Dans ma maison vous viendrez d'ailleurs ce n'est pas ma maison, je ne sais pas à qui elle est, je suis entrée comme ça un jour il n'y avait personne (J.Prévert)

25 juillet 2007

Le village - bonus (2005)

Je viens de visionner les bonus du DVD "le Village" dont je parlais il y a quelques jours. Je constate que j'ai oublié d'écrire certaines choses. Il faut comprendre que ce film est un film d'amour avant tout. Amour des anciens pour leurs semblables, volonté de les conserver dans un état d'innocence, d'ignorance aussi pour leur épargner les vicissitudes. Les anciens du conseil ont désiré et imaginé cette communauté utopique, authentique, vivant sur elle-même sur les bases de la vie d'un village du XIXème siècle, le temps présumé de l'innocence. Amour d'Ivy pour Lucius. Pour lui, elle va aller au bout d'elle-même malgré son handicap, malgré les bruits inquiétants et remplis de menaces qui l'entourent.

Tourné dans le Delaware, le village a été construit en 11 semaines, la véracité des étendues dans la plaine donne de la profondeur aux prises de vue, et optimise toutes les émotions à rendre. Et les sons, la musique font partie du décor, sont traités comme un personnage. La musique est l'oeuvre de James Newton Howard qui a fait appel à un véritable orchestre dans le studio d'enregistrement, ainsi qu'à la violoniste Hilary Hahn (24 ans), virtuose, faut-il le préciser ? Le violon donne sa voix d'angoisse, épouse avec émotion les sentiments très intérieurs que l'on éprouve à la découverte de ce film.
Hilary Hahn
Dans le bonus, il y a un chapitre sur le journal que tient l'actrice tenant le rôle d'Ivy (Bryce Dallas Howard) durant la période de tournage. Ce passage est de toute beauté. Je ne crois pas que ce ne soit qu'un artifice de marketing. J'y ressens de la sincérité, c'est très émouvant de voir des gens passionnés par leur métier.


Un mot aussi sur Sigourney Weaver, qui tient le rôle de la mère de Lucius, et que l'on aperçoit sur quelques plans. Elle est toujours sublime. Son visage présente une certaine "noblesse" de caractère, de l'intelligence, de la compassion. Une femme qui, je l'espère, se révèle de la même façon dans la vie. Ses rides font son charme, évidemment.

Malgré tout ce que je ressens de positif pour ce film, il y a des petites choses inexpliquées qui me laissent sur ma "faim". Je me demande pourquoi les autres adultes du village (ceux qui ne font pas partie du conseil) semblent ignorer tout de la vraie vie au-delà. Ils semblent ignorer que la présence des monstres dans la forêt (ceux dont on ne parle pas) est une supercherie destinée à renforcer l'unité de la communauté, l'empêcher de migrer vers le reste du monde, celui qui est "mauvais". Ils sont trop vieux pour être la progéniture des "anciens" du conseil... Alors d'où viennent-ils ? Ou alors, ils ont été bien plus nombreux à être venus créer la communauté que ceux que l'on découvre à la fin du film. Je me demande aussi, si une communauté peut réellement vivre en autarcie aussi longtemps. Ils n'échangent rien. Pas de commerce, pas d'industrie. Les tissus s'usent. Les bougies fondent. Les graines s'épuisent. Or, ils ont des vêtements, de la vaisselle, de la nourriture en abondance... Comment font-ils pour se ravitailler ? Il n'y a pas de mention du temps passé depuis le début de l'aventure, cependant, on peut estimer le début de la "réclusion" à 30 ans tout au plus : les anciens paraissent avoir la soixantaine, on peut supposer qu'ils avaient au moins 30 ans quand ils se sont mis d'accord pour mettre en application une "expérience grandeur nature" d'une nouvelle vie.

N'hésitez pas à apporter votre vision sur ce film, je suis très intéressée vous l'aurez compris !

