enveloppe non scellée ; je ne veux pas programmer une capsule temporelle, la vie est assez contrainte pour se rajouter des carcans ! Aujourd'hui, je fête mes 61 printemps !

illustration : Le Dominiquin 'Sibylle de Cumes'

[PATRIMOINE] BNF Visite guidée du musée : chefs d'œuvre et trésors des collections à la BNF Richelieu


J'ai déjà visité le musée toute seule mais cette fois, j'avais réservé pour une visite guidée et c'est vraiment intéressant car on apprend bien plus de choses que de lire les cartels et on peut poser des questions.

Je recommande donc ce type de visite qui dure 1 heure 30, alors bien sûr on ne passe pas tout en revue car il y a de nombreux objets de collection : la conférencière insiste - comme le titre l'indique - sur les chefs d'oeuvre et trésors mais il est tout à fait possible de poser des questions sur d'autres objets qui attirent notre regard et intérêt.

photos prises dans la galerie mazarin




  • Le plus : échanges avec le conférencier et les autres visiteurs, c'est toujours agréable
  • Le moins : c'est peut-être un peu long pour les personnes âgées
  • Le prix : c'est 15 € la visite guidée et l'accès au musée (qui coûte normalement  10 €)
  • Pour ceux qui ont la carte annuelle "lecture/culture" (mon cas) la visite est à 5 €



photo d'entrée de billet : en arrivant la rue Vivienne (jardin)

[EXPO] Apocalypse Hier et demain


Contexte

Sur la proposition de mon amie Alice (qui tenait le blog "les livres de Malice" encore en ligne mais désormais remplacé par son compte instagram : @alicetheaudiere) et incitée par l'article de mon autre amie Elizabeth sur le site de l'APA, je suis allée voir l'expo APOCALYPSE à la BNF "François Mitterrand" (que j'appelle BNF Tolbiac).

Un mot sur le site

Il se trouve que j'ai vu construire le site de loin car à l'époque j'habitais à Choisy-le-Roi et que je prenais le RER C pour aller travailler à Paris : j'ai vu au fil des années s'élever les tours, un jour je suis même allée en "reconnaissance" mais je n'étais jamais entrée dans les lieux qui sont gigantesques, j'en reparlerai prochainement.



L'exposition

Alors déjà, du livre de l'apocalypse je ne sais rien (et je suis assez imperméable au récit de catastrophe, de prémonitions etc...) mais cela n'a pas d'importance car le circuit présente au début du circuit "Le Livre de la Révélation" qui correspond à l’Apocalypse de Jean auquel sont associées des oeuvres de toutes natures pour illustrer "les sept sceaux au Jugement dernier". Ensuite, nous arrivons dans "Le temps des catastrophes" où les artistes donnent leur interprétation catastrophique de l'apocalypse.

Albrecht Dürer "La Femme vêtue de soleil et le dragon à sept têtes"

L'exposition montre de précieux manuscrits, des tapisseries de la tenture de l'apocalypse (habituellement à Angers) et bien d'autres documents tels que tableaux, sculptures, photographies, installations (voir l'oeuvre "infinity"), livres rares, extraits de films, venant de diverses collections y compris étrangères.

ma sélection des oeuvres anciennes


ma sélection d'oeuvres "modernes"

Infinity (je ne sais plus le nom de l'artiste)
==> j'ai eu du mal à voir ce que cela représentais dans un premier temps
il faut reconnaître le "8" par terre <==


Mention spéciale à Kiki Smith et ses tableaux magnifiques !

tapisseries de Kiki Smith (Jour d'après)


l'enfant : sculpture de Laurent Grasso



Le plus : découverte du site et de nouveaux artistes contemporains
Le moins : j'aurais dû prendre une visite guidée car cela est possible, il y en a pour tous les besoins ou presque sur ce lien





illustration d'entrée de billet "La Chute des damnés" de Pieter Claesz Soutman

[JOURNAL] Quand tu partiras



Les rivières n'ont pas tes yeux
les champs n'ont pas tes cheveux
L'océan n'a pas ton cœur
La campagne n'a pas tes fleurs
Je n'ai même pas d'amour
A te garantir pour toujours.

Mes colères sont sans raison
Mon regard a des visions
Mon cœur est ouvert à tout
Le tien est trop jaloux
Je n'aurai pas assez de voix
Pour te retenir quand tu partiras.

Je me noierai dans les rivières
Je veillerai dans les bruyères
Caressant l'onde florale
Dans mon cœur j'aurai mal
Je n'aurai pas d'autres souvenirs
Quand tu partiras le chagrin va venir.

