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15 mars 2025

[PATRIMOINE] L'église Saint-Paul-Saint-Louis et le Delacroix "Le Christ au jardin des Oliviers"

 

Depuis que j'ai découvert le musée Delacroix, je ne cesse de m'intéresser aux oeuvres du peintre en cherchant à les voir "en vrai" c'est ainsi que je suis allée voir "La lutte avec l'ange" à St Sulpice, et de fil en aiguille, j'ai eu envie de voir "Le Christ au jardin des Oliviers" dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis.


Après avoir fait le tour de l'église durant lequel j'ai pu admirer de nombreuses oeuvres d'art : les orgues, la statue de la Vierge de douleur par Germain Pilon, les passages recouverts de boiseries sur les bas-côtés (voir ci-dessus), j'ai fini par demander à un homme qui nettoyait les étagères des bougies liturgiques s'il savait où était le tableau de Delacroix. Il m'a répondu juste derrière vous !


Effectivement j'ai reconnu le tableau tout en hauteur et hors d'atteinte dans la chapelle du Sacré-coeur.

Le tableau a été peint en 1827, Delacroix avait 29 ans !

Imaginons 2 minutes ce que représente un tel travail pour un jeune homme et surtout combien d'heures d'exploration, de tentatives avant d'arriver au chef d'oeuvre !

"Les anges de la mort tristes et sévères portent sur le Christ leurs regards mélancoliques".
Note de Delacroix dans son journal


Histoire du tableau

La toile de Delacroix a été commandée par le préfet de la Seine (appellation actuelle : préfet de Paris) en 1824 pour l’église Saint-Paul Saint-Louis de Paris.

Delacroix le présente lors du Salon de peinture et sculpture en 1827. 

A la demande de Delacroix, le tableau est décroché pour être exposé lors de l’Exposition Universelle en 1855 puis remis à sa place.

01 mars 2025

[PATRIMOINE] L'église Saint-Sulpice, les Delacroix et autres chefs-d'œuvre


Je ne me souviens pas être entrée dans l'église Saint-Sulpice malgré le nombre de fois où j'ai fréquenté ce quartier mais hier, une raison spéciale m'y invitait : je voulais voir comme prévu les trois tableaux d'Eugène Delacroix qui se trouvent dans la chapelle des Saints-Anges, en entrant à droite.



L'idée m'est venue par suite de deux évènements :

  • qui m'ont donné l'envie d'admirer à mon tour cette "fresque" (qui a fait couler de l'encre en plus de la peinture).
titre : Le Combat de Jacob avec l'Ange


J'ai été impressionnée par le travail accompli en effet par Eugène Delacroix (1798-1863) qui n'en voyait pas le bout ! (il a commencé à peindre dans la chapelle en 1855 et il termine en 1861, il avait alors 63 ans, je ne sais pas si vous imaginez quels efforts cela demande de peindre sur un mur qu'il faut d'abord traiter contre l'humidité et les aspérités, tout en ayant une faible santé, même aidé d'un assistant. C'est pour se rapprocher de Saint-Sulpice que Delacroix, qui avait auparavant son atelier rue Notre-Dame-de-Lorette, a loué rue de Fürstenberg qui est devenu son musée.

autres peintures :
au plafond : "Saint Michel terrassant le dragon" (peinture marouflée)
Héliodore chassé du Temple


Dans l'église Saint-Sulpice, chaque chapelle a son peintre dédié, la chapelle qui suit celle de Delacroix est la chapelle des âmes du purgatoire dédiée à François-Joseph Heim (dont il est également question dans l'essai de Kauffmann).

Chapelle des âmes du purgatoire
"La Prière pour les morts obtient la délivrance des âmes qui souffrent dans le purgatoire"
La statue : "Piètà" de Jean-Baptiste Clésinger

Certaines peintures murales et fresques sont parfois très endommagées ou en réfection.

➡️à gauche en réfection : chapelle Saint-Denis, peinture de Félix Jobbé-Duval
"Saint Denis et ses compagnons conduits au supplice"
➡️à droite 
Chapelle Saint-Charles-Borromée




L'église entière est un écrin d'art dont les chefs-d'œuvre ont presque miraculeusement perduré jusqu'à nos jours. J'y retournerai.


en savoir plus : Église Saint-Sulpice à Paris


12 janvier 2025

[PATRIMOINE] Le musée Eugène-Delacroix, Exposition actuelle Nu comme habillé


C'est depuis la Place Furstemberg, après avoir passé une porte que j'accède au musée Eugène-Delacroix donnant sur une petite cour intérieure. Je ne connaissais pas du tout l'existence de ce musée que j'ai découvert avec mon abonnement des amis du Louvre.

« La Liberté guidant le peuple », Louvre, 1831

De Delacroix, je ne connaissais pratiquement rien, à part deux choses : il a peint le célèbre tableau "La Liberté guidant le peuple" et son visage était sur les billets de 100 francs.


Découvrir l'appartement dans lequel il vécut les six dernières années de sa vie était vraiment très intéressant malgré le nombre de pièces de vie réduit à celui d'un modeste appartement : chambre, salle à manger, salon et petit salon, et, depuis l'actuelle boutique-librairie au fond de l'appartement (qui correspond à son ancienne bibliothèque) et en prenant l'escalier donnant sur le jardin (dont il jouissait entièrement) on accède à son immense atelier.


En prenant le temps de lire toutes les informations, je découvre un artiste très investit, très travailleur, recevant dans son salon : Victor Hugo, Georges Sand, Frédéric Chopin, Baudelaire. Delacroix avait choisi cet appartement car il était proche de l'église Saint-Sulpice où il travaillait dans la "chapelle des Saints-Anges". Delacroix fut dans sa jeunesse un grand voyageur (Afrique du Nord) et collectionneur de nombreux vêtements et meubles, car il était très intéressé par les motifs, les tissus, les couleurs et aimait être entouré de belles choses qui lui servaient ensuite pour ses peintures. Dans la boutique j'ai repéré ces livres que j'ai envie de lire afin de prolonger cette jolie découverte.

ma critique de La lutte avec l'ange sur ce lien

Les oeuvres actuellement exposées (les siennes et celles d'autres artistes) correspondent à l'actuelle présentation du musée autour du vêtement et de la mode, c'est pourquoi chaque oeuvre porte l'attention du visiteur sur le style de vêtement et les détails.

exposition actuelle jusqu'au 3 février est : "Nu comme habillé"

On y apprend par ailleurs que Delacroix appréciait parfois de peindre des figures bien connues dans des vêtements d'une autre époque comme ce tableau représentant la vierge Marie en tenue berrichonne. 

L'Éducation de la Vierge (1842)


Le jardin est joliment agencé en jardin d'agrément selon les souhaits de Delacroix, je ne pense pas qu'à l'époque il était à la vue des immeubles actuels... 


Je retournerai certainement une autre fois dans ce musée qui présente régulièrement des expositions temporaires.


Pour finir, j'insère ci-dessous une photo qui montre une foule en visite dans le jardin et sortant de l'atelier ou en en train de remonter vers l'appartement. C'est vraiment impressionnant de se trouver en cet endroit historique grâce au travail acharné je n'en doute pas, de la société des amis du musée.