(les photos de ce billet proviennent de mon DVD)
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23 juillet 2007

Trouble jeu (2005)

Réalisateur : John Olson
Genre : épouvante
Année : 2005

New York . A la mort de sa femme, qu'il a retrouvée baignant dans son sang dans leur salle de bains, David Callaway (Robert de Niro), psychologue, décide de s’installer dans une petite ville de province avec sa fille Emily (Dakota Fanning) de 9 ans, traumatisée par le suicide de sa mère. Ils s’installent dans une grande maison pleine de recoins et au voisinage étrange.

La forêt n’est pas loin, et c’est là qu’Emily joue parfois et qu'un jour, elle décide d'abandonner sa poupée préférée. Interrogée par son père, la fillette affirme qu’elle a désormais un nouvel ami : Charlie.
Leur jeu favori est celui du cache-cache (Hide and seek, titre original du film). Son père retrouve la poupée dans la poubelle, la tête toute défoncée. Inquiet, il tente de savoir qui est ce mystérieux Charlie, mais Emily reste sur la défensive. Il téléphone souvent à Katherine Carson (Famke Janssen), sa collègue qui soignait Emily à New York avant leur départ. Celle-ci le rassure à chaque fois. Peu à peu d’étranges manifestations se produisent. Toutes les nuits, à 02h06, David se réveille brutalement de son rêve qui lui fait revivre une soirée de fête avec sa femme. La première fois, il a l’impression fugitive que sa femme vient de l’embrasser. Une autre fois, il retrouve le chat mort, noyé dans la baignoire, des lettres de sang le dénonce coupable du meurtre de son épouse.
Il se précipite dans la chambre de sa fille qui nie avoir tué le chat ; elle affirme que c’est Charlie qui l’a fait. La tension monte. Le père est désemparé mais décide de combattre le mal qui hante sa fille.
Le drame survint lorsqu'une récente amie Elizabeth Young (Elisabeth Shue) venue chez eux à l’improviste, entre dans la maison, et alors qu’elle est dans la chambre d'Emily, elle est poussée par la fenêtre par une force infernale. David cherche à comprendre ce qui se passe auprès de la seule personne ayant vu cet épouvantable Charlie et décide de lire le journal intime de sa fille. Mais il ne trouve rien d’autre que des petits dessins sur chaque page qui représentent selon le principe du folioscope (flip books) le meurtre de sa mère. Vous n’en pouvez plus ? Je vais soulager votre conscience !

David désire plus que tout parler avec Charlie et presse sa fille de le lui présenter. Elle l’en dissuade. Elle lui dit qu’elle veut garder son père auprès d’elle, vainement. David parcourt sa maison, il arrive dans la pièce où sont encore entreposés les cartons du déménagement. Il se rend compte que rien n’est déballé. Que le journal qu’il tenait jusqu’alors est vierge de toute écriture. Est-il en train de devenir fou ? Sa fille qui l’a suivi le regarde, anéantie, et tout s’éclaircit. Le mystérieux Charlie n’est autre que la face sombre de son père. Son père dont la personalité cède la place à Charlie. Arrive le shérif Hafferty (Dylan Baker) qui enquête sur la disparition de la jeune femme suite à la découverte de sa voiture abandonnée non loin de là. Celui-ci est à son tour assassiné dans la maison. Nous voyons alors le passé tel qu’il fut : David, le mari trompé, qui, une nuit, étouffe sa femme avant de la traîner dans la salle de bain et de lui taillader les poignets. Et maintenant, David/Charlie veut éliminer sa propre fille ! Elle tente de s’échapper. Dans la nuit, arrive de New York, le docteur Katherine Carson affolée par le dernier coup de fil reçu de celui qui n’avait pas encore basculé dans le côté obscur. Au terme d’une course poursuite dans l’obscurité propre à ce genre de film, Katherine finit par abattre David/Charlie, le psychopathe.

Il y a plusieurs fins "alternatives", j'en ai vu deux sur le DVD que j'ai.