"Quand tu partiras", 6 avril 1982, extrait du recueil Clefs providentielles 



illustration : Maria Lizaso

[JOURNAL] Manifestations contre LVMH


Coup de gueule

Ce matin j'étais dans le bus lorsqu'on a croisé des activistes au niveau du Palais-Royal qui manifestaient contre LVMH sur le sujet du commerce de la fourrure, et bien entendu contre le massacre des animaux. Moi aussi je suis contre le massacre des animaux !!! Mais est-ce la bonne manière de protester ? Je ne comprends pas comment fonctionnent ces gens. Décider de bloquer la circulation déjà bien pénible pour tous ceux qui doivent travailler et arriver à temps. Je tire mon chapeau bien bas aux chauffeurs de bus, car ils passent dans des endroits terriblement étroits avec tous les travaux actuels dans Paris et les voitures garées "à la va-comme-je-te-pousse" en pleine voie. Témoin de cette scène j'ai senti en moi un sentiment d'impuissance et de colère, j'avais envie de leur dire d'aller "se faire voir" ailleurs, de leur demander d'arrêter d'importuner les gens avec leurs revendications sur une voie publique car ce n'est pas l'endroit pour cela.


illustration de Clay Banks, libre de droits choisie sur le site unsplash car je n'ai pas voulu les prendre en photo !

[JOURNAL] La mare aux rocailles


Il faisait très chaud cette année-là, et mes amies et moi jouions au bord du petit bassin naturel derrière la maison des Georgeon avant de décider d'y entrer. L'eau était limpide : on pouvait apercevoir les poissons qui tournaient en rond au fond dans les rocailles, nous avions de l'eau jusqu'à la taille et nous marchions avec précaution pour ne pas s'écorcher les pieds sur les arrêtes des cailloux. Nous riions aux éclats comme le font les enfants soumis à la joie, nos corps ne flottaient pas encore car nous entrions dans l'eau adagio, l'eau était froide et c'est notre bravoure qui nous donnait la force de rester sur la pointe des pieds. Puis nous nous lançâmes dans le bassin comme des grenouilles, avec des petits cris de surprise et d'euphorie, l'eau nous recouvrait jusqu'au cou. Le long de mes jambes, je sentais l'onde des poissons me frôler et je hurlais imaginant qu'un monstre m'enroulait comme un pilotis. Mes amies étaient comme moi, téméraires et tétanisées. Nous plongeâmes enfin la tête pour tenter de voir au dessus des rocailles la vie fugitive de ceux qui vivent là. Nos jambes battaient les pieds et un observateur à quelques mètres de nous aurait entendu autant de rires que de cris mais il n'aurait pas été surpris car tous les enfants sont du même avis : c'est ainsi que l'on s'amuse en plein après-midi d'été à la campagne. Le froid de la mare nous a vite rafraichies et nous sommes ressorties, les lèvres bleutées et la peau des pieds griffée, avant de nous sécher sur l'herbe toutes habillées.


illustration : Henri Martin "le bassin"

[JOURNAL] La petite fille à l'imagination infinie




C'est lors des séjours à la campagne, dans cet environnement à apprivoiser à chaque vacance, que j'ai développé un sens démesuré à l'invention et à la tragédie. J'endossais une nouvelle identité, je me donnais un nouveau prénom, et j'inventais des histoires avec des amis imaginaires. Disposant (dans mon souvenir) d'une grande liberté d'action dans la mesure où ma tante savait où je me trouvais, j'organisais des ventes de sirop à base de peinture, je faisais des gâteaux de terre patiemment tamisée de toutes les couleurs, j'arrosais les fleurs au crépuscule.

Tant que mes amies n'étaient pas encore arrivées, j'allais jouer dans le bûcher dont j'aimais l'odeur du bois sec mélangée à celle du foin qui séchait dans le grenier. J'avais sélectionné quelques livres de jeunesse qui m'enchantaient et qui me faisaient parfois peur. Lorsque mes amies Anne et Isabelle arrivaient enfin, nous jouions à la colonie de vacances et nous partions en vadrouille en longeant un morceau de la départementale, chantant à tue-tête Compère Guilleri, Vent frais vent du matin (en canon !), La fille du coupeur de paille, Nous aimons vivre au fond des bois et bien sûr l'Alphabet scout

Bien des années après, il m'arrive de revoir les lieux, d'entendre les rires lorsque je sens l'odeur du foin ou de l'herbe mouillée. Rien n'est plus satisfaisant que de confronter sa mémoire aux souvenirs bruts que le temps n'a pas usé.


illustration : Auguste Renoir

[JOURNAL] Les kataras


Ne cherchez pas sur internet la signification de katara vous ne la trouverez pas. Mais je vais vous raconter comment je possède l'un d'entre eux.


Christine fait partie de ces blogamis (elle possède un grand nombre de blogs "éteints" comme elle dit, voir la fin d'article) et nous étions à la même période en Nouvelle-Calédonie, pourtant nous ne nous sommes jamais rencontrées. J'avais eu un coup de coeur pour ses kataras (écorces de cocotiers peintes) exposés au centre Tjibaou et j'en avais parlé sur mon blog de "métro-expat" (Sur les traces de Cook).