La première :
Emily habite avec Katherine, elle semble redevenue « normale », elle dessine une femme et une petite fille heureuses et souriantes. Gros plan sur le dessin : la petite fille a deux visages, l'un serein et l'autre aux traits plutôt sardoniques (à faire peur !)...

La seconde :
Katherine rentre dans la chambre d’Emily couchée dans son lit. Elle lui assure qu’elle ne l’abandonnera jamais. La petite fille sourit et demande à Katherine de laisser la porte ouverte, Katherine lui répond que c’est impossible ; la porte se ferme et nous comprenons que la fillette est dans un hôpital psychiatrique...

Cette fin me semble la plus conforme à la suite du film. En effet, à plusieurs moments, nous voyons bien que la fillette se comporte étrangement, qu'elle possède une personnalité normale et une autre morbide. Elle est capable d'innocence et de perversion, par exemple lorsqu'elle effraye sa petite camarade de jeu en lui défigurant sa poupée, ou encore lorsqu'elle dévisage avec un regard de démente les gens qui lui témoignent de l’affection. Sa double personnalité (calquée sur celle du père) est une réponse qui me va tout à fait.

Robert de Niro est super, je l’adore. Il joue ses rôles en faisant oublier les précédents (du moins dans les films que j’ai eu l’honneur de voir). La fillette, Dakota Fanning est lumineuse dans sa noirceur juvénile, une véritable et digne héroïne !

Un bon petit film à voir bien calfeutrés et les volets clos, au coin du feu, et pour les âmes sensibles, non loin de sa moitié, c'est préférable !
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21 juillet 2007

Le village (2005)

Réalisateur : M.Night Shyamalan
Genre : épouvante
Année : 2005


J'ai adoré ce film. L'histoire est très particulière et dans le même temps c'est un des films qui m'a le plus profondément marquée, je ne sais si le scénario me touche ou si ce sont les acteurs qui ont su incarner leur personnage. Sans oublier la bande son. Totalement incorporée à l'ambiance. Dans ce film, les croyances s'opposent à l'intelligence (au sens de la lucidité). Il y a ceux qui se contentent d'appliquer les règles sans les comprendre, et ceux qui veulent en vérifier le fondement. Les "aventuriers".

L'histoire débute ainsi. Nous sommes dans une communauté isolée dans une vallée entourée de bois. Y vivent en harmonie, des hommes et des femmes vêtus comme au XIXème siècle, ils ne mangent pas leur animaux, ils ne subissent qu'une seule loi, elle est implacable : il ne faut jamais, sous aucun prétexte, franchir les limites de la forêt, car des créatures y vivent et elles sont terribles. Si l'un d'entre eux vient à désobéir, alors les créatures sauront que le pacte de non agression est transgressé, et elles pénètreront dans le village, dans les maisons.

Lucius Hunt (Joaquin Phoenix), un jeune homme ombrageux et téméraire, aimerait bien aller à la ville, imaginée au delà des bois, l'endroit de toutes ses espérances. Mais la loi l'interdit ! La loi a également institué que le rouge est la couleur interdite (les fleurs rouges sont vite arrachées et enterrées) et que le jaune est la couleur protectrice. Le drame survient le jour où Lucius est victime de son ami Noah (Adrien Broody), lorsqu'Ivy Walker, la fille du chef du village, avoure à Noah son amour pour Lucius. Jaloux, Noah, qui est autiste, poignarde Lucius pour se débarrasser de son rival. Très profondément blessé, celui-ci est sur le point de succomber à ses blessures, quand Ivy, aveugle depuis son enfance, réclame au conseil des sages le droit de traverser la forêt pour aller chercher les médicaments nécessaires à la ville. Elle est persuadée que son handicap la protègera des créatures et que celles-ci la laisseront passer. Le suspens est bien ficelé. La tension monte sans scène d'horreur ni litre de sang !

Le déroulement.
Le conseil accepte la mission d'Ivy. Son père (William Hurt) lui avoue alors qu'il n'y a pas de créatures, qu'il n'y en a jamais eu, que les sages ont inventé cette histoire pour empêcher la nouvelle génération de quitter le village pour l'autre "monde", le lieu de tous leurs malheurs. Car tous les sages sont des victimes de la société : viol, meurtre, appât du gain...

Ils ont alors choisi de quitter leur ancienne vie, de fonder une nouvelle communauté basé sur le modèle à leur yeux exemplaire d'un village du XIXème siècle, fondé sur l'entraide, le respect des uns et des autres, loin du "mal" incarné par l'argent, le pouvoir, l'urbanisation, l'ambition.


Le père d'Ivy explique à sa fille le secret de la communauté (en anglais)

Ivy se met donc en route à travers les bois. Quand elle se rend compte qu'elle est suivie, elle prend peur. Aveugle mais non sans défense, elle tend un piège pour se débarasser de l'importun qui finit par tomber dans un ravin au fond duquel il s'empale sur des branches. Nous voyons qu'il s'agit de Noah, le transit amoureux échappé de la chambre où il était détenu. Elle poursuit son chemin sans savoir qui est tombé et arrive au pied du mur qui ceint leur domaine. De l'autre côté, elle tombe sur un des gardiens de la réserve dans laquelle leur communauté est installée depuis des dizaines d'années. Nous sommes bel et bien au XXème siècle et depuis le début du film, aucun indice ne l'avait laissé supposer... Surpris par son apparence vestimentaire, mais bienveillant, celui-ci accepte de lui venir en aide et lui rapporte les médicaments dont elle a besoin. Elle revient au village, Lucius va être sauvé. Dans le même temps, les villageois apprennent la disparition de Noah, dont la mort est opportunément attribuée aux créatures. La communauté est préservée. Jusqu'à quand ?
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14 juillet 2007

L'exécuteur de la haute justice - Jean d'AILLON


Le sujet
France, 1645. Ce roman met à nouveau en scène le sympathique personnage récurrent Louis Fronsac, ancien notaire anobli par le roi Louis XIV pour services rendus à sa majesté et devenu seigneur de la terre de Mercy où il y a tout à faire : agrandir le domaine, construire pont et moulin, meubler la maison, et bien sûr, employer la main d'oeuvre locale pour les faire vivre décemment. Mais l'argent manque et Louis va accepter d'enquêter pour le compte de Louis de Bourbon, duc d'Enghien, sur une affaire de filiation cachée. Le duc de Rohan, figure de proue des protestants, alors religion "prétendument réformée" serait mort sans un fils héritier capable de reprendre la bataille. Le jeune Tancrède, élevé à l'étranger, est-il ce fils légitime ? C'est ce que l'enquête de Louis devra déterminer. Et nous y assistons, avec des couleurs et odeurs d'époques, nous entrevoyons l'ombre de Voltaire, nous nous attablons avec Molière/Poquelin et Jean de La Fontaine. Nous ne croisons pas que du beau monde ! C'est le temps des brigants et nous assistons avec force détails aux exécutions capitales qui étaient à l'époque, un spectacle des plus prisés, où le fait d'assister à la justice rendue maintenait les foules à distance des crimes. Pendaison, décapitation, supplice de la roue. Ah, il ne faisait pas bon truander, violer, assassiner à cette époque, car, le moins que l'on puisse dire, c'est que justice était faite, que celle-ci soit celle du roi ou encore celle de l'implacable : "Alecto".

Le verbe
Il fit claquer son fouet, s'adressa en plaisantant à chacun des quatre chevaux qu'il connaissait bien et ceux-ci lui répondirent en soufflant une épaisse vapeur par les naseaux. (p.93)
Mon complément
Ceci est mon deuxième livre de Jean d'Aillon, auteur que j'ai eu envie de lire lorsque je suis tombée par hasard sur La conjecture de Fermat. Merci Jean, de me faire aimer l'histoire grâce aux vôtres. Mieux vaut tard que jamais !
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