Christine m'a gentiment expédié un katara que je garde précieusement près de moi dans mon espace de travail (écritures sur papier et ordinateur) et lorsque je lève les yeux, je le vois et aussitôt je ressens de la joie mais aussi un peu de tristesse de cette époque vécue comme une parenthèse.

Le livre de Christine :
mon avis en cliquant sur l'image


Le profil de Christine et ses blogs "éteints"
Christine est désormais active sur Instagram
Mon blog en Nouvelle-Calédonie : Sur les traces de Cook


illustrations du billet : photographies de katara en Nouvelle-Calédonie et chez moi

[JOURNAL] Hanter les blogs abandonnés



Les blogs sont comme des maisons : on s'y réfugie, on en fait un cocon, on se confie, on fait des connexions. Et puis un jour il se passe quelque chose, une disparition. Parfois attendue, la maladie qui progresse. Parfois soudaine, un moment de faiblesse. Désaffection des mots qui soulagent, se replier ailleurs devient la conclusion à cet étrange voyage.

Il reste alors des blogs arrêtés comme une pendule cassée qui affiche une date antérieure à l'année en cours, parfois même au-delà de dix ans. Il n'y a pas de poussière, parfois des images absentes laissent un cadre fantôme au milieu d'un article. Comme des pages abandonnées au vent, les blogs prennent une nouvelle vitesse, celle des recherches au hasard qui permettent de jolies trouvailles.

Nostalgique de mes anciens camarades de blogs d'il y a vingt ans, je passe encore parfois chez eux relire leurs anthologies. Je parcours leurs pages avec le sourire de retrouver l'intelligence des mots, je parcours les archives comme si je devais ouvrir les portes d'une maison hantée, je cherche des traces, insatisfaite de leur absence ; et parfois, oui parfois, je les retrouve et je les accompagne dans leur nouveau refuge.


illustration : M.Worrall

[JOURNAL] Nous sommes ici


J'écrivais tout à l'heure dans mon carnet du voyage intérieur que je ne comprenais pas comment j'avais pu passer à côté du Petit Palais sans jamais avoir eu l'idée d'y entrer, et ce, pendant les 34 ans dernières années, depuis que je suis en région parisienne. J'ignorai tout de ce musée, mais à la fin de l'année dernière, je me suis fait une petite liste de souhaits comme celle de poursuivre les visites des musées qui m'intéressent.

Inti Castro "Encomendacion" 2024  | William Bougereau "la vierge aux anges" 1900

Lors de cette première visite au Petit Palais, j'ai eu l'heureuse surprise de découvrir ici et là quelques oeuvres modernes résultantes de l'exposition temporaire We are here ("nous sommes ici") qui s'est déroulée l'année dernière (jusqu'en novembre 2024). Il me semble que j'avais vu passer cette exposition dans mes actualités, mais je n'ai pas pris le temps d'organiser la sortie et voilà que j'ai la surprise de découvrir des oeuvres inattendues et étonnantes, comme le tableau de Inti Castro installé presqu'en face de celui de William Bougereau. Les musées ne sont pas que pour le passé ! ils ont aussi pour le présent.


Photo d'entrée de billet : la tour de Babel par Julien Malland "Seth"

[JOURNAL] Les maisons des illustres



Mercredi dernier j'ai fait la visite de la bibliothèque de l'Arsenal. La guide était ravie de voir à quel point l'offre de cette visite, très récente dans le catalogue des actions culturelles de la bibliothèque nationale de France, avait du succès ; jusqu'alors, ce monument historique était uniquement visité lors des journées du patrimoine, une fois par an, et attirait de fait une foule de visiteurs à cette période.

Elle nous a demandé comment nous avions été informés de l'existence de cette visite guidée. Certains ont évoqué des annonces dans les magasines tels que Télérama, Point de vue, etc... Pour ma part, je poursuis un but plus large : j'ai le souhait de visiter les maisons des illustres, en commençant par la région parisienne où j'habite. J'ai toujours été intéressée par les vieilles pierres et leur histoire.

Par ailleurs, j'ai pris de nombreux abonnements cette année afin d'économiser sur mes loisirs qui consistent essentiellement en deux choses : la lecture et les visites du patrimoine. Mes quatre cartes d'abonnements (Louvre, musée d'Orsay, musées de la ville de Paris, et le pass "lecture/culture" de la BNF) m'offrent des opportunités que j'aurais ignoré sans cela. Je veux m'enrichir de notre histoire.  



illustration : image générée par IA (chatGPT) à partir de mes objets fétiches et de mon image avatar

Avez-vous lu ?